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12 août, 2014

Accord Russie-Chine pour des centrales nucléaires flottantes

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Une filiale de Rosatom, Rusatom Overseas, a diffusé un communiqué le 29 juillet 2014, dans lequel elle affirme avoir signé un mémorandum avec l’entreprise publique chinoise CNNC (Compagnie nucléaire nationale chinoise) en vue de construire 6 réacteurs nucléaires flottants. Ce partenariat fait suite à un autre accord de principe quant à une collaboration dans le domaine de l’énergie datant de mars 2014.

D’après le directeur de Rusatom, Dzhomart Aliev, « les réacteurs nucléaires flottants disposent d’un potentiel important ». Il rappelle également que ceux-ci prennent « deux formes, les réacteurs flottants et les fixes ». L’objectif est de proposer des solutions énergétiques dans des lieux difficiles d’accès comme par exemple, le cercle Arctique ou les infrastructures pétrolières offshore.

Dans le même sens, un accord de 400 milliards de dollars avait déjà été signé fin mai 2014 concernant à un contrat d’approvisionnement en gaz. Le but pour la Russie est de diversifier ses partenaires énergétiques, qu’il s’agisse de recherches de débouchés ou d’ententes technologiques. Cette quête de nouveaux partenaires semble logique au vu des sanctions économiques prises par les États-Unis et l’UE envers Moscou. Ainsi, le mémorandum entre les deux pays fait date, à l’heure où l’Empire du Milieu est le premier consommateur mondial en matière d’énergie.

La Chine et la Russie devraient commencer à développer ce nouveau type de centrales atomiques pour 2019, après le lancement en 2018 de la première centrale nucléaire flottante, à Chukhotka en Sibérie. Cette centrale-test de petite capacité devrait permettre de résoudre les problèmes d’approvisionnement des régions russes isolées.

De fait, l’idée de construire des centrales nucléaires sur l’eau est loin d’être absurde car les avantages sont multiples. Tout d’abord, en cas d’arrêt de la centrale, il suffirait de « remorquer » le complexe nucléaire dans un lieu choisi pour procéder au démantèlement. De plus, le béton utilisé jusqu’ici pour bâtir des réacteurs pourrait être remplacé par de l’acier, plus économique et plus facilement transportable. Enfin, un système d’urgence de refroidissement du réacteur pour éviter sa fusion pourrait être installé. Ce mécanisme utiliserait l’eau sur place, qu’il n’aurait qu’à déverser sur le réacteur, situé en dessous du niveau de l’eau. Si on ajoute à ce dispositif une distance de 10km de sécurité autour de la centrale, le danger deviendrait quasi nul pour les populations avoisinantes.

Le rapprochement entre les deux pays sur ce projet est également en phase avec les axes d’expansion de Rosatom en Asie Pacifique, marché considéré par le géant russe comme stratégique. Pour rappel, toujours dans le cadre de cette dynamique d’internationalisation, l’acteur nucléaire russe collabore depuis peu avec les géants américains des nouvelles technologies comme par exemple IBM, dans le but de développer des logiciels et des technologies adaptés aux centrales nucléaires de demain. Toujours est-il que ce rapprochement, au-delà de l’enjeu technologique qu’il soulève pour l’ensemble de la filière nucléaire, est symptomatique des nouveaux rapports de force internationaux relatifs à la recherche dans le domaine de l’énergie. Un axe Pekin-Moscou qui ne devrait pas tarder à refaire parler de lui.

Thomas Perard

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