Nucléaire Radioprotection et Internet

25 août, 2010

Le no man’s land des radiations à faibles doses

Classé dans : Info — deedoff @ 5:48

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Irradiation. Le mot évoque d’abord les conséquences effrayantes des bombes nucléaires et de la catastrophe de Tchernobyl, mais il appartient aussi à l’arsenal thérapeutique (imagerie, soins contre le cancer…). Plus subrepticement, il concerne notre environnement quotidien, siège d’une multiplicité croissante de radiations ionisantes à faibles doses d’origines naturelles ou technologiques, jugées sans danger car très largement inférieures au seuil de sécurité admis. Les conséquences réelles et à long terme de ce bruit de fonds demeurent cependant mystérieuses. Elles sont explorées par les recherches fondamentales du projet Risc-Rad.

Selon le Comité scientifique des Nations unies sur les effets des radiations atomiques (UNSCEAR), les rayonnements naturels du Soleil et de la Terre transmettent à chaque individu environ 2,4 milli-Siever (mSv) par an. Les activités humaines nous exposent à une dose supplémentaire de radiations, en particulier les techniques de pointe de diagnostic médical non invasif (radiographie, CT-scanner) de plus en plus répandues dans les pays industrialisés. L’UNSCEAR estime à environ 1,2 mSv/an la dose individuelle moyenne reçue dans ce cadre.

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En savoir plus ici.

24 août, 2010

Apprendre n’est pas comprendre !

Classé dans : Info — deedoff @ 21:53

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Apprendre, comprendre, s’approprier des savoirs, n’est-ce pas un des enjeux du troisième millénaire. Des individus plus cultivés, plus épanouis, plus ouverts n’est-ce pas un atout déterminant dans la lutte économique et technologique ou face aux périls écologiques ? Sortir des habitudes, rechercher et maîtriser des savoirs nouveaux, développer des compétences plus fondamentales, n’est-ce pas un “plus” pour gérer plus harmonieusement son corps ou ses relations aux autres, à la société ?
Pourtant plusieurs enquêtes réalisées par notre Laboratoire (LDES) montrent avec une régularité certaine que le savoir “passe mal”. Les évaluations entreprises mettent en évidence que les connaissances sont peu intégrées, même parfois chez les … professionnels. Surtout, elles paraissent rarement utiles aux yeux des apprenants qui s’efforcent sans peine de les oublier, du fait qu’elles s’avèrent peu mobilisables dans la pratique de la vie quotidienne.
Et cela au moment où la société se “scientifise” fortement. Regardons autour de nous l’influence que prennent les sciences et les technologies : informatique, télécommunications, énergies nouvelles, vidéodisques, supraconductivité, laser, nouveaux médicaments, produits lyophilisés, procréation artificielle, génie génétique, etc..

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On a retrouvé un des deux alligators fugueurs…

Classé dans : Info,Mise à jour — deedoff @ 20:48

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Petite info hors nucléaire, ou presque …on a perdu 2 crocodiles prés du site de Pierrelatte !

Deux bébés alligators de Chine ont disparu de la Ferme aux crocodiles depuis le 20 juillet. Les animaux, qui avaient été introduits la veille dans le nouvel espace extérieur de l’espace zoologique de Pierrelatte, mesurent moins d’un mètre et selon la préfecture de la Drôme, ne présentent aucun danger pour l’Homme.

Des recherches actives ont été menées autour du site de la Ferme aux crocodiles, sans résultat pour l’instant. « On a relevé des empreintes dans un champ de maïs avoisinant, mais je ne suis absolument pas sûr que ce soit celles d’un alligator, explique Samuel Martin, directeur de la Ferme aux crocodiles. On parle de disparition parce que cela peut-être le résultat d’un acte de malveillance ou d’un vol. En tant que technicien, j’estime qu’ils n’ont pas pu sortir tout seul. » Les deux reptiles appartiennent à une espèce très rare, et coûtent plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Une plainte a été déposée par la Ferme aux crocodiles fin juillet et les recherches se poursuivent. L’enquête menée par la gendarmerie et par la Direction départementale de la protection des populations n’a pas encore d’hypothèse vérifiable.

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Pour celles et ceux qui ne connaissent pas la Drôme, il existe une ferme aux crocodiles (oui des vrais, pas les sacs à main !) à proximité du site nucléaire de Pierrelatte.
Petite anecdote: cette ferme est chauffée par la chaleur véhiculée par le réseau d’eau de refroidissement de l’usine Eurodif, ce qui ne déplait pas à ces animaux à la peau dure mais qui ont besoin de beaucoup de chaleur. Voir l’article de la Provence => ici.

Je vous conseil d’allez visiter cette ferme. Allez-y à l’heure du déjeuner de ces petites bêtes, ça vaut sa larme de crocodile…pour cela renseignez-vous !

Visitez la ferme => ici.

Deedoff

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Les recherches autour de la disparition de deux alligators de Chine de la Ferme aux crocodiles de Pierrelatte il y a plus d’un mois continuent. Il y a quelques jours, des traces de crocodilien ont été signalées à 120 km de là, dans la région de Vitrolles (13). Si les enquêteurs ont pris l’information au sérieux, selon le vétérinaire et directeur de la Ferme aux crocodiles Samuel Martin, il n’est pas confirmé que les empreintes en question sont réellement celles d’un crocodile.

Le Dr Martin avoue être sceptique, d’autant que les marques auraient été aperçues près d’une route très fréquentée : “Ça me paraît être le comportement d’un animal qui connaît le milieu plutôt que celui d’un jeune reptile”.

Les enquêteurs n’ont pas pour autant délaissé les fouilles aux environs de la serre animalière. “Des terriers artificiels en PVC ont été installés dans le champ d’à côté”, ajoute le Dr Martin qui pense que les crocodiles auraient tendance à chercher un refuge. A noter que l’inspection des canaux par les services municipaux de Pierrelatte a été vaine de même que, semble-t-il, la visualisation des bandes de vidéosurveillance.

Aujourd’hui, la direction du site touristique – qui bat son record de fréquentation sur le mois d’août avec 90 000 visites – annonce qu’elle va renforcer les mesures de sécurité.

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Mise à jour du 07/10/10
On a retrouvé un des deux alligators fugueurs…

Depuis le 20 juillet, date de leur échappée, on ne savait pas où étaient passés les deux alligators de Chine fugueurs, rappelle Le Dauphiné.

Mais dans la nuit de mardi à mercredi, vers minuit, une dame qui sortait du restaurant et qui n’était pas effrayée, l’a aperçu sur une route à la sortie de la ville. Elle a arrêté sa voiture. Elle est descendue, a attrapé le petit crocodile et l’a enfourné dans un sac. Ensuite, elle s’est rendue à la gendarmerie où elle l’a déposé, toujours selon ce journal.

Le capitaine de gendarmerie n’en revenait pas ! Depuis 37 ans qu’il fait ce métier, « c’était la première fois qu’il accueillait un tel pensionnaire » . Faute de mieux, il l’a placé dans « la cellule de dégrisement ».

Mais, pour l’heure, on n’a trouvé aucune trace de l’autre alligator… Selon le Directeur de la ferme aux crocodiles de Pierrelatte, « c’est une espèce protégée » et il ne supporte pas les températures hivernales!

Et vous, auriez-vous attrapé ce crocodile avec les mains?

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L’uranium fait trembler les Québécois d’espoir et de peur

Classé dans : Info — deedoff @ 13:51

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Les perspectives radieuses de l’industrie nucléaire à travers le monde ont relancé l’intérêt pour l’uranium dormant dans le sous-sol canadien et, inévitablement, les appréhensions de ceux qui craignent la pollution radioactive de leur pays.

A Québec, devant l’hôtel du parlement de la Belle Province, d’étranges prospecteurs miniers installent leur campement à côté des fortifications de la vieille ville.

Ce sont en fait des militants écologistes qui ont obtenu par internet un permis d’exploration en bonne et due forme pour creuser sous le parlement québécois. Ils protestent ainsi contre l’exploration de l’uranium, alors que les élus en discutent en commission parlementaire.

« Les résidus miniers radioactifs, ça ne nous intéresse pas« , dit Marc Fafard, porte-parole de « Sept-Îles sans uranium« , un des groupes qui s’opposent à cette industrie.

« Et je pense qu’aucune municipalité dans notre région, ni le gouvernement, ne pourraient en assurer la gestion, une fois terminée l’aventure de l’extraction, qui dure habituellement une dizaine d’années« .

Le Canada est le numéro un mondial de l’uranium, fournissant quelque 30% de la production de ce minerai utilisé dans la fabrication de combustible pour les réacteurs nucléaires. Or, une centaine de nouveaux réacteurs doivent être lancés dans le monde d’ici dix ans.

Pour l’instant, l’uranium canadien provient de trois mines situées au nord de la province du Saskatchewan (ouest). La capitale provinciale Saskatoon accueillait d’ailleurs cette semaine une importante conférence internationale de cette industrie.

Mais l’appétit pour l’uranium déborde les frontières de cette province. Plusieurs compagnies lorgnent le Québec, où des dizaines de sites uranifères sont en cours d’exploration.

Des citoyens sont toutefois inquiets. En décembre dernier, une vingtaine de médecins de la petite ville de Sept-Îles, dans la première région concernée, dans le golfe du Saint-Laurent, menaçaient de démissionner en bloc pour faire pression sur le gouvernement, craignant pour la santé de la population.

Au même moment, des manifestations contre l’uranium faisaient la manchette des journaux de la province.

Les opposants au nucléaire demandent un moratoire de trois ans sur l’exploration et l’éventuelle exploitation de ce minerai, le temps que la population s’informe et décide si elle veut de cette industrie.

Une demande « ridicule » qui ferait fuir les investisseurs, affirme Yvan Loubier, porte-parole de la société Uracan, qui fait actuellement de l’exploration dans le nord du Québec.

Face à cette opposition citoyenne, les sociétés minières se défendent d’être des pollueurs.

« Il est clair que ça ne comporte pas de danger pour la santé, ni pour la sécurité« , explique M. Loubier, invoquant les 60 ans d’expérience d’exploitation en Saskatchewan.

Mais cela ne convainc pas Marc Fafard: « L’industrie nous ment. C’est ridicule, c’est frustrant« , dit-il.

« Le nord du Québec, c’est un grand réseau de lacs interconnectés, les risques sont trop élevés« , fait-il valoir, expliquant que des contaminants radioactifs risquent de se retrouver dans les rivières qui coulent vers les villes et les villages près du fleuve Saint-Laurent.

« L’exemple du Saskatchewan ne se compare pas avec le Québec« , insiste le militant écologiste.

Malgré leurs efforts, les arguments des opposants ne semblent pas convaincre le gouvernement de la province, qui a rejeté la demande de moratoire dès le début des travaux de la commission parlementaire.

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La mémoire des centres de stockage de l’Andra déposée aux Archives Nationales

Classé dans : Info — deedoff @ 13:32

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Le 6 juillet 2010, l’Andra a déposé aux Archives Nationales de Fontainebleau le complément quinquennal de la mémoire détaillée du Centre de stockage de la Manche (CSM) et du Centre de stockage de déchets de faible et moyenne activité de l’Aube (CSFMA).

Ce complément de la mémoire détaillée des centres de stockage rassemble,

  • pour le CSM : 245 documents techniques et d’études concernant la couverture, les éléments de sûreté et la surveillance de l’environnement de 2004 à 2008,
  • pour le CSFMA : 1567 documents techniques relatifs aux ouvrages de la tranche 4, de leur construction à leur fermeture.

Un double de ces documents, remis aux archives nationales tous les cinq ans, est également archivé sur les centres de stockage dans un espace dédié.

La conservation de la mémoire : une mesure de sûreté

Une installation de stockage de déchets radioactifs est conçue pour être sûre pendant une période dépendant de la durée de vie des déchets qui y sont stockés (au moins trois siècles pour le CSM et le CSFMA). Ainsi, pour éviter toute intrusion inopinée, une gestion responsable à long terme des centres de stockage implique la conservation et la transmission aux générations futures des principales données du stockage des déchets radioactifs.

Cette mémoire repose sur cinq dispositifs :

  • Deux dispositifs, à court et moyen termes, dits de mémoire active (de quelques décennies au siècle).
  • Trois dispositifs, à plus long terme, dits de mémoire passive (de quelques siècles au millénaire) dont fait partie la mémoire détaillée.

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Journée portes ouvertes au Centre de stockage de l’Aube

Classé dans : Info — deedoff @ 13:21

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Dimanche 12 Septembre, de 10h à 17h, venez visiter le Centre de stockage des déchets de faible et moyenne activité (plan d’accès) et échanger avec le personnel de l’Andra. Au programme : découverte, à bord d’un petit train, des activités du site (contrôles et stockage des colis de déchets, surveillance de l’environnement, construction de nouveaux ouvrages…). En savoir plus

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Le dragage du Rhône aggrave-t-il la pollution ?

Classé dans : Info — deedoff @ 11:01

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Le dragage du Rhône, au niveau d’Avignon, fait des remous, et pas seulement dans les eaux sombres du fleuve. Pendant tout le mois de juillet, le chenal de navigation, entre le port du Pontet et le pont Daladier, a ainsi été dragué par la Compagnie nationale du Rhône (CNR) sous l’oeil inquiet des riverains et du Collectif antinucléaire 84. Environ 20 000 m 3 de graviers ont été extraits puis redéposés dans une fosse naturelle du fleuve, au niveau du pont de l’Europe.
La crainte : « Que les sédiments brassés par la dragueuse ne dispersent dans le fleuve des polluants très toxiques comme les PCB, mais aussi du tritium et du plutonium, issus des rejets des centrales nucléaires de Marcoule et du Tricastin », explique Jean Revest, un des porte-parole du Collectif.

A Avignon, Benoît Massoteau, membre du collectif Domicile fluvial, vit sur sa péniche depuis des années : « Le Rhône, je le connais comme ma poche, en surface mais aussi au fond où je plonge pour surveiller la coque de mon bateau. J’habite en aval du dragage et j’ai bien vu qu’ils n’ont pas sorti que du gravier. Il y avait aussi du limon. C’est grave car ça remet en suspension les PCB qui étaient confinés dans la vase et que les poissons vont concentrer. Lors de l’enquête publique, il avait même été évoqué de bétonner le fond du Rhône pour confiner une pollution impossible à traiter. » Le pénichier amoureux du Rhône suit d’un oeil attentif la gestion du fleuve dont le dragage a été confié pour dix ans à la CNR, après enquête publique. « Le bras d’Avignon doit être découpé en trois tronçons sur chacun desquels 5 000 m 3 de matériaux doivent être enlevés. On est déjà à 20 000 m 3 sur ce premier tronçon ! » Et ce qui alarme Domicile fluvial autant que le Collectif antinucléaire 84, « c’est que les analyses de contrôle de pollution ne sont pas faites en amont ni par une instance indépendante. La CNR ne peut pas être juge et partie nous semble-t-il », s’insurge Jean Revest.
« Tout ce qu’on demande, insiste Benoît Massoteau, c’est de pouvoir voir ces analyses que la CNR prétend faire et auxquelles nous n’avons pas accès. Si des seuils de pollution sont dépassés, les déchets sont censés être stockés hors de l’eau et ne pas être immergés plus loin.
» « On veut juste vérifier, c’est un acte citoyen alors qu’il y a des inquiétudes sur l’environnement et la santé », martèle le Collectif antinucléaire 84.

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Premier bilan pour le LHC

Classé dans : Info — deedoff @ 4:48

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Comme nous l’avait déjà prédit, deux physiciens travaillant au LHC, Jessica Leveque et Alexandre Zabi, les détecteurs Alice, Atlas, CMS et LHCb, n’ont pas encore découvert de nouvelles particules et encore moins des signes de l’existence du boson de Higgs. Bien que la luminosité du LHC ait été multipliée par plus de mille en quelques mois, c’est encore trop peu pour espérer créer de telles particules. Comme prévu, il n’y a pas encore eu un nombre suffisant de collisions pour avoir la chance d’en produire quelques-unes qui soient détectables.

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23 août, 2010

Des réacteurs nucléaires ont fonctionné sur terre il y a 2 milliards d’années !

Classé dans : Info,Mise à jour — deedoff @ 21:37

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Il y a 2 milliards d’années, le taux d’uranium 235 présent dans l’uranium naturel était de 3,6 %, donc beaucoup plus important qu’aujourd’hui (0,7 %) du fait que la période (demi-vie) de l’isotope 235 (710 millions d’années) est plus courte que celle de l’isotope 238 (4,5 milliards d’années). Par conséquent, l’uranium naturel pouvait alors déclencher la réaction en chaine dans la nature.

Aussi extraordinaire que cela puisse paraître, les conditions nécessaires pour atteindre la criticité (enrichissement ad hoc, forte concentration de l’uranium dans le minerai, présence d’eau en quantité suffisante, absence d’éléments trop absorbants) furent effectivement réunies il y a 1950 millions d’années sur le site d’Oklo au Gabon, où plusieurs réacteurs naturels ont pu fonctionner spontanément durant plusieurs milliers d’années en dégageant de la chaleur (quelques dizaines de kilowatts) par fission comme le font aujourd’hui les centrales nucléaires conçues par l’homme !

L’observation d’une anomalie de teneur isotopique d’un échantillon d’uranium naturel au cours d’une analyse de routine effectuée à l’usine d’enrichissement de Pierrelatte en juin 1972 est à l’origine de la découverte du phénomène d’Oklo.

L’enquête qui fut aussitôt menée permit de remonter le cycle du combustible jusqu’à l’extraction du minerai effectuée par la société COMUF (Compagnie des mines d’uranium de Franceville) qui exploitait au Gabon les 2 sites uranifères d’Oklo et Mounana.

C’est alors qu’on découvrit par forage carotté du site d’Oklo, des échantillons de minerai d’uranium dont la teneur en uranium 235, étonnamment basse, pouvait atteindre 0,4 % au lieu de 0,7 % !

Les spéculations fusèrent tous azimuts pour tenter d’expliquer ce phénomène singulier : certains avancèrent l’hypothèse d’une contamination du terrain par de l’uranium en provenance d’une centrale nucléaire, ou encore la possibilité de fractionnement de la teneur isotopique de l’uranium. D’autres évoquèrent l’éventualité d’un impact de fragments d’antimatière. Des esprits imaginatifs avancèrent même que cette découverte apportait la preuve irréfutable de la venue sur notre planète de voyageurs extraterrestres …

En fait l’hypothèse de réactions en chaîne au sein du gisement d’uranium d’Oklo à une époque très ancienne fut vite validée par les experts chargés du dossier, qui mirent notamment en évidence l’existence de produits de fission qui, bien que disparus depuis longtemps étant donné leurs courtes périodes radioactives, avaient laissé l’empreinte de leur passage à travers le témoignage de leurs descendants stables.

Le phénomène d’Oklo a pu être observé grâce à la conjonction de circonstances incroyablement favorables : les zones de réaction sont en effet restées confinées en profondeur (plusieurs centaines de mètres) dans une région qui n’a connu aucun bouleversement géologique important en 2 milliards d’années, et ce n’est qu’à une époque très récente que des phénomènes d’érosion ont amené les réacteurs au voisinage de la surface, permettant alors leur découverte par l’homme.

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Voir aussi le pdf « Une centrale nucléaire de deux milliards d’années au secours de nos déchets radioactifs ? »

Geyser nucléaire

Le réacteur nucléaire fossile d’Oklo, au Gabon, vieux de deux milliards d’années, fonctionnait comme un geyser ! C’est ce qu’avancent des physiciens américains. En mesurant les abondances des différentes formes de l’atome de xénon dans des phosphates d’aluminium, les chercheurs ont décrit un cycle de trois heures : La réaction en chaîne s’amorce d’abord dans le sédiment très riche en uranium 235. La température s’élève, de l’eau est vaporisée. Cette vapeur d’eau intercepte les neutrons libérés par la fission de l’uranium et bloque ainsi la réaction en chaîne. Résultat, la température chute, la vapeur se condense et les neutrons reprennent leur course. Au bout de deux heures trente, la réaction en chaîne reprend. Et ainsi de suite durant près de 150 000 ans…

A. P. Meshik et al., Phys. Rev. Letters, 93, 182302, 2004.

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Le débat public sur le nucléaire est impossible

Classé dans : Info — deedoff @ 15:30

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Le second débat public sur un projet de centrale nucléaire en France vient de se terminer. Comme le premier, il s’est déroulé dans l’indifférence quasi générale, alors qu’un tel sujet avait théoriquement tout pour passionner les foules. Pourquoi ?

Le débat public du projet Penly 3 est officiellement clos depuis le 24 juillet 2010 et son  bilan est des plus maigres. Pourtant, la Commission particulière chargée de l’organiser a joué le jeu avec beaucoup de compétence, elle s’est démenée sans relâche pour lui donner du sens et tenter d’intéresser tous les publics. La publicité des réunions a également été bien faite, relayée par les media locaux. Peine perdue, tout au long des 13 réunions publiques, l’assistance n’a pas souvent dépassé cent personnes auxquelles il faut retrancher les 30 à 50 de la « caravane du tour », définie avec un peu d’ironie par un  de ses membres comme « ceux qui sont payés pour y aller » et la vingtaine de courageux antinucléaires qui se sont forcés à participer à toutes les réunions. La Commission a aussi fait retransmettre les réunions en direct sur Internet. Las, les 50 connections simultanés n’ont jamais été dépassées.

Grosso modo et en étant très optimiste, on peut tabler que 1 000 personnes différentes ont participé au débat public. A 1 million d’euros le débat, l’addition est assez salée : 1 000 € par tête. Ce n’est pas l’argent du contribuable, seulement celui d’EDF, mais est-ce bien raisonnable tout de même ?

Lors du débat public de Flamanville 3, il y a un peu plus de 4 ans, la désaffection fut identique. A l’époque, les critiques étaient allées bon train : un débat d’intellos pour des intellos avec des réunions publiques aux quatre coins de la France ne pouvait pas intéresser le grand public. Il faut dire que le Président de la Commission de l’époque y était allé fort, il n’avait rien moins affiché que son ambition de « donner à la France le débat sur l’énergie dont elle a été privée ». Ce fut un magnifique fiasco qui fait encore frémir la Commission nationale du débat public (CNDP).

Rien de tout cela pour le débat Penly 3 : une Commission particulière à l’écoute des vrais gens, sans visées mégalomaniaques et qui a organisé un débat de proximité selon les canons de la CNDP. Re-flop.

Comme pour Flamanville 3, les opposants nationaux ont savonné la planche en snobant le débat. La palme revient aux associations d’intellos et leurs experts (WISE, Global Chance, GSIEN…) qui n’ont pas particpé au motif que la Commission particulière ne les avait pas suppliés de venir. De leur côté, Greenpeace et le réseau Sortir du nucléaire ont jugé que ce débat ne servait à rien…  Les opposants institutionnels ne sont pas à l’aise dans ce type de réunions qui ne passent pas au journal télévisé de 20h et où EDF peut répondre à leurs attaques. Faut-il y voir la raison de leur fuite  systématique ?

Heureusement, l’association STOP-EPR a bravé l’interdit du réseau pour donner un peu d’animations aux réunions. Il faut leur rendre hommage, car ils se sont bien battus : quand on n’a que sa bonne volonté, ce n’est pas facile d’argumenter face à EDF qui déploie des moyens considérables pour avoir réponse à tout (experts, communicants, consultants…).

Ce déni de la plupart des opposants n’explique que très partiellement l’absence d’intérêt du « vrai » grand public. La raison en est beaucoup plus simple et maintenant nous en avons la preuve : à 18 ou 19 heures un soir de semaine, M. Toutlemonde a autre chose à faire que d’aller voir pendant 3 heures des hurluberlus s’invectiver sur des sujets qui ne le concernent pas directement et pour un projet pas trop dérangeant. Quand on a déjà deux réacteurs nucléaires à côté de chez soi, en service depuis vingt ans, l’annonce d’un troisième ne fait ni chaud ni froid.

L’immense intérêt de ces deux débats publics sur le même objet, mais  de conceptions totalement différentes,  est de démontrer qu’il est impossible de débattre du nucléaire.  Les responsabilités sont tout à fait partagées entre les opposants et le lobby nucléaire. Chaque bord accuse l’autre d’être instrumentalisé et de ne savoir manier que la langue de bois. Ce n’est pas faux…

Il serait trop long d’expliquer ici pourquoi on en est arrivé là. Voyons simplement, à l’analyse du débat de Penly 3, quels sont les symptômes.

Les représentants d’EDF, parfaits technocrates au sang froid, savent tout, ont réponse à tout, ne font jamais d’erreurs et éludent avec élégance tous les sujets qui fâchent, n’hésitant pas à se retrancher derrière l’Autorité de sûreté nucléaire ou l’Etat quand les questions deviennent un peu gênantes. Pendant les 4 mois du débat et les 13 réunions publiques, leur ligne de conduite n’a pas varié d’un iota.

De l’autre côté, les opposants manquent de formation et de professionnalisme : ils ne connaissent pas bien le sujet et ne savent pas mettre en difficulté EDF. Ils n’ont à leur disposition que le vade-mecum du parfait antinucléaire concocté par la maison mère.  Leurs tentatives pour culpabiliser EDF sont maladroites et vaines, même si quelquefois l’émotion passe. 

En résumé, ces joutes verbales n’ont servi à rien. La CNDP aurait pu réduire le programme du débat public de Penly 3 à une ou deux réunions, sans que le résultat en fût changé d’un iota. Alors, faut-il pleurer toute cette énergie et cet argent dépensés en pure perte, d’autant qu’il est assez probable que le projet soit finalement retardé ?

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