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17 novembre, 2013

Comment réduire le volume des déchets nucléaires de 90% ?

Classé dans : Info — deedoff @ 11:50

Comment réduire le volume des déchets nucléaires de 90% ? dans Info cea2001003340

Des chercheurs de l’Université de la Faculté de génie de Sheffield (GB), ont montré qu’en combinant des déchets contaminés par du plutonium avec du laitier de haut fourneau* réduisait son volume de 85 à 95% après la phase de vitrification.

De plus, ce procédé industriel permettrait de figer de manière efficace la radioactivité du plutonium, créant au final un matériau stable.

Pour les scientifiques, cette approche pourrait s’appliquer pour traiter les déchets radioactifs issus de la centrale nucléaire endommagée de Fukushima au Japon, lors de son éventuel nettoyage.

« Le volume global des déchets contaminés par du plutonium provenant de l’exploitation et du démantèlement des réacteurs au Royaume-Uni pourrait être supérieur à 31.000 m3, soit suffisamment pour remplir 7 fois la tour de l’horloge de Big Ben » a précisé le professeur Neil Hyatt. « Notre process réduirait ce volume de déchets pour tenir parfaitement dans les limites d’un seul tour de Big Ben. »

Actuellement, le procédé de traitement pour les déchets contaminés au plutonium non-compactables implique l’encapsulation du ciment, un processus qui augmente généralement le volume global. « Si nous pouvons réduire le volume de déchets qui doit au final être stocké et enfouis dans le sol, on peut alors réduire considérablement les coûts. Dans le même temps, notre procédé permet de stabiliser le plutonium dans un matériau résistant à la corrosion, ce qui devrait améliorer le dossier de sûreté et d’acceptabilité publique du stockage géologique » a t-il ajouté.

Les déchets contaminés au plutonium sont classés parmi les déchets de haute activité et à vie longue (HA-VL). Ils sont généralement vitrifiés. Il s’agit alors d’incorporer des effluents très radioactifs dans du verre en fusion et après refroidissement, la radioactivité est retenue prisonnière.

Bien que le but ultime pour les déchets de haute activité reste à ce jour le stockage géologique, aucun site d’enfouissement n’a encore été retenu au Royaume-Uni.

En utilisant le cérium comme substitut au plutonium, l’équipe de Sheffield a mélangé des déchets radioactifs avec du laitier de haut fourneau. L’ensemble a ensuite été chauffé pour aboutir à la phase de vitrification.

« Le cérium est connu pour se comporter de façon similaire au plutonium, » a expliqué le professeur Hyatt. « Notre méthode donne un produit final stable et robuste, car le traitement thermique détruit tous les plastiques et les matières organiques. C’est un avantage car il est toujours difficile de prédire avec certitude comment la dégradation des matières plastiques et organiques affecte le plutonium en sous-sol. »

Le professeur Hyatt indique travailler actuellement sur l’optimisation du procédé de vitrification avant de passer au stade de la démonstration proprement dite. Il prévoit également de réaliser des expériences sur du plutonium à échelle réduite.

** Le laitier est un coproduit de la métallurgie contenant des oxydes métalliques, essentiellement des silicates, des aluminates et de la chaux, qui sont formés en cours de fusion ou d’élaboration de métaux par voie liquide. De composition chimique très stable, il est souvent valorisé dans la fabrication de ciment ou, plus occasionnellement, dans la fabrication de verre.

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13 novembre, 2013

Cigéo: itinéraire des déchets HA de leur arrivée jusqu’à leur stockage

Classé dans : Info — deedoff @ 15:58
http://www.dailymotion.com/video/x105czv

Cigeo: le débat souterrain

Classé dans : Info — deedoff @ 14:50

Cigeo: le débat souterrain dans Info pho68fc0be6-ac40-11e2-8475-a0addd08338e-805x453

C’est la première fois que cela arrive! Le débat public sur le centre d’enfouissement des déchets hautement radioactifs à vie longue ne se déroule que sur Internet.

Un débat contradictoire filmé en studio sans public a lieu ce soir à 19h sur les coûts et financements du projet Cigeo.

10 000 m3 de déchets hautement radioactifs

La procédure menée par la commission nationale du débat public (CNDP) porte sur le devenir des déchets les plus dangereux issus des centrales électronucléaires et des centres de recherche civils et militaires. Une loi de 2006 retient la solution du stockage en profondeur de ces matériaux. Le débat actuel porte sur l’opportunité du projet Cigeo d’enfouissement des 10 000m3 de déchets hautement radioactifs et 70 000 m3 à moyenne activité sur le site de Bure (Haute-Marne). A cet endroit, un laboratoire souterrain expérimente depuis 2000 le comportement des matières nucléaires au sein d’une couche d’argile située à 500 mètres de profondeur.

Un débat sur la toile

En mai dernier, de vigoureuses manifestations ont empêché la tenue des premières réunions publiques. Les opposants ont stigmatisé un simulacre de concertation, la décision de construire le centre étant de toute façon prise. Devant l’impossibilité d’organiser des rencontres sur le terrain, le CNDP a décidé –grande première- de rapatrier la procédure dans le monde virtuel. Les contributions, cahiers d’acteurs, questions des individus passent donc désormais par un site unique. A ce jour, 467 questions et 319 avis ont été recensés. 55 « cahiers d’acteurs » (publications éditées par les entreprises, syndicats, administrations, associations concernées) sont parus et 6000 internautes ont suivi les débats comme celui qui aura lieu ce soir.

Cela permet « une interactivité nouvelle »

«Certes, nous n’avons plus le contact physique propre aux réunions publiques, mais d’un autre côté, la réorientation du débat, en s’appuyant sur Internet, a contribué à faire émerger une interactivité nouvelle» assure Claude Bernet, qui préside ce débat particulier. Il y a pourtant des sujets où un contact direct reste essentiel. C’est le cas notamment des questions d’aménagement local. Le 23 octobre dernier, le débat Internet a ainsi porté sur l’acheminement des déchets radioactifs sur les derniers kilomètres.

ACHEMINEMENT. Si le transport ferroviaire s’impose pour les trajets entre les centres actuels de stockage sur les sites des centrales nucléaires et dans les laboratoires, comment amener les « colis » de la gare la plus proche jusqu’à Cigeo, situé dans une zone rurale non desservie ? Faudra-t-il créer de nouvelles routes destinées aux seuls camions transportant des produits dangereux ? Créer de toute pièce une nouvelle ligne de chemin de fer ? Ces questions locales impactant la vie des populations riveraines n’auront été abordées que sur un media auquel tout le monde n’est pas connecté.

Nul doute que le déroulement du débat actuel et ses résultats seront disséqués par les pouvoirs publics et étudiés par les chercheurs en sciences humaines. En attendant, il vous reste jusqu’au 15 décembre pour donner votre avis.

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A Flamanville, les procédures judiciaires s’accumulent pour l’EPR

Classé dans : Info — deedoff @ 14:23

A Flamanville, les procédures judiciaires s'accumulent pour l'EPR dans Info epr

A Flamanville dans la Manche, le chantier du réacteur nucléaire EPR, dit de troisième génération, avance. Après la pose du dôme de près de 300 tonnes sur le bâtiment en juillet, la cuve en acier est arrivée le 7 octobre sur le site. Mais les ennuis ne sont pas terminés pour autant pour ce chantier qui devrait se terminer en 2016, avec quatre ans ans de retard. Outre les aléas techniques, les procédures judiciaires se multiplient.

Mardi 12 novembre, Bouygues, le géant du BTP chargé du génie civil, ainsi que deux entreprises sous-traitantes ont comparu devant le tribunal correctionnel de Cherbourg pour homicide involontaire, après la mort en 2011 d’un soudeur sur le chantier. EDF n’est en revanche pas poursuivie. Le procès a été reporté au 31 janvier à la demande d’un quatrième prévenu, un grutier intérimaire. Sous l’emprise de cannabis au moment des faits, il a demandé un délai pour préparer sa défense.

Le 24 janvier 2011, le soudeur, un père de famille de 37 ans, avait fait une chute mortelle de 18 mètres, la passerelle sur laquelle il se trouvait ayant été percutée par le chargement d’une grue. Bouygues est poursuivi « en sa qualité de responsable de la coordination de sécurité et attributaire du lot génie civil » du chantier, selon Eric Bouillard, procureur de la République de Cherbourg, indique l’AFP.

Bouygues, ainsi que l’employeur du grutier, Euridis-Normetal et la société Tissot, qui a mis à disposition la passerelle, sont accusées en tant que personnes morales pour « mises à disposition d’équipement de travail non conforme » et « insuffisance » du plan de sécurité, des « fautes » constitutives de « l’homicide involontaire ». Deux autres accidents mortels du travail étaient survenus sur ce chantier en 2011, dont un accident de la route d’un ouvrier qui rentrait chez lui.

« TRAVAIL ILLÉGAL » ET COTISATIONS NON PAYÉES

Bouygues n’en est pas à ses premiers soucis judiciaires. En février, le groupe avait été condamné par le conseil de prud’hommes pour le licenciement sans cause réelle ni sérieuse en 2010 de son chef de la sécurité sur le chantier. Il avait été renvoyé après avoir utilisé son « droit de retrait », prévu en cas de risque grave et imminent pour la santé et la sécurité. L’ex-chef de la sécurité avait décrit un « état sécuritaire du chantier où la notion de danger grave et imminent [était] permanente ». Le groupe a fait appel.

Un autre procès concernant Bouygues et deux sous-traitants du chantier de l’EPR pourrait avoir lieu en 2014 en correctionnelle, pour « travail illégal », selon une source judiciaire. « Les charges sont sérieuses », avait indiqué le procureur de la République de Cherbourg, Eric Bouillard, le 27 juin, après deux ans d’enquête préliminaire. Il décidera, d’ici à la fin de l’année, s’il engage ou non des poursuites.

Deux sous-traitants de Bouygues sont accusés de ne pas avoir payé leurs cotisations sociales : le roumain Elco et le chypriote Atlanco, avec qui Bouygues avait rompu son contrat en 2011. Les deux sociétés auraient une dette d’au moins 10 millions d’euros de cotisation à l’égard de l’Urssaf, en grande partie liée à l’EPR, selon le parquet. EDF n’est pas non plus inquiété sur ces affaires. Les prud’hommes de Cherbourg doivent rendre le 4 décembre une décision concernant la plainte de 62 salariés polonais de l’EPR, pour des problèmes similaires, dont 16 contre Bouygues, selon leur conseil.

ACCIDENTS DU TRAVAIL NON DÉCLARÉS

Dans cette affaire, il est aussi question de sous-déclaration d’accidents du travail. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait établi qu’en 2010 un accident du travail sur quatre n’avait pas été déclaré. L’ASN avait ainsi constaté, dans le registre de l’infirmerie du chantier, l’existence de feuillets volants portant le nom et la signature de salariés affirmant « refuser de déclarer l’accident survenu ».

Les infirmières affirmaient « avoir observé » qu’un nombre important de salariés « ne souhaitaient pas que le fait qu’ils avaient été victimes d’un accident du travail soit connu » et leur avoir fait formaliser ce refus. Au minimum, entre juin 2010 et février 2011, 34 accidents n’ont pas fait l’objet, comme ils l’auraient dû, d’une déclaration à la caisse d’assurance-maladie.

Bouygues Construction avait récusé fermement « toute démarche intentionnelle de non-déclaration des accidents (…). Les éventuelles absences de déclaration qui sont évoquées ne peuvent être que la conséquence d’initiatives malencontreuses du personnel de l’infirmerie ».

Francine Aizicovici

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Les mesures de radioactivité dans l’eau de Fukushima sont-elles exactes ?

Classé dans : Info — deedoff @ 14:10

Les mesures de radioactivité dans l'eau de Fukushima sont-elles exactes ? dans Info environnement-spectrotracer-aqua

CONTRE-EXPERTISE. À la demande du Japon, des experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) vont examiner cette semaine la façon dont sont effectués les contrôles de radioactivité de l’eau de mer à proximité de la centrale accidentée de Fukushima, a annoncé mardi 5 novembre 2013 l’Autorité japonaise de régulation nucléaire.

David Osborn, directeur des laboratoires de l’environnement, et Hartmut Nies, chef du laboratoire radiométrique de l’AIEA, seront au Japon du 6 au 12 novembre, a précisé la même source.

« Ils observeront notamment l’échantillonnage de l’eau de mer et la manière dont sont effectuées les analyses dans les environs de la centrale Fukushima Daiichi, puis discuteront de la surveillance du milieu marin avec les autorités japonaises », a aussi détaillé la partie nippone.

Vers de nouveaux contrôles

Cette visite d’experts doit servir à préparer une mission plus importante en discussion pour fin novembre.

L’AIEA devrait par la suite lancer elle-même des contrôles de radioactivité dans l’océan Pacifique, une campagne qui pourrait débuter en janvier 2014, selon des articles parus récemment dans la presse japonaise.

POLLUTION. Le gouvernement nippon espère que les études menées par un organisme international auront plus de poids auprès du public et des gouvernements étrangers que celles effectuées uniquement par Tepco, la compagnie exploitante de la centrale, ou les autorités du Japon.

La pollution de la mer est une préoccupation internationale, en raison de la récurrence d’incidents et informations sur des fuites d’eau contaminée dans le site atomique et vers l’océan, et ce même si le Premier ministre nippon, Shinzo Abe, a assuré à maintes reprises que la contamination radioactive ne sortait pas du port de la centrale mise en péril par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011.

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Démantèlement militaire: un dossier à plus de 6 milliards d’euros

Classé dans : Info — deedoff @ 13:19

Démantèlement militaire: un dossier à plus de 6 milliards d'euros dans Info le-demantelement-nucleaire-sera-desormais

L’Etat va financer les travaux du CEA via des rachats d’actions Areva ou en ponctionnant le ministère de l’Ecologie.

Du fait de l’importance des sommes en jeu, le dossier du démantèlement des installations nucléaires militaires reste en tête des préoccupations du CEA. Avec la décision de Jacques Chirac dans les années 1990 de stopper les essais en Polynésie, la France a condamné de facto ces installations où a été produit le combustible de la dissuasion. La simulation a pris le relais. Lancés en 2002, les travaux de démantèlement, désormais, se concentrent sur Marcoule dans le Gard.

D’après le bilan 2012 du CEA, la dernière évaluation en date du coût restant de ces travaux ressort à 6,17 milliards d’euros. Cette somme doit être dépensée d’ici à 2030, voire au-delà. Elle intègre une provision pour aléa, de l’ordre de 25 %. De source proche du dossier, on estime donc que la provision est suffisante pour faire face à des adaptations en matière de normes de sécurité ou à des surprises techniques. Reste la question cruciale : où trouver ces 6,17 milliards ?

De manière un peu surprenante étant donné que l’engagement de la France de ne plus produire de matière fissile ne date pas d’hier, rien n’avait été formalisé jusqu’à récemment. De 2002 à 2011, le CEA a pourtant réglé pour un peu plus de 4 milliards de travaux. Comment ? Grâce essentiellement à une soulte de 2,4 milliards versée par EDF et Areva, à laquelle se sont ajoutés sur la période 900 millions de dividendes Areva et 500 millions de placements financiers.

En 2009, les pouvoirs publics ont pris le taureau par les cornes, ce qui a abouti en fin d’année suivante à la signature d’une convention triennale avec le CEA. Avec cette convention, qui fait l’objet d’une actualisation chaque année, l’Etat s’engage à financer les travaux de démantèlement pour les trois années suivantes. En 2013 par exemple, l’Etat et le CEA auront précisé les financements pour 2014, 2015 et 2016. Et ainsi de suite. Pour honorer son engagement, l’Etat actionne deux leviers : il rachète au CEA une partie de ses actions Areva et verse au même CEA une subvention prise sur le budget de l’écologie.

Sur le papier, tout concourt désormais à donner de la visibilité à moyen terme au CEA, lequel peut donc passer des contrats aux industriels spécialisés. Et développer ainsi une précieuse expertise, très rare à l’international. Le fait que les actions Areva vont aller en s’épuisant va cependant finir par poser problème. Il va donc falloir compenser par une forte hausse des subventions étatiques. Les militaires ont un temps craint d’être mis à contribution. Il n’en a rien été finalement.

Alain Ruello

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Fusion nucléaire par laser: des progrès sur le bore

Classé dans : Info — deedoff @ 9:08

Fusion nucléaire par laser: des progrès sur le bore dans Info dispositiffusion-631

Avez-vous déjà entendu parler de la fusion hydrogène-bore ? Cette voie alternative à la fusion deutérium-tritium semble plus prometteuse depuis qu’une équipe franco-américaine dirigée par Johann Rafelski, de l’Université d’Arizona, et Christine Labaune, du Laboratoire LULI à l’École polytechnique, a réussi à multiplier d’un facteur 100 le nombre de réactions de fusion hydrogène–bore déclenchées dans une expérience de laboratoire.

La fusion nucléaire est le phénomène à l’origine de la chaleur et de la lumière du Soleil. Des noyaux légers s’assemblent pour former des noyaux plus lourds, libérant de l’énergie au passage. La réaction de fusion la plus fondamentale produit des noyaux de deutérium (2H, assemblage d’un proton et d’un neutron) et de tritium (3H, assemblage d’un proton et de deux neutrons) à partir de noyaux d’hydrogène (protons). La fusion du deutérium et du tritium est la réaction la plus étudiée en vue d’une exploitation industrielle de cette source d’énergie. Malheureusement, elle souffre d’un inconvénient majeur : elle produit des neutrons rapides (14,1 mégaélectronvolts d’énergie cinétique), dont l’énergie est très difficile à récupérer car ils ont le fâcheux inconvénient de détruire les matériaux connus, tout en les rendant radioactifs. Une difficulté si épineuse que certains physiciens doutent que la filière deutérium-tritium devienne un jour exploitable industriellement.

D’où l’intérêt d’explorer d’autre voies, telles que la fusion hydrogène-bore. Dans cette réaction, un proton fusionne avec un isotope du bore, le bore 11 (11B, assemblage de 5 protons et 6 neutrons), ce qui produit trois noyaux d’hélium (4He), de l’énergie, mais aucun neutron rapide. Ce processus est avantageux, mais difficile à mettre en œuvre. En effet, en raison de la masse du bore, bien supérieure à celles du deutérium et du tritium, il faut, en comparaison de la fusion deutérium-tritium, une température environ dix fois plus élevée pour produire plus d’énergie que celle investie pour déclencher les réactions.

Réussie en 2005 par une équipe russe, la démonstration de principe de cette voie a été réalisée en tirant à l’aide d’un laser produisant des impulsions picosecondes (de l’ordre d’un millionième de millionième de seconde) sur un échantillon de bore. L’accélération des ions de bore par le champ électrique associé à l’impulsion laser ultrabrève avait alors produit plus d’un millier de réactions de fusion hydrogène–bore.

L’équipe de C. Labaune vient de franchir un palier vers l’exploitation de la fusion hydrogène-bore. Les chercheurs ont perfectionné la méthode de chauffage par laser impulsionnel en envoyant un torrent de protons vers l’échantillon de bore au moment où ce dernier est transformé en plasma (gaz chaud et ionisé) par une puissante impulsion laser nanoseconde (de l’ordre du milliardième de seconde). Ces protons sont eux-mêmes produits et accélérés en dirigeant une impulsion laser picoseconde sur une feuille d’aluminium de 20 micromètres d’épaisseur. Les physiciens ont alors déduit du nombre de noyaux d’hélium détectés le nombre total de réactions de fusion. Ce nombre se révèle au moins 100 fois supérieur à celui atteint lors de l’expérience de 2005.

La montée en puissance est ainsi amorcée, puisque l’on a gagné plusieurs ordres de grandeur dans le nombre de fusions hydrogène–bore provoquées. Même si le résultat obtenu est encore très loin du seuil de production d’énergie, il présente plusieurs intérêts. Il illustre d’abord que l’approche consistant à tirer parti des champs électriques associés aux impulsions laser ultrabrèves pour produire des protons énergétiques, aptes à déclencher la fusion de noyaux plus lourds, est prometteuse. Il montre aussi que cette méthode est applicable à d’autres noyaux que le bore, ce qui permettra d’étudier expérimentalement les réactions de fusion se produisant au sein des étoiles, au-delà de la réaction de base hydrogène-hydrogène. Enfin, cette technique permettrait peut-être de créer au sein d’un bloc de combustible thermonucléaire l’« étincelle » nécessaire à l’obtention d’une réaction en chaîne, où succéderaient aux protons initiaux des protons secondaires produits par des réactions impliquant les noyaux d’hélium. Affaire à suivre.

François Savatier

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Quand le liquidateur sera un robot

Classé dans : Info — deedoff @ 9:01

Quand le liquidateur sera un robot dans Info 52808ee93570ea593db8b40c

D’ici 4 ans, l’Europe veut avoir construit un robot à forme humaine, capable d’intervenir sur un site après une catastrophe. Le projet « Walk-Man » vient d’être lancé en Italie. La Belgique, via l’UCL, va y participer. L’humanoïde devra évoluer de façon quasi autonome sur un site semblable à Fukushima.

En décembre 2014, à l’intérieur d’une base militaire américaine – on parle de la région de Miami -, des robots à l’apparence humaine se mesureront sur un terrain transformé en un site de post-catastrophe. Leur mission : faire rouler une voiture, manipuler un extincteur, fermer une valve, franchir ou évacuer des débris… Cette compétition entre robots humanoïdes est organisée par le Darpa. Il s’agit de l’Agence pour les projets de recherche avancée de Défense, qui dépend de l’armée des Etats-Unis. C’est aussi elle qui est à la base de l’ancêtre d’Internet.

Parmi ces robots en compétition, l’un d’eux devrait être belge (en partie du moins). L’Université catholique de Louvain est l’un des 5 partenaires du projet européen Walk-Man, qui vient d’être lancé en Italie et est financé par la Commission européenne (5600000 €, dont 500000 pour l’UCL). L’objectif : parvenir à fabriquer en Europe un robot capable d’agir de la façon la plus autonome possible dans un milieu prévu pour l’être humain mais devenu « hostile ». Et, par la même occasion, booster la recherche robotique européenne, qui n’a pas à rougir face au Japon et aux USA. La participation au Darpa n’est en fait qu’un des à-côtés du projet, qui durera 4 ans. Un exemple de site dans lequel pourrait intervenir « Walk-Man » : la centrale nucléaire de Fukushima, soit un environnement conçu pour l’humain, mais qui ne lui est plus accessible car contaminé. Mais le robot pourrait aussi intervenir lors ou après un incendie, pour évacuer des débris, par exemple.

Les robots, nos « co-workers »

« Les récents événements nous ont montré la nécessité de systèmes robotiques fiables qui peuvent être déployés rapidement après un désastre, pour assister les humains dans des tâches trop dangereuses », explique Nikos Tsagarakis, de l’Istituto Italiano di Tecnologia, qui coordonne le projet. Ce projet envisage le développement de robots qui seront nos ‘co-workers’, dans une société du futur, capables de réaliser des tâches dans un environnement non-protégé et non-prévisible. » Walk-man sera doté d’une morphologie humaine : un corps humain avec deux jambes, deux bras et deux mains, ainsi qu’une tête avec une capacité de perception (caméras, capteurs ultra-sons pour détecter les obstacles…). « Le robot doit être humanoïde, car il doit évoluer dans un environnement prévu pour l’humain. S’il est muni de roues au lieu de jambes, il sera bloqué dès qu’il devra franchir un tas de débris, par exemple. Si on veut qu’il puisse manipuler ces débris, il lui faut des mains ! », explique le Pr Ronsse, l’ingénieur responsable du projet à l’UCL. « Le projet est assez ambitieux. Le robot devra avoir une dextérité fine, puisqu’il devra manipuler une valve, mais aussi être capable d’effectuer des tâches plus lourdes, comme déplacer des débris. En plus, il devra mener des tâches d’un niveau cognitif plus élevé, comme conduire un véhicule motorisé. »

A Fukushima, des robots ont surtout été utilisés pour visualiser les scènes en se déplaçant sur le terrain, mais les tâches nécessitant de la manipulation n’ont pas été vraiment concluantes. Le travail des « liquidateurs » humains en milieu radioactif post-catastrophe est donc toujours nécessaire. « En environnement contrôlé, en labo, beaucoup de choses peuvent déjà être réalisées en robotique humanoïde. On pense ainsi à Asimo. (NdlR : ce robot japonais peut jouer au foot !) Mais dans un milieu protégé, il est encore plus fragile qu’un humain. Le vrai challenge, c’est de placer les humanoïdes dans un environnement imprévisible et invasif (contaminé…).  » C’est tout le but du projet européen.

Sophie Devillers

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Un monstre de 300 tonnes arrive à Cruas

Classé dans : Info — deedoff @ 8:26

Un monstre de 300 tonnes arrive à Cruas dans Info 1173671-1515478

La centrale nucléaire de Cruas a reçu le premier des 3 nouveaux générateurs de vapeur qui seront installés l’an prochain.

Un convoi vraiment exceptionnel est arrivé ce mardi matin à la centrale de Cruas : un immense générateur de vapeur, en provenance du Japon où il a été fabriqué, a été livré.

L’engin mesure 20 mètres de long et pèse 300 tonnes. Deux autres générateurs de vapeur arriveront en début d’année prochaine.

Ces 3 nouveaux générateurs, qui entraînent les turbines pour produire l’éléctricité, seront installés à partir du mois de mars 2014.

Le chantier mobilisera un millier d’ouvriers pendant 3 mois. L’opération coûtera 140 millions d’euros

Emmanuel Champale

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Nucléaire: le CEA n’échappe pas à la rigueur budgétaire

Classé dans : Info — deedoff @ 8:12

Nucléaire: le CEA n'échappe pas à la rigueur budgétaire dans Info mar-20070809-266

Le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) se sent à l’étroit dans ses crédits budgétaires. La subvention de l’Etat allouée à l’organisme de recherche pour ses activités civiles l’an prochain ne baissera « que » de 0,9 % l’an prochain, à 1,06 milliard d’euros, selon le projet de loi de finances 2014. Mais l’établissement public doit aussi, à la demande de l’Etat, réaliser  « un exercice très strict de « priorisation » » de ses dépenses sur la période 2013-2022, avec une subvention  « au mieux constante » jusqu’en 2016, indique un document présenté fin octobre, aux organisations syndicales. Un conseil d’administration du CEA se tient aujourd’hui pour examiner les propositions de ce plan moyen et long terme 2013-2022, avant qu’il ne soit entériné au sein d’un Comité d’énergie atomique rassemblant les ministères de tutelle le 9 décembre.

« La direction a déjà fait toutes les économies possibles sans toucher aux opérations. Là, elle sera contrainte de toucher aux programmes », conteste Marc Wojtowicz, délégué syndical central CGT du CEA, qui a prévu une action en marge du conseil, aujourd’hui. Un certain nombre de dépenses sont, en effet, contraintes (normes de sûreté post-Fukushima, montée en puissance du futur réacteur Jules Horowitz, programme de cessation anticipée d’activité…) qui limitent les marges de manoeuvre ailleurs.

Au sein des quatre grandes divisions civiles du CEA - sciences du vivant, sciences de la matière, recherche technologique, énergie nucléaire - c’est cette dernière qui devrait être la plus concernée. La direction du CEA propose, notamment, l’arrêt du réacteur d’étude et de radio-isotopes à usage médical Osiris à Saclay dès 2015, dont la mise aux normes post-Fukushima serait trop coûteuse, et le transfert d’un laboratoire sur l’analyse des combustibles irradiés de Cadarache à Marcoule. Les effectifs de la division nucléaire seraient aussi les plus touchés, avec 300 départs non remplacés d’ici à 2017, sur les 4.300 de la division (et 16.000 permanents au total), indiquent les syndicats.

Le projet Astrid confirmé

La recherche sur le réacteur nucléaire de quatrième génération, Astrid, qui permettrait le recyclage du combustible, voit, en revanche, ses crédits confirmés, la phase pour finaliser l’avant-projet détaillé étant, toutefois, repoussée de deux ans, à 2019.  « Les incertitudes qui planaient sur le projet Astrid il y a un an sont donc très largement levées », note le document.

Première organisation syndicale du CEA, la CFDT est d’ailleurs plus nuancée sur l’ampleur de l’austérité, notant, notamment, l’effort budgétaire, au-delà des subventions directes, sur le démantèlement (+  60 millions d’euros en 2014) ou les investissements d’avenir.  « Nous ne voulons pas être seulement dans l’incantation. Nous attendons l’ensemble des décisions », explique Patrick Gramondi, DSC CFDT.

Véronique Le Billon

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