
Âgé de près de 50 ans, le réacteur Osiris devrait cesser son activité fin 2015. Situé sur le plateau de Saclay, dans l’Essone, ce réacteur nucléaire expérimental du Commissariat à l’Energie Atomique est l’un des huit réacteurs au monde à produire des radio-isotopes destinés à l’imagerie médicale. Sa fermeture pourrait donc être lourde de conséquences dans ce secteur. Osiris sert également à tester la résistance des matériaux utilisés dans les centrales nucléaires et à faire avancer la recherche dans ce domaine.
Le gouvernement refuse de prolonger la durée de vie d’Osiris
Le réacteur nucléaire expérimental Osiris avait été examiné par l’Autorité de Sûreté du Nucléaire en 2008. Elle avait préconisé sa fermeture en 2015. Le Commissariat à l’Energie Atomique avait demandé un délai de vie supplémentaire de 3 ans au gouvernement. Ce délai vient d’être refusé.
Le problème posé par cette fermeture est que le réacteur Osiris est le seul de son genre en France et un des seuls dans le monde. Il ne sera remplacé qu’en 2020 par le réacteur Jules Horowitz, en construction dans le sud de la France sur le site de Cadarache. Mais le gouvernement a refusé de financer les travaux lourds de remise aux normes d’Osiris qui auraient permis une prolongation de sa durée de vie jusqu’à cette échéance.
Les 80 salariés d’OSIRIS étaient en grève depuis le 23 juin, à l’appel des organisations syndicales (CGT et FO), pour demander le report de l’arrêt du réacteur. Les syndicats sont perplexes face à cette décision. Ils maintiennent que ce réacteur est le plus jeune de sa génération et qu’il est encore en très bon état. Ils ont écrit au préfet et au président de la République pour attirer leur attention sur les lourdes conséquences de cette décision.
Un problème pour la médecine nucléaire
Le réacteur permet tout d’abord aux équipes d’EDF de tester la résistance de matériaux utilisés dans les centrales nucléaires et de faire avancer la recherche dans ce domaine.
Mais surtout, la fermeture d’Osiris pourrait également provoquer une pénurie de radio-isotopes nécessaires à la médecine nucléaire. La radiothérapie, l’imagerie médicale, la scintigraphie et la stérilisation du matériel médical utilisent des isotopes particuliers, comme le Technétium 99. Seuls huit réacteurs dans le monde (Canada, Belgique, Pays-Bas, Afrique du Sud, Australie, Pologne, République tchèque) produisent cet isotope et Osiris assure 7% de la production mondiale.
Il est prévu que le réacteur canadien ferme ses portes en octobre 2016. Entre 2015 et 2016, le réacteur belge devrait quant à lui être arrêté pour des raisons de maintenance. Si Osiris arrête sa production fin 2015, l’Académie de Médecine annonce « une forte pénurie » des radio-isotopes entre 2016 et 2018. Lorsqu’une pénurie de la sorte s’est produite en 2009 après la fermeture d’un réacteur, le nombre d’interventions en médecine nucléaire avait chuté de 22%.
Pour Karine Robert, « c’est non seulement un problème sanitaire, avec une pénurie de composants nécessaires à la médecine nucléaire à venir, mais aussi de savoir-faire que l’on perd en France ». Si la production française est interrompue pendant cinq ans, jusqu’à l’ouverture de Jules Horrowitz à Cadarache, la France risque de perdre son avantage face à la concurrence étrangère.
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