Nucléaire Radioprotection et Internet

20 août, 2010

Les biais de perception à l’égard des risques nucléaires

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Le risque nucléaire serait perçu négativement en raison de biais de perception psychologiques : les populations sont inquiètes parce qu’elles ont le sentiment de ne pas maîtriser le risque nucléaire. De plus, les accidents servent « d’ancrage psychologique » à la perception du risque. Tchernobyl, référence incantatoire de tous rapports ou articles sur ce sujet en est l’exemple type.

Source et suite ici

Lire aussi:
Rapport de l’OCDE: L’opinion publique et l’énergie nucléaire (rapport 2010)
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Deinococcus radiodurans

Classé dans : Info — deedoff @ 21:27

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La bactérie Deinococcus radiodurans est surtout connue pour sa capacité exceptionnelle à surmonter l’effet létal et mutagène des agents qui endommagent l’ADN, en particulier les effets des radiations ionisantes, de la dessication et du rayonnement ultraviolet (Mattimore and Battista, 1996 ; Sweet and Moseley, 1974, 1976). Ces agents provoquent des dommages variés de l’ADN (oxydation de bases, cassures simple et double brins, dimères de pyrimidines) (Battista et al., 1999 ; Mattimore and Battista, 1996 ; Sweet and Moseley, 1974, 1976 ; Ward, 1975, 1988). La résistance de la bactérie D. radiodurans aux agents qui endommagent l’ADN n’est pas due à des mécanismes de protection de l’ADN qui empêcheraient la formation des lésions (Gerard et al., 2001) mais à une réparation particulièrement performante de ces lésions.

La viabilité de la bactérie D. radiodurans n’est pas affectée si elle est soumise à une irradiation γ provoquant environ 200 cassures double-brins, 3000 cassures simple-brins et plus de 1000 bases endommagées par équivalent génome (survie de 100 % pour une exposition à une dose de 6000 Gy de rayonnement γ) et sa survie reste très significative à des doses supérieures à 10000 Gy (Figure 1). A titre de comparaison, des doses 250 fois inférieures suffisent pour stériliser la majorité des cultures bactériennes (exemple : Escherichia coli) (Figure 1). La bactérie D. radiodurans est également très résistante à la dessication (Mattimore and Battista, 1996). En effet, on trouve encore plus de 80% de cellules viables dans des cultures séchées sur une lame de verre et gardées 2 ans dans un dessicateur.

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100 ans de réserves d’uranium

Classé dans : Info — deedoff @ 21:05

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Les quantités d’uranium actuellement dans le monde et utilisées à des fins de production d’énergie nucléaire suffisent à répondre aux besoins pour plus de 100 ans, a indiqué une étude publiée à Vienne. Cependant ces quantités disponibles actuellement pourraient suffire « pour des milliers d’années » avec l’utilisation de réacteurs nucléaires ultramodernes, selon cette étude, intitulée « Uranium 2009: ressources, production et demande » et publiée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et l’Agence pour l’énergie nucléaire (AEN) de l’OCDE.

Selon les chiffres de consommation de 2008, les ressources prouvées à l’heure actuelle seront suffisantes pour assurer la fourniture d’uranium durant plus de 100 ans », ajoute l’étude. Les deux agences ont toutefois souligné que ces prévisions étaient fondées sur l’état actuel de la technologie en matière de production d’énergie nucléaire. « L’emploi de réacteurs modernes et d’une technologie avancée pour les cycles d’utilisation du carburant peuvent avoir un effet positif sur les quantités disponibles d’uranium à long terme et cela pourrait se traduire alors en milliers d’années », selon les auteurs.

Même si la demande d’électricité a un peu reculé récemment avec la crise mondiale, elle continuera d’augmenter « de façon importante lors des décennies à venir ». De nombreux gouvernements ont opté pour l’électricité nucléaire produite à des prix concurrentiels et sans produire de gaz à effet de serre. Cependant l’étude souligne qu’il faudra développer « une manière respectueuse de l’environnement d’extraire l’uranium et de livrer des quantités toujours plus importantes rapidement aux marchés ».

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Le gendarme du nucléaire accusé d’en faire trop

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Autrefois considérée comme un relais du «lobby atomique», l’Autorité de sûreté est désormais critiquée pour son zèle, nuisible au commerce.

«L’Autorité de sûreté nucléaire ? Ses représentants sont souvent des ayatollahs. Or les chantiers et les installations qu’ils inspectent sont devenus tellement complexes qu’un peu plus de recul permettrait souvent un meilleur dialogue avec les industriels.» Celui qui parle, fin connaisseur du secteur, n’est pas le seul à ruer dans les brancards.

«Bien sûr que l’Autorité passe les bornes !», s’énerve même un ministre. «Quand elle dit qu’elle ne veut pas d’autre réacteur que l’EPR (le réacteur français de nouvelle génération) à l’export, elle sort de son rôle. Elle doit valider des dossiers, pas faire la politique nucléaire de la France !»

Quel chemin parcouru ! Il y a dix ans à peine, le gendarme du nucléaire était vilipendé par les écologistes comme un laquais du lobby nucléaire, pieds et poings liés au ministère de l’Industrie. Aujourd’hui, c’est le «lobby» qui voit le même gendarme comme un empêcheur de vendre des EPR en rond. À tel point que le rapport Roussely sur la réorganisation de la filière, dont une synthèse a été publiée par l’Élysée le 27 juillet, recommande de «réexaminer » la mission de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). «Il convient d’éviter que des événements de portée très limitée conduisent à jeter une suspicion injustifiée sur l’ensemble d’une technologie », lit-on dans ce résumé du rapport.

Faiblesses informatiques
La goutte d’eau qui fait déborder la cuve a été versée le 15 octobre 2009, un «événement » d’ailleurs évoqué dans le rapport Roussely. L’ASN publie, conjointement avec ses homologues finlandais et britannique, une lettre pointant les faiblesses informatiques du contrôle commande de l’EPR. La publication de ce courrier, bien plus que son contenu relevant du dialogue normal entre contrôleur et contrôlé, provoque un tollé dans le landerneau atomique, alors en pleine effervescence. Henri Proglio vient à peine d’arriver à la tête d’EDF et les négociations pour vendre quatre EPR à Abu Dhabi battent leur plein ! Et le 2 août dernier, l’ASN a encore enfoncé le clou. Tout en reconnaissant un «dialogue constructif» avec EDF concernant l’installation de Flamanville, le gendarme réclame «une modification d’une des plates-formes de commande du réacteur» EPR.

Depuis dix-sept ans, l’ASN est incarnée par l’inamovible André-Claude Lacoste. «Il y a dix ans, Lacoste était une courroie de transmission de l’industrie, se souvient Yannick Rousselet, militant historique de Greenpeace. Il faisait des copier-coller des communiqués d’EDF et Areva. » La longue marche vers plus de transparence et d’autonomie du contrôleur franchit plusieurs réformes. Dernière étape, la loi de 2006. Celle-ci fait de l’ASN une entité administrativement indépendante, dirigée par cinq commissaires nommés pour six ans, et, depuis 2006, irrévocables.

À 68 ans, André-Claude Lacoste, l’austère serviteur de l’État sorti de Polytechnique il y a un demi-siècle, est progressivement sorti de sa réserve de haut fonctionnaire. En 2002, le ministre Vert et antinucléaire Yves Cochet, profitant d’un des changements de statut de l’ASN, avait voulu le déloger. Au profit de Michèle Rivasi, fondatrice de la Crii-rad, ce laboratoire indépendant qui dénonça en 1986 la gestion de la catastrophe de Tchernobyl par l’État français. Mais au regret d’Yves Cochet, Lacoste fut maintenu, car, en cette époque de cohabitation «Olivier Schrameck (directeur de cabinet de Lionel Jospin) et Dominique de Villepin (secrétaire général de l’Élysée) faisaient la pluie et le beau temps sur les nominations », se souvient l’ancien ministre, à présent député écologiste.

«Être capable de dire non»
Aujourd’hui, les ennemis d’hier comme Yannick Rousselet de Greenpeace reconnaissent «un véritable changement depuis la loi de 2006 ». Au point que, sans renier ses convictions antinucléaires, Greenpeace rencontre désormais régulièrement les agents de l’ASN dans diverses réunions. «Lacoste a été un bon soutien de l’industrie, aujourd’hui, il n’a plus rien à perdre », poursuit Rousselet. «Nous sommes payés pour être capables de dire non », résume Lacoste. Son arme ultime : décider de l’arrêt d’un réacteur, s’il n’est pas jugé sûr.

L’industrie n’était pas habituée à ce régime plus sévère et à des mises en cause publiques. Les échanges avec les exploitants deviennent musclés, y compris en public lors de réunions du Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (une autre instance créée en 2006). Le 20 novembre 2009 par exemple, un échange vif oppose Bernard Bigot, l’administrateur général du CEA à des représentants de l’ASN.

Le 6 juillet, l’Autorité de sûreté publie un de ces communiqués qui donne de l’urticaire chez EDF et Areva : «Nous ne voulons pas d’une sûreté à 2 vitesses et nous continuons à promouvoir au niveau européen et international des objectifs de sûreté qui prennent en compte les leçons de Three Mile Island, de Tchernobyl et du 11 septembre 2001. Face à des projets d’exportation de réacteurs ne répondant pas à ces objectifs de sûreté, l’ASN n’hésitera pas à dire que de tels réacteurs ne pourraient pas être construits en France.»

Dans l’entourage des entreprises concernées, il n’est pas question, du moins en apparence, de contester la mission de l’ASN ni son rôle de garant de la sécurité des installations. Les uns et les autres sont de toute façon condamnés à travailler étroitement ensemble. En particulier EDF, qui souhaite prolonger la durée de vie de ses centrales existantes. Or c’est à l’Autorité de sûreté qu’il appartiendra de trancher, au cas au cas. En revanche, chez EDF, on souligne également que l’ASN sort de son rôle quand elle devient prescriptrice de moyens ou d’actions à employer.

Deux mille inspections par an
Quand un jeune inspecteur de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) débarque inopinément chez un exploitant, EDF ou le CEA par exemple, «il est parfois malmené », raconte le témoin de plusieurs inspections. Mais dans la très grande majorité des cas, les missions sur le terrain du «gendarme du nucléaire» se déroulent sans heurts, entre professionnels qui partagent une culture d’ingénieur et souvent le même cursus, X-Mines.

L’ASN mène environ un millier d’inspections chaque année dans les grosses installations nucléaires et autant pour le «nucléaire diffus» (industrie, médecine, recherche). Un quart d’entre elles se déroulent inopinément.

Une large partie du travail de contrôle s’effectue sur dossiers et par échange de courriers. Avec une pression nettement accrue sur les exploitants depuis que les «lettres de suite » – un millier par an – sont systématiquement publiées sur le site Internet asn.fr et épluchées par les associations.

L’ASN s’appuie sur ses onze divisions régionales (200 agents) et sur les experts de l’IRSN, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, établissement qui emploie 1780 agents, créé en 2002 en sortant du giron du CEA (Commissariat à l’énergie atomique).

En 2009, le gendarme a sanctionné onze responsables d’activités nucléaires et a transmis 19 procès-verbaux aux procureurs, dont 7 pour des infractions au droit du travail.

Réelle autonomie
La loi de 2006 a donné à l’ASN une réelle autonomie et une liberté de parole que son patron, André-Claude Lacoste, n’avait pas lorsqu’il occupait la même fonction mais à la tête d’une direction du ministère de l’Industrie. Ses directeurs régionaux peuvent s’exprimer sans l’aval du préfet. Un détail qui pèse lorsqu’il s’agit de rappeler à l’ordre le CEA, EDF ou Areva.

Pour renforcer le poids du contrôle du nucléaire, André-Claude Lacoste, dont le mandat s’achèvera en 2012, mise sur l’Europe. Non sur un utopique eurogendarme mais sur un réseau, capable de parler d’une seule voix, comme le firent le Français, le Finlandais et le Britannique sur l’EPR le 15 octobre dernier.

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Voir la vidéo du rapport d’activité 2009 de l’ASN lors de l’audition de l’OPECST
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19 août, 2010

A quoi bon refouler les risques ?

Classé dans : Info — deedoff @ 19:58

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Les centrales nucléaires sont particulièrement exposées en cas de catastrophe naturelle. Mais cette vérité est largement occultée, déplore un journaliste du quotidien allemand proche des Verts.

Les événements des dernières semaines en Russie ont tout du scénario catastrophe : déchaînement des forces de la nature devenu incontrôlable, mystère des risques nucléaires hérités du passé, et cela dans un pays réputé pour son manque de transparence et son goût pour la dissimulation. On en sait aujourd’hui aussi peu sur ce que contiennent les sols aux environs de l’usine de retraitement de déchets radioactifs de Maïak que sur l’étendue réelle des incendies autour de la zone contaminée de Tchernobyl.

L’histoire nous enseigne que, dans l’incertitude, les problèmes sont toujours plus graves que les autorités russes ne veulent bien l’admettre. Cependant, d’après les données dont nous disposons aujourd’hui, il n’y a aucune raison de céder à la panique – tout du moins, pas en Allemagne. En revanche, les personnes vivant aux abords des incendies affrontent des risques, mais il est encore trop tôt pour évaluer l’ampleur de la contamination radioactive.

En tout cas, ce qui ne fait aucun doute, ce sont les conclusions à tirer de ces événements : les centrales nucléaires (ou ce qu’il en reste) sont particulièrement exposées en cas de catastrophe naturelle. Dans la pratique toutefois, cette vérité est largement occultée. Le danger n’en est pas moins réel, et la Russie n’est pas le seul exemple. En Suède, on a frôlé la catastrophe en 2006 après le court-circuit électrique provoqué par la foudre dans un des réacteurs de la centrale de Forsmark. Par ailleurs, selon certains experts, la centrale nucléaire allemande de Biblis ne disposerait pas de dispositifs antisismiques suffisants dans une région sujette aux tremblements de terre. Enfin, tous les réacteurs ne sont pas équipés pour résister aux inondations comme celles frappant aujourd’hui le Pakistan. Certains pays prévoient même de construire de nouvelles centrales nucléaires dans des zones à risques avérées ; c’est par exemple le cas à Béléné, en Bulgarie, ou à Angra, au Brésil, deux villes situées dans des régions particulièrement exposées aux tremblements de terre.

On tente toujours de minimiser ces risques à grand renfort de poncifs : tout drame serait « exclu », « improbable », la situation serait, « quoi qu’il arrive, toujours sous contrôle ». II y a pourtant peu, personne n’aurait cru que des incendies de forêt comme ceux de Russie aujourd’hui pourraient être à l’origine de la formation de nuages radioactifs. On voit maintenant jusqu’où peut nous mener cette politique de l’autruche. Toute centrale nucléaire représente un risque incalculable. Cette affirmation est d’autant plus vraie en ce moment avec la multiplication de phénomènes climatiques extrêmes. On ne peut aujourd’hui que déplorer l’absence de répercussions au plan politique.

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Le démantèlement des installations nucléaires

Classé dans : Info — deedoff @ 14:47

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Le point de vue de Sortir du nucléaire Cornouaille et du CRILAN , un problème d’intérêt général, pas une perspective marchande !

Le nucléaire ne peut se réduire à la question énergétique, c’est un choix de société, nucléaire, militaire, policière, centralisée qui a été imposé aux Français sans consultation démocratique. C’est un choix qui épuise les ressources, met en danger son propre avenir, qui endette durablement le pays. C’est un choix qui hypothèque l’avenir de l’humanité.

Albert Jacquard parle « de suicide à long terme » si nous ne stoppons pas cette folie.

La question du démantèlement des installations nucléaires ( il y en a plus d’une centaine en France actuellement ) doit être dictée par des impératifs de santé publique, de sécurité des travailleurs et de la population, de préservation des écosystèmes en raison des risques liés à la contamination radioactive. Elle ne doit pas être dictée par la poursuite d’intérêts commerciaux ou pour en faire un secteur durable d’emplois même si hélas, l’héritage sera lourd et long à gérer.

Les conditions actuelles de démantèlement sont révélatrices de l’impasse nucléaire. C’est cela qu’a mis en lumière le combat de l’association Sortir du nucléaire Cornouaille avec d’autres associations antinucléaires sur la question du démantèlement, combat soutenu et appuyé par des milliers de citoyens.

L’association Sortir du nucléaire Cornouaille a engagé depuis plus de 5 ans un bras de fer avec EDF et les autorités, sur le difficile dossier du démantèlement de la centrale nucléaire de Brennilis. Elle a contribué :

* à ce que le Conseil d’Etat annule en juin 2007 le décret de démantèlement complet de Brennilis

* à faire reconnaître par EDF en novembre 2007, la contamination radioactive du chenal de rejets grâce à des prélèvements de mousses analysés par le laboratoire de la CRIIRAD.

* Et récemment, en mars 2010, à ce que la commission d’enquête prononce un avis défavorable. Une lettre-pétition à l’initiative des 7 associations avec plus de 9000 signataires lui avait été remise.

Depuis plus de 3 ans, elle réclame avec d’autres associations, appuyée par de nombreuses pétitions signées par plusieurs dizaines de milliers de citoyens qu’un débat public national soit ouvert enfin sur la question du démantèlement des installations nucléaires et du devenir de ses déchets, car 14 démantèlements d’installations vont être engagés. Ce à quoi, les autorités et le lobby nucléaire tentent de se soustraire en morcelant les dossiers par des enquêtes éparpillées, empêchant le citoyen d’avoir une réelle vision globale et de pouvoir peser sur des choix cruciaux qui le concernent.

Ainsi, à la Hague, AREVA s’apprête à démanteler l’atelier Haute activité oxyde et 3 INB de l’usine UP2 400, pour un coût de 125 millions d’euros par an pendant 25 ans au moins ( Sans envisager la dérive des coûts).Il est important qu’on sache le coût global à venir du démantèlement dans une période où le pouvoir continue d’asséner que l’électricité nucléaire est la moins chère du Monde.

C’est dans ce contexte que Sortir du nucléaire Cornouaille vient de déposer en juin 2010 avec 6 autres associations [1] un recours devant le Conseil d’Etat pour le décret concernant l’ICEDA du Bugey (installation de stockage « provisoire » des déchets les plus radioactifs du démantèlement). Cette option, qui de plus, n’est pas définitive, augmenterait le nombre de transports de déchets hautement radioactifs et dangereux à travers toute la France.

Et il faut examiner et débattre de la possibilité du stockage des déchets radioactifs sur les sites mêmes où ils ont été produits, option nettement plus cohérente si l’on se place dans la situation d’arrêt du nucléaire.

Aussi à « Nucléaire : arrêter la fuite en avant ! », nous disons bien sûr oui ! mais à « démanteler maintenant », nous répondons : non ! il est urgent d’attendre. Le démantèlement, parlons-en d’abord.

Le lobby nucléaire pousse à la précipitation dans ce domaine alors qu’il n’existe actuellement aucune solution de stockage pour ces déchets, que l’option sur site n’a pas été débattue et que les travailleurs seraient moins exposés si on attendait pendant 50 ans la décroissance radioactive de la cuve du réacteur. Les industriels EDF et AREVA veulent démontrer que le démantèlement est faisable, pour permettre ainsi le renouvellement du parc nucléaire. Peu leur importe si des doses de radioactivité accrues sont prises par les travailleurs, des déchets nucléaires entreposés provisoirement.

La CADA (Commission d’Accès aux Documents Administratifs) a accepté qu’EDF ne communique pas à l’avocat de Sortir du nucléaire, l’étude détaillée des scénarios de démantèlement de Brennilis pour un motif commercial . Elle contenait des éléments de comparaison concernant le calcul des doses de radioactivité prises par les intervenants. C’est inacceptable. Le démantèlement ne doit pas se faire au nom de logiques marchandes, au détriment de la santé des travailleurs, de la population et de l’environnement.

Utiliser les mots « marché porteur », « savoir-faire à l’exportation », c’est faire le jeu du lobby nucléaire et son complexe militaro-industriel et financier. Le démantèlement des installations nucléaires sera de toute façon une affaire « démente » [2] par le coût, la dangerosité, l’ingérabilité des déchets radioactifs. Et on ne pourra parler dans ce domaine que de moins mauvaise solution car il n’y en a pas de satisfaisante.

Pour sortir du nucléaire, nous devons faire prendre conscience au citoyen des problèmes[3]que pose le démantèlement des installations nucléaires, de l’urgence à arrêter de produire des substances radioactives. C’est pourquoi ces problèmes posés par le démantèlement, doivent être enfin exposés au grand jour et notamment par un débat public, honnête et non truqué que nous devons exiger conformément à la convention d’Aarhus.

Qui sait qu’à Brennilis, le démantèlement de la station de traitement des effluents radioactifs, autorisé par le premier décret de démantèlement partiel de 1996, n’a toujours pas pu être réalisé dix ans plus tard en raison du niveau d’irradiation rencontré ?

Les Verts Allemands ont été intraitables sur la question du démantèlement des installations nucléaires tant qu’une décision de sortie du nucléaire n’a pas été prise.

Ne leurrons pas les citoyens, le démantèlement sera toujours une affaire à hauts risques sanitaires en raison des poussières radioactives émises tant pour les travailleurs que la population. Deux intervenants sur le démantèlement d’un atelier de l’usine de La Hague ont inhalé en 2006 des vapeurs contenant des particules de plutonium. Un millionième de gramme suffit pour déclencher un cancer des poumons à plus ou moins long terme.

Le démantèlement des installations nucléaires est une question d’intérêt général et non marchand qui doit être d’abord débattue, pour créer une coopération au point de vue international vers une dé nucléarisation de la planète.

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La physique repousse les frontières du monde connu

Classé dans : Info — deedoff @ 5:20

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Voilà vingt-huit ans que la France n’avait pas accueilli l’événement. Depuis le 22 et jusqu’au 28 juillet, un millier de chercheurs sont réunis, au Palais des congrès de Paris, pour la 35e Conférence internationale sur la physique des hautes énergies (Ichep), le rendez-vous bisannuel de la discipline, à laquelle les équipes les plus en pointe réservent leurs derniers résultats.

Vedette de cette édition, le grand collisionneur d’hadrons (Large Hadron Collider, LHC) de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) de Genève. Depuis le 30 mars, l’accélérateur de particules fonctionne avec une énergie de collision entre protons de 7 millions d’électrons-volts (tera-électrons-volts ou TeV). Pulvérisant le record jusqu’alors détenu par le Tevatron américain du Fermilab de Chicago, limité à 2Tev.

Au cours de ces trois mois et demi de travail intensif, les équipes du CERN ont affiné leurs instruments, tout en augmentant le nombre de paquets de protons injectés dans les faisceaux, donc le nombre de collisions et de données expérimentales.

Le « graal » des physiciens

« Il serait très surprenant que les chercheurs du LHC annoncent déjà des résultats de physique extraordinaires, pense Guy Wormser, directeur du Laboratoire de l’accélérateur linéaire (LAL) d’Orsay (CNRS-université Paris-Sud) et organisateur de la manifestation. Ils commencent juste. Mais leurs premières mesures vont ouvrir une fenêtre sur un domaine d’énergie que l’humanité n’a encore jamais exploré. »

Car telle est la finalité de la physique des hautes énergies : « Comprendre le monde qui nous entoure, qu’il s’agisse de la matière déjà connue avec ses composants élémentaires que sont les quarks et les leptons, ou de la matière qui nous est encore inconnue, c’est-à-dire la matière noire et l’énergie sombre qui forment 96 % de l’Univers. » Le LHC n’est pas seul engagé dans cette aventure. Les équipes du Tevatron, auxquelles sont associés le CNRS et le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), sont aussi sur la piste du boson de Higgs, « graal » des physiciens.

En 2009, elles ont resserré le filet autour de cette « particule divine », encore hypothétique, qui donnerait leur masse à toutes les autres particules. Le boson de Higgs n’a pas été observé, mais le domaine de masse (ou d’énergie) où il se cache a été restreint. Les communications présentées à Paris permettront peut-être de savoir si les intervalles de masse où il faut le chercher peuvent encore être réduits.

Le Fermilab a récemment fait sensation, en mettant en évidence une forte asymétrie – de l’ordre du centième, alors que les prévisions théoriques sont de l’ordre du millième – entre le nombre de particules et d’antiparticules produits par des collisions. Une asymétrie qui pourrait expliquer pourquoi, juste après le Big Bang, la matière l’a emporté sur l’antimatière, donnant ainsi naissance à notre monde. « Si ces résultats, inattendus et troublants, sont confirmés, il faut s’attendre, avec le détecteur du LHC dédié à l’étude de l’asymétrie entre matière et antimatière, à un véritable feu d’artifice », prédit Guy Wormser.

Autre percée commentée : la première observation, dans le laboratoire italien du Gran Sasso, près de Rome, de la métamorphose d’un neutrino (particule élémentaire la plus abondante dans l’Univers mais insaisissable car de masse infime) d’un certain type en neutrino d’un autre type.

La physique des hautes énergies n’est cependant pas qu’affaire d’accélérateurs géants. Dans le tunnel du Fréjus, des chercheurs mettent à profit la géologie – une couverture de 1 700 mètres de roche faisant écran aux rayons cosmiques – pour traquer des particules nées avec le Big Bang mais jamais détectées : les wimps, qui pourraient constituer la matière noire. Et le satellite européen Planck, qui observe le rayonnement fossile témoignant des premiers instants de l’Univers, a livré, début juillet, une image exceptionnelle de l’intégralité du ciel.

Une « Nuit des particules »

Expérience après expérience, le socle du modèle standard de la physique, élaboré au début des années 1970, vacille. Voilà quelques jours, une équipe internationale a montré que le proton (l’un des constituants du noyau des atomes) a un rayon légèrement inférieur à la taille jusqu’alors admise : 3 centièmes de millionième de millionième de millimètre en moins, qui suffisent à remettre en cause la théorie de l’électrodynamique quantique, l’une des clés de voûte de la physique actuelle.

« Le modèle standard a le bon goût de décrire… ce que nous savons déjà, commente Guy Wormser. Il ne constitue qu’une approximation, qui fonctionne remarquablement aux niveaux d’énergie auxquels nous sommes parvenus jusqu’ici, mais qui est faux, ou incomplet, à des niveaux d’énergie supérieurs. Forcément, une nouvelle physique existe. »

Pour que celle-ci ne reste pas totalement hermétique aux non-initiés, le CNRS a eu l’heureuse idée d’organiser, pour le grand public, une « Nuit des particules ». Sûrement très énergétique.

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Vidéo de la visite du laboratoire souterrain de Fréjus-Modane

http://www.dailymotion.com/video/xbuxm

Plateau d’Albion : du secret militaire au silence scientifique

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Enfoui sous 500 mètres de roches, le centre de tir stratégique de la frappe nucléaire du plateau d’Albion, démantelé en 1996, a été reconverti en un laboratoire quasi unique au monde pour étudier les phénomènes les plus silencieux.

« C’est le laboratoire le plus silencieux de la planète ! » Devant l’écran d’un sismographe où s’affiche avec précision la houle marine de l’Atlantique pourtant distante de 600 kilomètres, Georges Waysand n’en revient toujours pas. C’est par mail que, il y a douze ans, ce chercheur du Groupe de physique des solides de l’université Paris-VII a appris que l’armée de l’air vendait ce poste de conduite de tir de la force de frappe nucléaire française : 3 kilomètres de galeries enfouies sous 500 mètres de roches calcaires dans le « désert » du plateau d’Albion (à cheval entre le Vaucluse et les Alpes-de-Haute-Provence), loin de toutes activités urbaines, industrielles ou routières. Persuadé de pouvoir y mener toutes sortes d’expériences inédites grâce à l’absence de signaux parasites, il convainc la communauté de communes du pays d’Apt de se porter acquéreur du site basé à Rustrel.
La région est pauvre. Avec le démantèlement des 18 silos nucléaires ordonné en 1996 après trente-trois ans de service militaire et le départ consécutif des officiers et de leur famille, c’est un pan supplémentaire de l’économie qui s’effondre. La proposition de reconversion scientifique du site tombe donc à pic.

Tranquillité idéale
Rebaptisé Laboratoire souterrain à bas bruit (LSBB) par le CNRS, l’ultime vestige du système d’armes balistiques stratégique attire en quelques mois des chercheurs du monde entier qui font la queue pour placer leurs instruments de mesure. « Ces galeries ont été conçues pour résister à l’impact, au souffle et aux perturbations électromagnétiques d’une bombe nucléaire de forte puissance, explique Stéphane Gaffet qui en a pris la direction. C’est comme si on se trouvait au calme à 1.500 mètres sous l’eau avec un niveau de bruit électromagnétique 100 fois inférieur à celui d’un cerveau dans sa phase de sommeil profond. » Une tranquillité idéale pour mener toutes sortes d’expériences sensibles aux bruits parasites d’origine sismique, acoustique, mécanique et même cosmiques.
Une trentaine d’équipes scientifiques se relaient donc dans l’installation soutenue par l’Observatoire de la Côte d’Azur, le CNRS et l’université de Nice : physiciens, géologues, hydrologues, biologistes qui conduisent chacun des expériences très précises dans l’infiniment petit.
Bruit électromagnétique faible

Derrière l’épaisse porte d’acier d’une des salles où même les boussoles sont inopérantes, les chercheurs du Centre de physique nucléaire de l’université de Lisbonne y ont par exemple installé un détecteur de leur cru pour tenter de piéger les particules massives faiblement interactives (les WIMP) qui figurent en théorie parmi les candidats les plus sérieux pour constituer, au moins partiellement, la masse manquante de l’univers. « On suppose que ces particules « invisibles » n’interagissent quasiment pas avec la matière, ce qui rend leur détection très délicate puisqu’elles se « cachent » parmi d’autres, telles que les électrons, muons, rayons gamma ou X qui viennent heurter la Terre, explique le chercheur Tom Girard qui coordonne le projet. Notre objectif est de faire le tri parmi ces éléments pour trouver cette particule hypothétique grâce à un détecteur utilisant des microgouttelettes de fréon prêtes à exploser au moindre contact. Pour fonctionner, il nous fallait l’environnement très faiblement perturbé du LSBB. »
Les premiers résultats obtenus valent à l’expérience de figurer dans le Top 10 mondial des recherches les plus significatives sur la matière sombre galactique. Une autre équipe exploite les qualités de l’ancien poste de commandement suspendu sur d’énormes amortisseurs. Rien ne devait entraver un ordre de tir. Son blindage protège donc la pièce du moindre rayonnement électromagnétique risquant d’endommager les installations électriques. « Le bruit électromagnétique enregistré ici est l’un des plus faibles au monde », précise Stéphane Gaffet. Son équipe y a donc placé des sismographes pour disposer en continu d’une image tridimensionnelle des remous terrestres. « Grâce à cet outil, nous espérons comprendre les mécanismes de propagation et d’amplification des séismes », explique Stéphane Gaffet. Un comble pour le site qui fut chargé de faire trembler le monde.

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Vulgarisation scientifique

Classé dans : Info — deedoff @ 4:39

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Le bus de « C’est pas sorcier » en tournée.

Le célébre bus de l’émission de vulgarisation scientifique de France 3 « C’est pas sorcier fera pendant trois ans le tour de la France, apprend-t-on du magazine TV Grandes Chaînes.

Après un test concluant cet été en Bretagne, le camion-labo sillonnera la France entière à partir du 10 septembre.

Fred et Jamy donneront le coup d’envoi de ce tour de France.

Source

18 août, 2010

Cuprates supraconducteurs

Classé dans : Info — deedoff @ 20:26

Comme l’actualité n’est pas débordante ce soir concernant le domaine de ce blog, j’en profite pour passer un message de soutien à mon neveux qui, fin de congé oblige, s’est remis ardemment à la rédaction de sa thèse sur les cuprates supra-conducteurs (courage !).

Ne me demandez pas ce que c’est ni à quoi sa sert: je serais bien incapable de vous répondre, car je n’en sais rien ! (pour les curieux, wikipédia explique cela ici: cuprate semi-conducteur).

Néanmoins, le sujet des supra-conducteurs amène des choses plutôt rigolotes à voir comme ce train en lévitation, du plus bel effet.

http://www.dailymotion.com/video/x49emu

 

Régalez-vous, c’est de la science, et pis c’est tout !

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