Nucléaire Radioprotection et Internet

18 août, 2010

Isotopes médicaux: Chalk River de nouveau en service

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Le réacteur nucléaire de Chalk River, en Ontario, est de nouveau en activité, et fonctionne à plein régime, a annoncé Énergie atomique du Canada Ltée (EACL), mardi.La production d’isotopes médicaux a donc repris.

EACL prévoit faire une première livraison de ce précieux outil de la médecine nucléaire dès cette semaine à son client, MDS Nordion.

Les isotopes médicaux sont utilisés dans le diagnostic et le traitement de maladies potentiellement mortelles, comme le cancer.

Le réacteur a été mis hors service en mai 2009. Une fuite d’eau lourde à la base du caisson du réacteur avait été détectée à la suite d’une panne de courant.

Le réacteur de Chalk River, vieux de 53 ans, produit de 30 à 40 % des isotopes médicaux utilisés dans le monde.

La firme MDS Nordion achète l’ensemble des isotopes médicaux produits à Chalk River. Elle se prépare à solidifier son approvisionnement et communiquera sa capacité d’expédition à ses clients aussitôt qu’elle le pourra.

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17 août, 2010

Radioactivité : 98% des doses dues à des radiations artificielles sont d’origine médicale

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VIENNE — Les rayonnements ionisants d’origine médicale comptent pour 98% des doses de radiations artificielles auxquelles est exposée la population, d’après un rapport du Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements (UNSCEAR), présenté mardi à Vienne.
« Les expositions médicales représentent 98% des sources artificielles et sont désormais le second contributeur principal des expositions humaines à l’échelle mondiale », peut-on lire dans le rapport.
Les rayons-X et autres rayonnements ionisants d’origine médicale représentent 20% du total des expositions, ajoute l’UNSCEAR, comité qui évalue les niveaux et les effets des rayonnements ionisants au niveau mondial et fournit ensuite une base scientifique pour la radioprotection.
« Depuis le dernier rapport (en 2006), les rayonnements radioactifs reçus par la population mondiale n’ont en moyenne pas changé », a déclaré Wolfgang Weiss, vice-président de l’UNSCEAR.
Cependant, si certaines sources ont diminué, d’autres ont augmenté: « actuellement entre 3,5 et 4 milliards d’examens médicaux avec rayons-X sont pratiqués annuellement. Depuis 1980, la quantité des expositions médicales a doublé. Et dans certains pays, cette quantité est égale à celles des sources naturelles », a déclaré Fred Mettler, responsable de l’UNSCEAR.
« L’augmentation des radiations en médecine n’est pas nécessairement néfaste, il faut seulement s’assurer de son utilité », explique M. Mettler: que l’examen soit bien approprié au cas du patient et que la quantité de rayons administrée soit optimisée.
L’UNSCEAR se félicite d’une certaine sensibilisation de la population à la suite de ses précédents rapports et espère voir le public encore davantage informé.
L’exposition à la radioactivité naturelle est due notamment à l’inhalation de gaz radon, aux rayons cosmiques, aux radionucléides existant sur Terre qui peuvent être incorporés par le corps humain (potassium 40 en particulier).
La dose moyenne individuelle de rayonnements ionisants d’origine naturelle auxquels est exposée la population est de 2,4 millisieverts par an. Elle peut varier en fonction de l’altitude (transports aériens) et de la présence d’un sol granitique notamment.
Le sievert est une unité tenant compte des effets biologiques des rayonnements ionisants.

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Heuristique de la peur par Dominique Lecourt, Philosophe

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Le nucléaire est-il une question de société ?
Intervention prononcée lors du colloque du 24 janvier 2006 Le nucléaire et le principe de précaution

Je vais essayer de venir, en tant que philosophe, parler du principe de précaution et de son étrange fortune qui s’est vérifiée ce soir à cette table par la référence constante qui y est faite.
Une maxime de la sagesse populaire avertit les plus timorés d’entre nous qu’« on n’est jamais trop prudent » ; une autre, dont se prévalent à l’occasion les plus audacieux avance au contraire : « qui ne risque rien n’a rien ». Ces deux maximes opposées semblent avoir définitivement délimité le champ des débats assez pauvres qui, depuis trente ans, prennent pour objet les implications humaines et sociales des grandes innovations technologiques.
Dès lors que le fameux « principe de précaution » a été inscrit dans la Constitution, c’est la première de ces maximes. On en vient même à identifier purement et simplement le risque au danger, et jamais plus à l’occasion favorable. On oublie que la prise de risque devrait être calculée en fonction du rapport entre le bénéfice escompté et le danger encouru. L’expertise scientifique, si indépendante et précise qu’elle soit, est systématiquement soupçonnée d’insincérité ; on la dénonce comme toujours manipulée par des lobbies ; la rumeur, le document le plus vague émanant de l’autorité la plus douteuse, se trouvent mis à contribution pour compléter le portrait officiel d’homo technologicus en homo diabolicus.
Dernier épisode en date : le bruit qui désigne l’expansion de la téléphonie mobile comme un danger pour la santé publique. Ce danger proviendrait d’abord des antennes-relais installées pour couvrir le territoire. Elles exposeraient les populations alentour à des champs électromagnétiques nocifs générant des migraines, insomnies et dépressions, voire des crises d’épilepsie. L’usage des téléphones eux-mêmes provoquerait de son côté des cancers du nerf auditif, sinon du cerveau. Devant de si graves accusations, alors que plusieurs milliards d’êtres humains utilisent chaque jour leur téléphone mobile (45 millions en France) et s’en réjouissent, on comprend que les organismes internationaux et nationaux en charge de la santé publique aient réagi. Dès la fin des années 90, l’O.M.S., par exemple, a lancé une vaste enquête internationale. Plusieurs dizaines de milliers d’articles ont été publiés sur les effets biologiques d’une exposition à des champs électromagnétiques de faible intensité. En France, l’Agence française de sécurité sanitaire environnementale, l’A.F.S.S.E., a rendu un avis extrêmement documenté sur cette question le 7 juin 2005. De ces enquêtes et études, il ressort qu’à ce jour il n’existe aucune preuve d’un effet nocif des antennes ou des téléphones sur la santé humaine. Quoi qu’il en soit, il se trouve toujours quelques chercheurs pour alimenter la presse d’inquiétudes. Certains politiques s’en emparent aussitôt. C’est ainsi qu’il s’est trouvé huit députés français pour déposer à la Présidence de l’Assemblée Nationale, le 13 juillet 2005, un projet de loi prescrivant une diminution du niveau d’exposition des citoyens à 0,6 volt par mètre. Ce qui signifierait la fin des moyens de communication moderne (émetteur de radio FM et télévision en tête).

C’est en Allemagne, à la fin des années 60 du siècle dernier sous le nom de Vorsorgeprinzip, à propos de problèmes d’environnement que le principe de précaution est pour la première fois formulé. Son accession à la notoriété internationale coïncide avec la Déclaration de Rio au Sommet de la Terre en juin 1992. Il entre dans le droit de la Communauté Européenne avec le Traité de Maastricht en 1992 (Article 130R) puis celui d’Amsterdam au titre d’un principe qui gouverne les politiques d’environnement de l’Union.
Le 2 février 1995, la loi Barnier l’inscrit dans le droit français sur la protection de l’environnement. Elle le présente comme le principe « selon lequel l’absence de certitudes compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l’adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l’environnement, à un coût économiquement acceptable ».
Le Conseil d’Etat donne en 1998 cette définition très précise, mais non dénuée d’un extrémisme inattendu d’une institution d’ordinaire si pondérée :
« Ce nouveau concept se définit par l’obligation pesant sur le décideur public ou privé de s’astreindre à une action ou de s’y refuser en fonction du risque possible. Dans ce sens, il ne lui suffit pas de conformer sa conduite à la prise en compte des risques connus. Il doit, en outre, apporter la preuve, compte tenu de l’état actuel de la science, de l’absence de risque ».
Les premières formulations, liées aux questions d’environnement, mettent l’accent sur l’absence de certitudes concernant les risques qu’il faut éviter de prendre. Il s’agit d’un principe d’action publique qui autorise les pouvoirs publics à prendre les mesures nécessaires pour faire face à ces risques – lesquels ne sont point avérés, mais éventuels (1).
Mais de proche en proche – et très rapidement – le principe de précaution s’est étendu à des domaines de plus en plus éloignés de l’environnement. C’est sans doute le cas des OGM qui dans l’opinion publique a fait (à tort) le lien avec les préoccupations de santé associées au traumatisme du sang contaminé puis à la menace de la vache folle. Le rapport remis au Premier ministre, le 15 octobre 1999, par Philippe Kourilsky et Geneviève Viney (2) dit : « Le principe de précaution doit s’imposer à tous les décideurs ». Il s’agirait d’un nouveau principe de responsabilité s’appliquant à « toute personne qui a le pouvoir de déclencher ou d’arrêter une activité susceptible de présenter un risque pour autrui ».
Prise au pied de la lettre, cette définition de portée universelle ne comporte-t-elle pas le risque d’une banalisation du principe ? Bruno Latour, sarcastique, écrit un article dans Le Monde daté du 4 janvier 2000 qui commence par ces mots : « Invention aussi utile que fragile, le principe de précaution va, si nous n’y prenons pas garde, se banaliser au point de se confondre avec la simple prudence ». Et il achève cette entrée en matière par ces mots : « Non décidément s’il fallait un synonyme à la prudence, ce n’était pas la peine d’inventer un terme aussi pédant – ‘‘faire gaffe’’ aurait bien suffi ». Avec l’invention du principe de précaution, il s’agit en fait, affirme-t-il, de quelque chose de plus sérieux, de plus nouveau, que de la réactualisation d’une sagesse millénaire.
Latour réplique ici implicitement à Jean-Jacques Salomon (3) qui défendait au même moment l’idée que la « précaution » ne serait que la version moderne de la « prudence » aristotélicienne.
Dans l’Ethique à Nicomaque, Aristote (384-322 av. JC) développait une conception de la phronèsis – traduite par Cicéron (106-43 av. JC) en latin par prudentia – en référence à providentia – comme capacité de délibérer sur les choses contingentes. Elle correspond à la vertu de la partie calculative ou opinative de l’âme et se distingue en cela de la science. Disposition pratique en tant qu’elle vise l’action plutôt que la production, elle concerne la règle du choix et non le choix lui-même : elle se distingue, comme vertu intellectuelle, de la vertu morale. Ainsi « la prudence est une disposition, accompagnée de la règle vraie, capable d’agir dans la sphère de ce qui est bon ou mauvais pour un être humain » (VI. 1140b). Elle enveloppe une sorte d’« intellectualisme existentiel ». Conception rapidement supplantée par celle des stoïciens : « science des choses à faire ou à ne pas faire », reprise et transformée par la définition d’Emmanuel Kant (1724-1804) de la Klugheit : « l’habilité dans le choix des moyens qui nous conduisent à notre plus grand bien-être ».
Ce rappel des définitions classiques de la prudence montre bien que la notion de précaution ne peut que s’y diluer lorsqu’on veut l’y réduire. La notion philosophique de prudence ne permet pas de saisir un aspect essentiel de la notion de précaution. Lequel est constitué par la notion d’incertitude du savoir sur un risque non avéré. En quoi la précaution n’est pas la prévention qui porte sur un risque assuré – et donc assurable.
Si l’on a éprouvé le besoin d’avoir recours soudain au mot de précaution, c’est parce que la notion de « certitude » avait partie liée avec la conception classique de la science, ou plus exactement du rapport de la science avec ses « applications ». L’usage de la notion de précaution prend acte de ce que le socle même de la conception moderne du progrès se trouve mis en péril du fait de la dite situation d’« incertitude » où se trouvent les décideurs quant à la réalité et à la gravité des risques encourus.
Cette conception a été formulée – mieux que par tout autre – par Auguste Comte (1798-1857). Notre polytechnicien philosophe, l’un des premiers à avoir réfléchi sur le statut des ingénieurs modernes dans son célèbre Cours de philosophie positive (1830-1842), avait l’art des formules. Il croyait à la valeur pratique de la philosophie. Il n’hésitait pas à frapper des maximes et des devises. L’une de ses plus célèbres figures dans la deuxième leçon de son Cours.
« Science d’ou prévoyance ; prévoyance, d’où action : telle est la formule très simple, écrit-il, qui exprime, d’une manière exacte, la relation générale de la science et de l’art, en prenant ces deux expressions dans leur acception totale ». Formule inspirée du Novum Organum (4) de Francis Bacon (1561-1626) dont on retrouve l’écho fidèle dans la politique positive : « savoir pour prévoir, afin de pourvoir ».
Cette maxime introduit un terme étrangement absent de toutes les discussions actuelles sur le principe de précaution : la prévoyance. Or cette prévoyance vient, sous la plume de Comte, doubler le terme de prévision. Il entend ainsi régler, mais sans vraiment bien la poser, la question du rapport de la science et de l’action. Car de la prévision à la prévoyance, il y a plus qu’un pas. De l’une à l’autre, on constate un véritable changement d’attitude : la prévision – qui selon Comte découle de la science – suppose une attitude passive : on s’attend à ce que des événements se produisent. La prévoyance, consiste au contraire à prendre activement les devants, en faisant à l’occasion des provisions.
Le secret de la conception moderne de la science se trouve ainsi mis à jour : on a fait comme si la prévision impliquait la prévoyance. Comme si de prévoir à pourvoir se maintenait la continuité d’un même voir.
Les questions d’environnement ont les premières fait apparaître que cette logique pouvait être prise en défaut. Que la conception positiviste prévalente de la science devrait elle-même être réinterrogée. Le caractère propre de la démarche scientifique réside-t-il dans la prévision rationnelle des événements ? Et non plutôt dans la rectification des erreurs premières commises dans l’effort de connaître ? La certitude ne désigne-t-elle pas l’illusion que certains résultats obtenus, par définition toujours provisoires, pourraient jouer le rôle de garantie absolue de validité pour l’ensemble des présupposés dont leur acquisition s’avère toujours tributaire ? Peut-on dire que la science ait pour destination de pourvoir au bonheur des êtres humains ? Quel sens y a-t-il même à parler de destination en cette matière, sinon par illusion de maîtrise absolue ? Laquelle peut se retourner, à l’occasion en simple fatalisme.
On ne se contente cependant pas de parler de « la précaution » comme substitut moderne de la prudence, on en fait l’objet d’un principe. Mais en quel sens dit-on que le principe de précaution est un principe ? La majorité des philosophes gardent un silence visiblement embarrassé sur ce point (5).
Outre un sens scientifique, ici hors champ, la notion de principe, héritière du grec harché et du latin principium qui combine les idées de commencement et commandement, a un sens moral attesté par de grandes œuvres (6). Il désigne alors un énoncé fondamental qui apparaît comme source du système des normes admises. C’est d’abord vers ce sens moral que semble faire signe le « principe de précaution ». Ce en quoi il fait écho direct au fameux « principe responsabilité » avancé par le théologien et philosophe allemand Hans Jonas (1903-1993) en 1979 (7). La cible de Jonas était constituée par les thèses progressistes optimistes du philosophe allemand Ernst Bloch (1885-1977) théoricien de l’« utopie concrète » dans son monumental « principe espérance », Das Prinzip Hoffnung(8).
Que disait Jonas ? Que « nulle éthique antérieure n’avait à prendre en considération la condition globale de la vie humaine ainsi que l’avenir lointain et l’existence de l’espèce elle-même ».
La puissance sans précédent de la technè actuelle et l’extension de la diffusion désormais universelle des techniques se révèleraient telles que l’humanité aurait acquis un pouvoir exorbitant : celui de rendre la Terre inhabitable. « L’action a lieu dans un contexte où tout emploi à grande échelle d’une capacité engendre, en dépit de l’intention droite des agents, une série d’effets liée étroitement aux effets « bénéfiques » immédiats et souhaités, série qui aboutit, au terme d’un processus cumulatif à des conséquences néfastes dépassant parfois de loin le but recherché ».
La question posée serait donc celle de la maîtrise (éthique) de la maîtrise (technique). Apparaît ainsi, affirme Jonas, une nouvelle dimension de la responsabilité. Celle-ci ne doit plus être conçue comme l’imputation d’un sinistre, d’un dommage, à un acte passé, mais comme un engagement à l’égard de l’avenir. Cette responsabilité devant les « générations futures » demande qu’on agisse sans tarder. « De façon que les effets de l’action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur Terre ». De là, cette « heuristique de la peur » qui s’ingénie à conjurer la menace imminente d’une catastrophe humaine et planétaire qu’envelopperait la supposée toute puissance de la technique.
On voit ce qui rapproche le principe de précaution du principe responsabilité : le souci de l’avenir et des dommages non-intentionnels irréversibles qui affecteraient l’humanité en tant que telle du fait de sa maîtrise technique. Mais on voit aussi ce qui l’en distingue. Le principe de Jonas est affirmé et assumé comme un principe éthique qui table sur une certaine idée de « la vie authentiquement humaine », idée que Jonas soutient pour sa part de sa position théologique propre. De son côté, sauf à le banaliser en principe de prudence, le principe de précaution ne peut être tenu pour un principe éthique qui s’adresserait à chacun.
Ce n’est même pas un principe qui pourrait s’adresser à « tous les décideurs », mais seulement à ceux qui engagent par leurs décisions la communauté des citoyens au sens le plus large du terme. Il s’agit d’un principe de politique publique. Il s’adresse aux responsables politiques qui ont à prendre des décisions en situation d’incertitude sur les risques : qu’il s’agisse de leur existence, de leur nature et de leur gravité.
S’il en est ainsi on comprend sans doute mieux les raisons du succès de ce principe. A une époque où les Etats (aussi bien que les organisations publiques super-étatiques) semblent perdre le contrôle des décisions qui façonnent notre monde – lesquelles se prennent de plus en plus dans la sphère économique et spécialement sur les marchés financiers. Ne s’agit-il pas de la réaffirmation qu’on peut juger pathétique ou en tout cas désespérée d’une exigence de pouvoir sinon des Etats, du moins des instances politiques ? Le fameux principe ne pourrait-il pas avoir un sens opposé à l’idée ultra-libérale que la politique serait perturbation, parasitage, du libre jeu de lois économiques en définitive toutes bénéfiques ?
Mais il est sans aucun doute un autre sens du même principe, beaucoup moins noble, qui permet d’expliquer aussi l’engouement dont il est actuellement l’objet. A un moment où la judiciarisation de la vie publique gagne chaque jour, le principe de précaution exprimerait la peur des hommes politiques et des administrateurs de la science d’assumer leurs responsabilités. En ce sens, il menacerait à terme de paralyser la vie publique ainsi que la recherche scientifique.
On en donnera pour preuve l’usage très regrettable du dit principe non pour éclairer les situations où l’on dit l’appliquer, mais pour jeter un voile sur les questions réelles qui s’y posent. Dans le cas de la « vache folle », il y avait certes des décisions à prendre « en situation d’incertitude », comme on le dit. Le prion constituait une énigme pour la recherche fondamentale. Mais se sont également produites de très prosaïques et vulgaires fraudes de la part d’un certain nombre d’entreprises de l’agroalimentaire, notamment britanniques, dont il ne faudrait pas esquiver la réalité ou estomper la gravité par l’invocation pompeuse et rétroactive du dit principe ainsi que des difficultés de son application.
Ce qui s’exprime en définitive à travers l’invocation et la fortune du principe de précaution, c’est la délicate question de la maîtrise intellectuelle collective des risques à prendre (ou à refuser). Et cette question met visiblement à l’épreuve les formes existantes de la démocratie.

L’être humain est un vivant parmi d’autres. En tant que tel, il entretient des relations d’interaction avec son milieu. Il le transforme inévitablement, et s’en trouve lui-même transformé. Dire qu’il doit renoncer à transformer le monde pour l’épargner repose sur un faux dilemme.
Qu’on le veuille ou non, l’homme transforme le monde. La seule question qui vaille est de savoir dans quelle mesure il maîtrise ou non cette transformation. Cette maîtrise, l’homme en a acquis progressivement et encore imparfaitement les moyens, grâce aux progrès des connaissances.
Si par « principe de précaution », on entend une incitation à améliorer cette maîtrise sur la base d’un développement des recherches nécessaires – dans les sciences humaines et sociales autant que dans les sciences dures -, j’y souscris volontiers.
Il incitera à une gestion plus positive des ressources naturelles dont nous disposons. Et les pays en développement qui subissent de plein fouet les conséquences de l’insouciance écologique du Nord salueront cette initiative.
Malheureusement, dans notre pays, on donne le plus souvent à ce principe une tonalité négative, prohibitive : s’abstenir, différer, arrêter…
Il s’inscrit dans le contexte plus général des discours apocalyptiques de gauche et de droite qui philosophent à bon compte sur les menaces qui pèseraient sur l’existence même de l’espèce humaine et en tirent des conclusions immobilistes.
De là, le soupçon qu’on fait « de principe » peser sur les chercheurs, et, accessoirement, semble-t-il, sur les industriels qui ne sont pourtant pas tous des pollueurs ! De là, surtout la tentation de traduire cette philosophie en règles juridiques ou para-juridiques.
Mais il ne faudrait pas que le principe de précaution entendu comme un « principe de suspicion » n’en vienne à inspirer quelques « loi des suspects » d’un nouveau genre. La République n’aurait rien à y gagner.

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Le « best of » de l’année : le nucléaire renaît mais les déchets inquiètent toujours

Classé dans : Info — deedoff @ 11:42

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De plus en plus de pays prévoient de lancer –ou relancer- leur industrie nucléaire. Mais même si sa «propreté» en matière de CO2 est reconnue, le nucléaire inquiète toujours en raison de la radioactivité de ses déchets. Mais peut-on s’en passer?

Un colloque le 15 septembre à Paris va refaire le point sur la question de la nocivité des déchets nucléaires et la façon de les retraiter ou de les stocker (pourquoi pas sous la mer ?!). Mais on peut déjà prédire que ses participants ne rassureront pas tout le monde, loin de là: le mouvement anti-nucléaire reste fort et la méfiance est vive à l’égard des risques à long terme.

Pourtant, le nucléaire intéresse de plus en plus: du Mexique , à l’Italie ou aux Etats-Unis, les projets prennent forme. Une renaissance que contestent certains anti-nucléaires. La chaîne Energie s’est efforcée de tirer l’affaire au clair et a même suscité une confrontation directe et inattendue entre deux camps irréconciliables a priori : Areva, qui a répondu sur notre site a Stéphane Lhomme, l’ancien porte-parole turbulent de Sortir du Nucleaire.

Pour notre chroniqueur Nicolas Goldberg, la relance nucléaire est bel et bien là et Hervé Nifenecker , président d’honneur de Sauvons le climat, le pense aussi après avoir fait un tour du monde de la renaissance du nucléaire.

Un mouvement qui peut apparaître handicapé, en France, par le manque d’ingénieurs et de savoir-faire, comme l’a noté sur cette vidéo Jean-Louis Ermine, expert auprès du CEA, ou le vice-président d’Assystem, Stéphane Aubarbier.

Cette renaissance favorise l’émergence de nouveaux acteurs, comme les Sud-Coréens
qui ont enlevé, à la barbe des Français, un grand contrat à Abu Dhabi. Mais aussi l’apparition de nouveaux types de centrales -comme ces petites unités flottantes que préparent les Russes- ou des technologies entièrement nouvelles comme nous l’a expliqué un expert de SIA-Conseil.

Les questions de sûreté ont continué envers et contre tout à faire débat. Non seulement de la part de mouvements militants, mais aussi de la part d’autorités de sureté comme celles de France, de Finlande, de Grande Bretagne et qui ont, toutes les trois ensemble, soulevé des questions embarrassantes pour l’EPR d’Areva

Et les incidents périodiques défraient la chronique, de façon excessive selon certains, comme Bertrand Barré, ou bien aussi révélateurs que la pointe émergée d’un iceberg selon les anti-nucléaires.

Favoriser tous les débats, même sensibles
En tout cas,la chaine Energie n’a évité aucun débat sur le nucléaire et la radioactivité, aussi sensible soit-il.

Deux exemples :
- le nuage du volcan islandais était-il plus radioactif que celui de Tchernobyl ? Oui, dit Hervé Nifenecker. Mais l’Institut de sûreté IRSN était plus rassurant.

- la vie biologique a-t-elle repris, avec encore plus de vigueur, autour du site de Tchernobyl et y-a-t-il un effet curatif des rayons à faible dose ? Le professeur Jacques Foos pose la question qui choque et s’attire bien des critiques, de Sortir du Nucléaire ou même du …Canard enchaîné.

Et nous n’oublions pas le grand projet qui pourrait résoudre bien des questions : la fusion d’ITER.  Mais à quel horizon
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La fin de vie mouvementée de Brennilis

Classé dans : Info — deedoff @ 6:26

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Brennilis, dans le Finistère, est un site électrique emblématique. Cette centrale nucléaire des années soixante, arrêtée en 1985, n’en finit pas d’être démantelée. Visite d’un site en déconstruction.

Vu du Roc’h Tréduhon (387 m), plus haut sommet de Bretagne, Brennilis est noyé dans le paysage verdoyant des Monts d’Arrée, en bordure du réservoir artificiel du lac Saint-Michel. Nous sommes au cœur du Parc naturel régional d’Armorique, qui a été créé peu de temps après la mise en service de la centrale en 1967. A deux kilomètres du village et de ses 371 âmes, l’enceinte massive du réacteur sur le dôme duquel un faucon pèlerin a élu domicile, domine le site complètement clôturé d’un double grillage cerclé de barbelés. Mais c’est 150 m plus loin, en bordure du plan d’eau artificiel Saint-Michel, dans la Maison du lac, ex-cantine des 250 salariés au plus fort de l’exploitation, que l’on fait connaissance avec cette centrale tout à fait unique. « C’était le seul exemplaire industriel de la filière eau lourde », explique Xavier Petitjean, qui a dirigé l’établissement jusqu’à début juillet.

Mis à l’arrêt en août 1985, Brennilis connaît depuis une fin mouvementée. « Aujourd’hui nous sommes en stand-by ! 40 personnes y travaillent pour la seule surveillance. Pour une question de procédure mise au jour par une association, le démantèlement complet engagé depuis 2007 est arrêté. Il faut tout recommencer », explique l’ingénieur d’EDF qui rassure très vite son monde. « 99,9 % de la radioactivité a été enlevée avec le déchargement du combustible, la vidange, le rinçage et le séchage des circuits opérés entre 1985 et 1992. »
Déconstruction partielle

Tout recommencer signifie, refaire la demande d’autorisation de démantèlement avec enquête publique à la clé comme l’exige la loi sur la sûreté nucléaire de 2006. Avant la suspension des opérations, EDF et le CEA (Commissariat à l’énergie atomique) lequel avait construit cette centrale de première génération, avaient engagé depuis 1997 le démantèlement partiel de Brennilis. Plusieurs bâtiments nucléaires ont été ainsi démolis dont ceux de la réception, du stockage et contrôle du combustible, celui de l’entreposage des déchets solides, la station de traitement des effluents. Des édifices qui ont fait l’objet auparavant d’un assainissement complet des structures : béton et ferraille sur une épaisseur suffisante.

Il faut montrer patte blanche pour entrer sur le site. Les opérations deviennent encore plus méticuleuses et précises une fois dans l’enceinte du réacteur. On vous habille des pieds à la tête avant de vous laisser franchir, muni de votre dosimètre, l’un après l’autre, l’ultime sas.
Toutes les deux heures

« Ça fait drôle. On ressent un vide. Ça ne vit plus », lâche Xavier. Le vrombissement des ventilateurs est assourdissant. Mieux vaut s’être désaltéré et être passé aux toilettes avant d’entrer, interdiction absolue de le faire dans le blockhaus. L’air qu’on y respire est renouvelé toutes les deux heures. Pour passer vers le bloc réacteur, un passage a été aménagé. Il a fallu 12 h de scie diamant pour couper le béton de 80 cm. Et là on lève les yeux. L’alignement d’immenses colonnes d’acier inoxydable de 20 m qui pèsent chacune 37 t. Les bouteilles des deux échangeurs de chaleur. Il y en a 16 en tout qu’il faudra démonter. C’est trois ans de travail pour 70 personnes. « Une cathédrale ! », s’exclame Jean-Christophe Bouty qui va prendre la succession de Xavier Petitjean.

Par l’escalier, on grimpe sur le toit du bloc réacteur, deux mètres en dessous, il y a la cuve « Ce sera le gros morceau du chantier avec son architecture très complexe de tubes force, de barres de contrôle », remarque l’ingénieur. Sur une paroi, une inscription : « 1992 : voilà c’est fini ! ». Avec une signature. Le graffiti historique d’un agent de la déconstruction partielle. Le retour est un parcours du combattant avec batterie de contrôles dans des appareils dernier cri pour déceler la plus infime des contaminations radioactives. A Brennilis, on reste en dessous de normes minimales naturelles. « Imaginez le personnel qui fait ça deux à trois fois par jour. » Un personnel toujours en attente d’une reprise du chantier. Brennilis ne sera rendu à la nature qu’après 2020.

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16 août, 2010

Feu vert à la dépollution de l’ancienne école Marie Curie

Classé dans : Info — deedoff @ 21:01

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Fermée depuis 1998, l’école Marie-Curie avait été construite sur les terrains d’une ancienne usine d’extraction de radium à Nogent. Le chantier de dépollution s’installe enfin.

Sur le bureau du maire UMP de Nogent-sur-Marne, Jacques J.P. Martin, depuis 2001, le dossier Marie-Curie devait commencer à prendre la poussière… En dix ans, tous les scénarios avaient été envisagés. Finalement, c’est celui d’une dépollution partielle du site de l’ancienne école qui a été retenu. L’école Marie-Curie avait été construite dans les années 1960 sur les terrains d’une ancienne usine d’extraction de radium.

Contaminé au radon, un gaz radioactif naturel, cet établissement, qui comprenait huit classes maternelles et dix élémentaires, attendait d’être détruit depuis sa fermeture en 1998. Aujourd’hui, les engins de chantier prennent place sur le site.

Des analyses seront effectuées

L’entreprise Sogedec vient d’installer ses baraques de chantier dans l’ancienne cour de récréation. Les travaux ne débuteront vraiment qu’en septembre et devraient durer un an. « Cela paraît long, admet Gilles Henry, directeur des services techniques à la mairie. S’il s’agit simplement de démolir l’école et de terrasser les zones les plus polluées, la durée des travaux s’explique surtout par les précautions et la minutie avec lesquelles les ouvriers vont manipuler les substances à extraire. » Présent dans les sols, le radon risque de s’échapper au moment des travaux de terrassement : les ouvriers vont donc installer des sas et des systèmes de ventilation pour extraire et transporter les terres en toute sécurité, avant de les entreposer dans des conteneurs qui seront acheminés en lieu sûr. « Il n’y a aucun risque, confirme le directeur général de la Sogedec. C’est une opération habituelle pour nous. »

Au fur et à mesure des travaux, des analyses du taux de radioactivité seront effectuées. L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) assistera Sogedec dans la maîtrise d’ouvrage. Enfin, deux instances, composées de représentants de l’Etat, de la ville, d’associations et de riverains, se réuniront régulièrement pour suivre l’évolution du chantier. La facture devrait atteindre 2,50 M€. Nogent en a déjà provisionné 1,6 million au budget 2010. Les 900000 € restants seront pris en charge par l’Agence de développement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) dans le cadre du plan de relance. Mais Nogent devra encore mettre des deniers de côté pour 2011 : la ville prévoit d’édifier un gymnase sur le site, qui ne présentera plus de danger. Mais la décontamination n’aura été que partielle. Alors, pour éviter de creuser des fondations qui risqueraient de mettre au jour des substances polluantes, la salle reposera sur des pilotis de plus de deux mètres de haut. Le projet pourrait coûter environ 8 M€.

Source

Voir l’historique ici.
Voir aussi l’étude de l’INVS (Institut de Veille Sanitaire) ici.

15 août, 2010

Radioactivité dans le yahourt !

Classé dans : Info — deedoff @ 21:51

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Dans le lunévillois, un habitant de Saint-Boigt a eu la surprise de trouver dans son jardin un pot de yahourt à même le sol. Dedans : 2 petits cubes de deux centimètres sur deux centimètres et deux fioles de type échantillons de parfum remplies d’un liquide blanchâtre.

Ce qui le fait réagir est la mention « Vorsicht, Radioaktivität » inscrit dessus. Il alerte aussitôt les pompiers. Le petit pot de yaourt et son contenu a été placé dans un emballage en polyane, un matériau souple, résistant et ininflammable, puis déposé en lieu sûr pour être remis à l’ANDRA (l’agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). « Un compte rendu détaillé, transmis à l’autorité de sûreté nucléaire, fait ressortir que la source trouvée contiendrait des éléments radioactifs inconnus à ce jour mais contaminants ». Par les habitants de sa commune, le nouveau résident a appris la profession qu’exerçaient d’anciens propriétaires de cette maison : un couple d’horloger bijoutier.

L’hypothèse la plus probable est que ce pot de yaourt contenait de la peinture utilisée, dans le passé, pour peindre les aiguilles des montres et des horloges, peinture qui avait la faculté de rendre ces aiguilles fluorescentes dans l’obscurité.

Sources ici et ici.

Russie: le site ayant révélé les feux dans des zones irradiées est inaccessible

Classé dans : Info — deedoff @ 21:38

Le site de l’agence russe de protection des forêts, l’organisme qui avait révélé que des zones de pollution radioactive avaient été touchées par les incendies ravageant la Russie est inaccessible depuis vendredi, a indiqué dimanche un responsable de ce service à l’AFP.
Roslesozachtchita avait révélé mercredi que près de 4.000 hectares de terres irradiées avaient brûlé en juillet, notamment dans la région de Briansk, une zone touchée par l’explosion en 1986 de la centrale nucléaire ukrainienne de Tchernobyl, suscitant des craintes de propagation de la pollution.
Cette information, publiée sur le site de l’agence www.rcfh.ru désormais inaccessible, contredisait la position du ministère russe des Situations d’urgence qui assurait qu’aucune région irradiée n’avaient été touchée par les incendies.

Le directeur adjoint de l’agence, Alexeï Bobrinski a indiqué à l’AFP dimanche que le site ne fonctionnait plus depuis vendredi.
« Tout ce que je sais, c’est que le site ne fonctionne plus », a-t-il dit, « je ne peux que deviner ce qu’il s’est passé », a-t-il ajouté, rappelant néanmoins que l’influent ministre des Situation d’urgence, Sergueï Choïgou, s’en était vertement pris vendredi à l’agence de protection des forêts.
Dans des propos retransmis à la télévision, le ministre avait critiqué « des informations pas claires publiées par un site obscur ».
Un responsable de l’agence de protection des forêt, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat a lui dit être « presque sûr » que le site a été fermé « suite à une directive » liée aux remarques de M. Choïgou.
Les incendies dans les zones irradiées ont conduit, selon des experts russes et Greenpeace Russie, à une propagation minimale de la radioactivité et ne présenterait pas de danger sanitaire.

Les autorités russes, comme celles de l’Union soviétique, ont souvent cherché à cacher l’ampleur de catastrophes sur leur territoire, qu’il s’agisse de la catastrophe de Tchernobyl, du naufrage du sous-marin nucléaire Koursk en 2000, ou du nombre de morts dus à la canicule cet été en Russie, qui se comptent pourtant en milliers.

Source

Russie: Mystères autour du nucléaire

Classé dans : Info — deedoff @ 14:00

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Le Kremlin assure que les sites sensibles sont en sécurité. Faut-il le croire?

C’est une ville fermée, interdite aux regards extérieurs, surtout ceux des étrangers. A 50 kilomètres à la ronde, se dresse un périmètre de sécurité. Sarov, située à 500 kilomètres à l’est de Moscou est un mystère, protégé par le Kremlin. C’est là que se situe l’un des centres nucléaires les plus sensibles de Russie. Là où sont notamment produites des ogives.

Depuis deux semaines, la ville, menacée par les incendies qui ravagent le pays depuis la fin juillet, a pourtant fait l’objet de toutes les attentions et de toutes les craintes. Hier encore, elle était cernée par les flammes. 3.500 hommes continuaient à se battre contre le feu qui a envahi un parc naturel tout proche.

Le danger semble pour le moment écarté. « L’incendie progresse désormais vers le nord et se trouve maintenant à plus de 3 kilomètres de la ville », expliquait hier au JDD, Vladimir Tchouprov, de Greenpeace Russie. Des informations confirmées par les autorités russes. « La situation a cessé d’être critique, a déclaré le chef du nucléaire russe, Sergueï Kirienko. Il n’y a pas de risque nucléaire, pas de menace radioactive sur le territoire de Sarov. » L’officiel a toutefois reconnu que les matériaux sensibles avaient dû être évacués par deux fois du centre ces derniers jours. Jusqu’alors, les autorités russes n’avaient admis qu’une seule évacuation, début août.

Entre la méfiance et la peur
Pourquoi cette omission? Faut-il croire ce pouvoir russe qui, depuis le début de la crise, délivre les informations au compte-gouttes? A Nijni-Novgorod, capitale régionale située à seulement 250 kilomètres de Sarov, la population, qui vit dans une fumée épaisse depuis plusieurs jours, hésite entre la méfiance et la peur. « Les autorités nous cachent la vérité parce qu’ils ne veulent pas d’hystérie et de panique parmi les habitants, estime ainsi Ksenia, une étudiante de 22 ans. Pour l’instant je ne crains pas pour ma sécurité, mais si la situation empire, on se gardera bien de nous expliquer ce qui se passe. » Nikolai, un convoyeur de fonds de 38 ans, s’inquiète, lui surtout pour sa résidence secondaire, située au nord de la ville. Lorsqu’il entend le mot « Sarov », l’homme se raidit instantanément et fronce les sourcils. « C’est une ville secrète. Je n’ai pas envie d’en parler. De toute façon, les autorités ont les choses bien en main et nous ne craignons rien! », lance-t-il en singeant la langue de bois officielle.

Dans les villages alentour, c’est le même silence autour de Sarov. La peur, peut-être. Mais surtout parce que le plus important, ce sont ces centaines de maisons qui sont parties en fumée.

Ne pas évoquer la question du nucléaire. C’est le mot d’ordre lancé par le pouvoir. Le ministre des Situations d’urgence n’a-t-il pas vendredi qualifié les sources d’informations alarmistes, de « langues de vipères »? Il a aussi exigé la fermeture immédiate d’un site officiel mentionnant une hausse de la radioactivité dans une zone forestière fortement contaminée après la catastrophe de Tchernobyl et partiellement en proie aux flammes. « Les autorités ont attendu que les incendies aient été maîtrisés, pour faire des relevés dans cette région, dénonce Vladimir Tchouprov. Même chose à Mayak, le grand centre de déchets radioactifs entoure d’une large zone contaminée, qui a de justesse été épargnée par les incendies. » L’activiste assure que l’augmentation de la radioactivité dans ces régions n’est pas dangereuse à court terme. Avant d’ajouter: « En fait, le vrai problème, ce sont tous ces mensonges officiels. »

Source

14 août, 2010

Les résultats des contrôles effectués par la Criirad continuent d’être rassurants sur la France

Classé dans : Info — deedoff @ 16:52

Sur la base d’une nouvelle analyse, le laboratoire de la CRIIRAD confirme l’absence d’impact mesurable des incendies de forêt déjà irradiées (4000 ha ont brulé) sur la France (vallée du Rhône).

Selon la Criirad, « ce constat rassurant ne préjuge évidemment pas des évolutions à venir. Le laboratoire reste en niveau d’alerte renforcé. Le pré-comptage effectué cette nuit sur le filtre de la balise de surveillance de la radioactivité de l’air de Romans-sur-Isère, dans la Drôme, indique que l’activité du césium 137 est restée indétectable sur toute la période du 1er août au 12 août (18h). Le seuil de détection est de 20 microbecquerels de césium 137 par mètre cube d’air (20 µBq/m3) soit 0,00002 Bq/m3. Un comptage plus long sera effectué tout au long du week-end afin de disposer d’un résultat encore plus précis. »

Rappelons qu’aucune contamination de l’air en césium 137 n’a été détectée sur l’ensemble du mois de juillet 2010 (seuil de détection de 5 µBq/m3).

La CRIIRAD s’inquiète, en revanche, de l’absence totale de résultat d’analyse sur la Russie où le niveau de risque est bien entendu sans commune mesure. La commission scientifique indépendante a donc écrit donc le 12 août, au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso et à Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, afin de leur demander d’intervenir auprès des autorités russes afin que le secret soit levé sur le niveau de contamination de l’air au niveau des différents sites nucléaires, tant civils que militaires et à proximité des différentes zones contaminées.

Source

Balises IRSN
Balises CRIIRAD

carterusse.jpg
Le moteur de recherche russe Yandex a lancé un nouveau service de suivi de la propagation des incendies de forêt sur une carte interactive (http://pozhar.yandex.ru/). (Carte du 12/08) -> Accéder à la carte

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