Nucléaire Radioprotection et Internet

12 août, 2010

Incendies/Finlande: radioactivité normale

Classé dans : Info — deedoff @ 23:21

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La radioactivité est normale en Finlande dans les zones affectées par des fumées venues des gigantesques incendies en Russie, qui ont notamment brûlé des territoires contaminés par l’accident nucléaire de Tchernobyl, a annoncé aujourd’hui l’autorité finlandaise de sûreté nucléaire (STUK).

« Le Stuk a analysé des échantillons provenant de Helsinki, de Kotka et Imatra. Selon les mesures effectuées, les incendies de forêt n’ont pas augmenté la radioactivité au-dessus de la normale », indique l’autorité dans un communiqué.

Les relevés de césium-137 « ne sont pas différents de ceux habituellement mesurés en Finlande, ce qui montre que les feux de forêt en Russie n’ont pas augmenté la quantité de césium radioactif », ajoute le STUK.

Le niveau de radiations par l’air en Finlande est « insignifiant pour la santé humaine », précise le STUK.

Des milliers d’hommes continuaient aujourd’hui à combattre les incendies de forêt en Russie, notamment près du centre nucléaire de Sarov, à 500 km à l’est de Moscou, où un nouveau foyer s’est déclaré, sur fond de craintes de propagation des retombées de Tchernobyl.

Source

Risque minime de dispersion de particules radioactives en Russie

Classé dans : Info — deedoff @ 14:00

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La craintes de voir les incendies de forêt près de Tchernobyl entraîner une nouvelle dispersion de particules radioactives dans les airs sont exagérées, affirment des scientifiques. Selon eux, les risques pour la santé sont minimes.

Même les pompiers luttant contre le feu dans la région de Briansk, polluée par des poussières radioactives lors de l’explosion du réacteur nucléaire de Tchernobyl, ne devraient pas courir un risque accru de contamination, assurent les experts.

« Nettement moins de 1% de la radioactivité totale dans la région sera remobilisée », assure Jim Smith, expert en Sciences de la Terre et de l’Environnement à l’université britannique de Portsmouth. En près d’un quart de siècle, la contamination radioactive a fortement diminué dans la région.

« La plus grande partie de la radioactivité se trouve dans le sol, qui ne sera pas affecté par les incendies, et seule une petite proportion se trouve dans la végétation », a expliqué M. Smith.

L’Institut français de Radioprotection et de Sûreté nucléaire et son homologue allemand ont jugé probable que les feux rediffusent une certaine quantité de radioactivité, mais que les risques pour la santé sont minimes et ne devraient pas d’avoir d’impact en Russie ou dans les pays voisins.

L’agence russe de protection des forêts a révélé que les feux ont ravagé quelque 4000 hectares de zones contaminées par des éléments radioactifs, dont près de 300 hectares dans la région de Briansk, près de la frontière ukrainienne.

Outre la région de Briansk, la lutte contre les flammes continuait dans la région de Nijni Novgorod, à 500 kilomètres à l’est de Moscou, où se trouve l’important centre de recherche nucléaire de Sarov. Le risque d’incendie reste important dans toute la Russie européenne.

Au total, selon un bilan officiel, les feux ont ravagé plus de 800’000 hectares et fait 54 morts. Un quart des cultures de céréales ont été perdues en raison de la sécheresse et de la canicule.

Source

En allant sur ce site, vous trouver des liens KML (fichier Google Earth) pour visualiser l’état des incendies en Russie ainsi que dans d’autres pays:

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Cela donne cela :

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Voir aussi ici une photo satellite, datée du 11/08/10, en haute résolution (250 m/pixel) des fronts d’incendie.

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Nota: Les petits carrés rouges correspondent aux zones de détection de l’incendie par le système Modis.

11 août, 2010

L’industrie nucléaire organise le non-suivi médical des travailleurs les plus exposés

Classé dans : Info — deedoff @ 17:42

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Annie Thébaud-Mony, sociologue, est directrice de recherches à l’Institut français de la santé et de la recherche médicale (INSERM). Pionnière de l’étude des conditions de travail dans les centrales, elle a publié L’industrie nucléaire – Sous-traitance et servitude (EDK/INSERM, 2001) qui fait référence en la matière (traductions en anglais et japonais en cours). Dans son nouvel opus, Travailler peut nuire gravement à votre santé (La Découverte, 2007), deux chapitres reviennent sur le sujet. Interview.

En sous-traitant les risques d’irradiation, l’industrie nucléaire «jouerait la montre» pour sauver sa peau, selon vous ?
L’industrie nucléaire est jeune. Elle manque de recul sur les effets sanitaires du travail sous rayonnements. En sous-traitant la maintenance, elle organise de facto le non-suivi des travailleurs extérieurs. Ceux-ci ont des parcours professionnels fort sinueux. Beaucoup vont de centrale en centrale, sont intérimaires, changent d’employeur après quelques années. Perdre la trace de ces travailleurs, qui sont les plus exposés, c’est barrer la route à une enquête de cohorte, c’est-à-dire un suivi médical sur plusieurs décennies d’une population particulière. Or ces enquêtes sont cruciales. Ce sont elles qui ont permis de démontrer la nocivité de l’amiante, par exemple. Ainsi, plus longtemps sera maintenue l’incertitude sur les effets cancérigènes des faibles doses de radiations, plus l’engagement mondial dans l’industrie nucléaire deviendra irréversible.

Une vaste étude épidémiologique (1) réalisée dans 15 pays sous la houlette du Centre international de recherche sur le cancer (une agence de l’OMS), a tout de même montré en 2005 un risque accru de mortalité par cancers de tous types chez les travailleurs du nucléaire…
Oui, mais les sous-traitants n’ont pas été inclus dans l’étude. Or, en France, ils reçoivent 80% de la dose collective annuelle prise par tous les travailleurs du parc nucléaire. Les travailleurs étudiés n’ont donc reçu que 20% des doses. Dans le protocole initial de l’étude, en 1990, les sous-traitants étaient pourtant identifiés comme groupe nécessaire à la validité de l’enquête. Deux ans plus tard, quand l’étude a démarré, travailler «sous contrat» était devenu un critère d’exclusion. Précisons par ailleurs que l’industrie nucléaire a largement financé cette enquête.

D’autres groupes à risque ont-ils été exclus ?
Oui. Sur les quelque 600.000 travailleurs initialement admis à l’enquête, plus de 210.000 ont été exclus. Parmi eux, environ 110.000 personnes ayant travaillé moins d’un an, 40.000 ayant subi des irradiations internes, 40.000 n’ayant pas porté de dosimètre et 20.000 ayant été exposés aux neutrons. Ces exclusions constituent un biais majeur. Tous ces travailleurs ont en effet été exposés. Exclus de la population étudiée, ils ont été inclus de fait dans la population générale de référence. Celle-ci englobe en outre les riverains d’installations nucléaires et les populations irradiées ou contaminées par le nuage de Tchernobyl. Cela gonfle artificiellement le nombre de cancers dans la population générale et réduit l’écart de risque entre les travailleurs étudiés et la population générale.

Comment les syndicats ont-ils accueilli cette étude ?
En France, la CGT (Confédération générale du travail, premier syndicat français, NDLR) a demandé la diminution par un facteur trois ou quatre de la norme individuelle d’exposition annuelle en vigueur en Europe, qui est aujourd’hui de 20 millisieverts (mSv). Ils rejoignent ainsi les experts indépendants du Comité européen sur le risque de l’irradiation, qui préconisent depuis 2003 une limite annuelle de 5 mSv pour tous les travailleurs du nucléaire.

Propos recueillis par D.L.

(1) «Risk of cancer after low doses of ionising radiation : retrospective cohort study in 15 countries», Cardis et al., British Medical Journal, 2005. C’est la seule étude épidémiologique d’envergure sur le sujet.

Sources: ici ou ici.

Georges Charpak et d’autres scientifiques invitent à renoncer au réacteur à fusion nucléaire Iter

Classé dans : Info — deedoff @ 5:38

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Le prix Nobel de physique Georges Charpak et d’autres scientifiques invitent à « renoncer » au projet de réacteur expérimental international à fusion nucléaire Iter, qui est « hors de prix et inutilisable », dans une tribune publiée mardi dans le quotidien Libération.
« Le coût de construction d’Iter venant de passer de 5 à 15 milliards d’euros, il est question d’en faire subir les conséquences aux budgets de financements de la recherche scientifique européenne », menaçant « de nombreuses recherches autrement plus importantes », s’inquiètent-ils.
« C’est exactement la catastrophe que nous redoutions », écrivent MM. Charpak, Jacques Treiner (Université Pierre et Marie Curie, Paris) et Sébastien Balibar (Ecole normale supérieure), assurant qu’il est « grand temps de renoncer » à Iter, qui doit être construit à Cadarache (Bouches-du-Rhône).
« Si l’on continue, tous les secteurs de la recherche vont souffrir », soulignent-ils.
Contrôler la fusion nucléaire est un « rêve ancien ». La « méthode consiste à chauffer un mélange d’hydrogène lourd (un plasma de deutérium et de tritium) jusqu’à 100 millions de degrés », pour que les noyaux d’atomes fusionnent, en dégageant une énergie colossale, rappellent ces scientifiques.
Mais cela implique, écrivent-ils, de « surmonter trois difficultés majeures: maintenir le plasma à l’intérieur de l’enceinte, produire du tritium en quantités industrielles et inventer des matériaux pour enfermer ce plasma ».
Or, « c’est seulement à partir de 2019 qu’Iter doit commencer à étudier la première de ces difficultés », et la troisième semble « la plus redoutable ». Pour ces scientifiques, on est donc « loin de la mise au point d’un prototype de centrale électrique » et de « l’avènement d’une nouvelle filière de production d’énergie ».
Ils estiment donc qu’au « lieu d’investir dans Iter, la communauté internationale et surtout l’Europe feraient mieux de reconstruire » une centrale nucléaire de quatrième génération, « afin d’améliorer ce que Superphénix nous a déjà appris ».
Les réacteurs nucléaires de quatrième génération, encore au stade de la recherche, pourraient transformer les déchets actuels en combustible et fournir « ainsi une énergie propre pour au moins cinq mille ans », assurent ces scientifiques.

Source

10 août, 2010

Dans le cochon, tout n’est pas toujours bon

Classé dans : Info — deedoff @ 14:08

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Vingt-cinq ans après la catastrophe de Tchernobyl, les sangliers contaminés par des déchets radioactifs sont rachetés par le gouvernement allemand.

C’est bien connu, tout est bon dans le cochon, et son cousin sanglier ne fait pas exception. Il est même si brave que, lorsqu’il ne peut plus être mangé, il rapporte encore de l’argent. Comme en font l’expérience les chasseurs allemands. C’est à la catastrophe de Tchernobyl que les fines gâchettes germaniques doivent cette compensation.

Près de vingt-cinq ans après l’explosion de la centrale ukrainienne, une grande partie des sangliers tués en Allemagne ont un taux de contamination au césium dix fois supérieur à la normale. Avec l’augmentation rapide du nombre de sangliers dans les touffues forêts allemandes, le processus de rachat a pris une ampleur sans précédent : le gouvernement a dépensé 424.000 euros l’an dernier pour racheter les bêtes immangeables, contre seulement 240.000 euros en 2006. Les champignons, truffes et baies sauvages dont se nourrissent ces gros cochons poussent sur des terres non agricoles où les éléments radioactifs sont constamment recyclés par la nature. Et sont donc contaminés. L’agence fédérale allemande de protection contre la radioactivité se veut toutefois rassurante. Il n’y a pas de risque de tomber gravement malade après avoir succombé aux charmes rôtis du sanglier sauvage, une délicieuse spécialité des Biergarten (bars à bière en plein air), dont raffolent les Allemands l’été.

Source

Calcul dosimétrique d’incorporation du sanglier ici.

La France guette une éventuelle pollution radioactive

Classé dans : Info — deedoff @ 14:04

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Les incendies de forêt en Russie suscitent aussi l’inquiétude dans l’Hexagone. L’association écologiste Robin des Bois a mis en garde, jeudi, contre le risque de retombées radioactives en Europe qu’ils pourraient générer. Un danger jugé suffisamment sérieux pour que l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) se soit engagé à surveiller la situation de près.

« Ces incendies de forêt posent deux questions : si ces incendies touchent des territoires contaminés lors de l’accident de Tchernobyl, les particules radioactives remises en suspension lors de la combustion du bois peuvent-elles atteindre la France ? Ces incendies menacent-ils la sûreté de certaines installations nucléaires russes ? », s’interroge l’IRSN. De con côté, Robin des Bois fait part de son « inquiétude particulière » pour « le site secret Arzamas 16, à 60 km de la ville de Sarov, qui abrite depuis 1946 un centre russe d’expérimentations et d’activités nucléaires ». « De Staline à Poutine, Arzamas 16 (…) a servi de site de stockage de plutonium, d’uranium enrichi, d’assemblage et de désassemblage de bombes nucléaires et sans aucun doute aussi de dépotoir de déchets », explique l’association.

Les autorités russes ont fait évacuer mercredi des matériaux explosifs radioactifs du centre nucléaire russe de Sarov, à 500 km à l’est de Moscou, en raison des incendies qui le menacent. Jeudi, le gouvernement russe a fait part de sa crainte que les incendies se propagent à une zone irradiée par l’explosion en 1986 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, ce qui pourrait renvoyer des particules radioactives dans l’atmosphère.

L’IRSN se veut rassurant

Robin des Bois s’inquiète d’ailleurs de cette possibilité : « Les incendies à l’ouest de la Russie peuvent aussi concerner des forêts touchées par les retombées de Tchernobyl. Les dépôts atmosphériques radioactifs sont remobilisés par les incendies. » Et de rappeler qu’ »en 2003, les émissions radioactives issues de l’incendie des forêts de résineux de l’est du Kazakhstan à proximité du centre d’essais nucléaires de Semipalatinsk ont été détectées au Canada ». En été 2003, les cendres et les suies des incendies dans la région de Saint-Pétersbourg ont provoqué une concentration importante de particules et une pollution atmosphérique en Finlande, en Écosse et dans le nord de l’Angleterre, ajoute Robin des Bois.

Sur ce dernier point, l’IRSN va opérer une surveillance « au suivi des particules ». Il affirme qu’il « pourra disposer dans quelques semaines des résultats de mesure » en cours, et assure qu’il les présentera « dès qu’ils seront disponibles ». Mais, d’ores et déjà, il se veut rassurant quant à leur diffusion vers l’Hexagone : « D’éventuelles traces de pollution radioactive (…) ne pourront être décelées que si la France est exposée au panache de fumées. Or, depuis ces derniers jours, le territoire est plutôt sous des vents orientés nord-ouest », explique l’IRSN. « En tout état de cause, affirme-t-il, les niveaux d’activité susceptibles d’être observés en France à la suite de tels phénomènes ne sont pas de nature à provoquer une inquiétude d’ordre sanitaire. »

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Le bon filon du démantèlement

Classé dans : Info — deedoff @ 13:44

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Entreprises de génie civil, de mécanique ou de conditionnementde déchets s’activent sur le marché de la déconstruction d’installations nucléaires, promis à un fort développement ces dix prochaines années.

Début février, chez Onet Technologies, on a sabré le champagne. La société marseillaise a décroché trois beaux contrats dans le nucléaire auprès d’EdF. Il ne s’agissait pas de participer à la construction d’un nouveau réacteur… mais d’en détruire des vieux : démantèlement des échangeurs de Chinon 3 (Indre-et-Loire), décontamination et démantèlement du circuit primaire de Chooz A (Ardennes), et démantèlement complet (avec l’allemand Nukem) du bloc réacteur de Brennilis (Finistère). Montant total : 120 millions d’euros.

Pour Onet comme pour ses concurrents, ce n’est qu’un début. Trente ans après son déploiement massif en Europe, le parc nucléaire a vieilli et s’approche de la retraite. Pour les géants du génie civil, les spécialistes de la robotique en milieu hostile et les découpeurs de tuyauterie industrielle, un fabuleux marché s’ouvre. D’après la Commission européenne, 50 à 60 réacteurs sur les 157 en service dans l’Union devraient être démontés à l’horizon 2025. Sachant que le coût par réacteur est évalué à 10 ou 15 % de l’investissement initial, les sommes en jeu sont énormes. La Cour des comptes les chiffre entre 20 et 39 milliards d’euros pour le seul parc français. Le démantèlement de Brennilis a déjà coûté 482 millions d’euros alors que le « niveau 3 » – la dénucléarisation totale – n’a pas débuté.

Si le gros du marché, les centrales EdF, reste encore à conquérir, les premiers chantiers ont déjà commencé. Les réacteurs de puissance les plus âgés, en particulier ceux de la génération graphite-gaz comme dans le Bugey (Ain) ou ceux du parc britannique, sont déjà arrêtés. « Nous calons notre rétroplanning sur l’ouverture du centre de stockage des déchets de faible activité à vie longue (FAVL), promise pour 2019. A cette échéance, nous pourrons traiter le bloc réacteur, puisque les déchets qui en seront issus, notamment le chlore 36, disposeront d’une filière. D’ici là, on doit traiter l’amont, et il faudra bien dix ans pour cela », note Serge Klaeylé, le directeur du Ciden, le centre d’ingénierie de la déconstruction d’EdF.

Mais avant, il y a de multiples réacteurs de recherche et usines de transformation du combustible à traiter. Spie Nucléaire s’en est fait une spécialité. Cette entreprise de 150 millions d’euros de chiffre d’affaires et 1 500 salariés affiche une croissance de 10 à 20 % par an. « Le démantèlement fait intervenir tous les corps de métiers de l’électromécanique : ventilation, électricité, tuyauterie, soudure, etc. Nous les avons réunis en une prestation clés en mains hors génie civil », expose David Guillon, un des responsables de ce marché chez Spie. Le cas échéant, l’entreprise s’associe avec un spécialiste du génie civil, sous forme de groupement dont elle est mandataire. Et c’est fréquent, car, paradoxalement, avant de déconstruire, il faut construire : ateliers de découpe, stations de traitement d’effluents, bâtiments d’entreposage de déchets sont nécessaires.

Traditionnellement, les appels d’offres sont fragmentés en plusieurs lots. Un démontage de réacteur de puissance donne lieu à huit ou dix passations de marchés. Sur Chooz A, par exemple, le lotissement est détaillé entre démantèlement de la salle des machines, modifications de génie civil, protection incendie, ventilation, auxiliaires nucléaires, circuit primaire hors cuve, traitement de la cuve, assainissement. « Comptez 6 à 10 millions d’euros pour un lot moyen, 20 à 70 millions pour un gros contrat intégré », calcule Philippe Gros-Gean, le directeur du développement d’Onet Technologies.

EN FRANCE, UN MICROCOSME D’UNE VINGTAINE DE SOCIÉTÉS

En France, le microcosme de la déconstruction comporte « un noyau d’une vingtaine de sociétés », selon Jean-Pierre Rozain, le directeur du patrimoine et de l’assainissement du CEA, maître d’ouvrage de cinq grands chantiers en France. Outre Spie Nucléaire, les grands noms sont Onet Technologies, avec ses filiales Comex, Onectra ou Sogedec, Vinci et sa nouvelle entité Nuvia. Et naturellement Areva, qui a la particularité d’être à la fois maître d’ouvrage, maître d’oeuvre (comme sur l’usine de retraitement UP2 de La Hague) et prestataire (à Marcoule, pour le CEA). L’entreprise dirigée par Anne Lauvergeon a mis sur pied une branche ad hoc nommée « valorisation des sites nucléaires » (350 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2008) qui compte plusieurs filiales spécialisées comme STMI ou le chaudronnier isérois NNS (en coentreprise avec l’italien Ansaldo Nucleare).

Le marché français commence aussi à intéresser quelques étrangers. Comme l’allemand Sat, historiquement positionné sur le désamiantage mais visant « une part d’activité de 50 % dans le démantèlement au lieu de 10 % aujourd’hui », selon son patron pour la France, Jean-Christophe Hagniel, dont la société est intervenue sur le reconditionnement de déchets traités à Brennilis. Le belge Belgoprocess est pour l’instant resté dans ses frontières, mais pourrait partir à l’export. Les américains sont présents ailleurs en Europe sur des lots d’ingénierie. Il faut aussi compter avec les britanniques, avec en tête l’ingénieriste Amec et le groupe VT Nuclear Services. VT est présent sur l’ingénierie du démontage d’Ignalina, en Lituanie, et Bohunice, en Slovaquie, deux sites à réacteurs russes. Et qui sont parmi les plus gros marchés actuels en Europe.

LE MARCHÉ BRITANNIQUE EN LIGNE DE MIRE

Du côté des français, c’est le marché britannique qui est en ligne de mire. La plupart des acteurs ont racheté ou se sont alliés à un expert britannique, Freyssinet (Vinci) avec Nukem Ltd (lire l’encadré ci-dessous), Onet avec Gravatom. « Il faut avoir une base avancée sur ce marché, c’est important aussi pour de futurs contrats en construction neuve », commente Philippe Gros-Gean d’Onet Technologies, qui est également présent en Italie, Bulgarie, Roumanie, Slovaquie et Ukraine. Spie, pour sa part, ne franchira la Manche « que si [ses] donneurs d’ordres, Areva et EdF, y vont ». Areva VSN se dit « en veille ». Sa maison mère surveille la privatisation, annoncée il y a deux semaines et prévue pour fin 2009, de la filiale de l’autorité de sûreté nucléaire britannique dédiée au démantèlement (UKAEA Ltd).

Au-delà du déploiement commercial, les prestataires doivent affûter leurs technologies. Car le métier ne s’improvise pas. En France, les marchés liés aux activités de recherche du CEA, en particulier, exigent une grande technicité. C’est le cas pour la cuve du réacteur de recherche Siloé à Grenoble (contrat attribué à Quille), le réacteur à neutrons rapides Rapsodie de Cadarache (emporté par Nuvia), son cousin Phébus (appel d’offres imminent) ou le réacteur Phénix à Marcoule (Gard). Parmi les autres « oiseaux rares », on compte aussi l’ex-usine de retraitement UP1, qui pèse à elle seule les deux tiers du budget déconstruction du CEA, et bien sûr Superphénix à Creys-Malville (Isère), dont le lot traitement du sodium a été attribué à Areva. « Nous n’imposons pas de technologie mais un résultat », précise toutefois Serge Klaeylé, chez EdF.

ROBOTIQUE DERNIER CRI

Certaines interventions, notamment en « niveau 3 », sont télé-opérées et relèvent de la robotique dernier cri. « Nous préparons un programme de R et D sur la robotique et la visionique », annonce Arnaud Gay, chez Areva. De même, la dimension des pièces peut nécessiter un savoir-faire très particulier. « Nous expérimentons la décontamination sans découpe, notamment le retrait en une pièce des générateurs de vapeur de Chooz, des monstres de dix mètres de haut installés dans une caverne géologique », explique Philippe Gros-Gean. La découpe laser commence à arriver, ainsi que des procédés de décontamination sans effluents, comme l’azote liquide de STMI. Pour tous les acteurs, l’avance – technologique ou commerciale – prise aujourd’hui sera déterminante pour gagner sa place sur les marchés de l’avenir.

Source

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