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26 novembre, 2013

Prochain appel d’offres pour une centrale nucléaire égyptienne

Classé dans : Info — deedoff @ 13:22

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L’Egypte va lancer un appel d’offres international en janvier pour la construction de sa première centrale nucléaire, a annoncé jeudi le ministère de l’Electricité avant la tenue de discussions avec de hauts responsables russes sur la coopération bilatérale.

L’Egypte a gelé son programme nucléaire après la catastrophe de Tchernobyl en 1986, mais a annoncé en 2006 son intention de le relancer. Les projets d’appels d’offres étaient en préparation lorsque le président Hosni Moubarak a été déposé en février 2011.

« L’Autorité des centrales nucléaires projette de lancer son premier appel d’offres en janvier concernant la construction d’une centrale atomique à Dabaa » près de la côte Méditerranéenne, a déclaré Aktham Abouelela, porte-parole du ministère de l’Electricité.

« Ce sera un réacteur à eau pressurisée, d’une capacité de 950 à 1.650 mégawatts », a-t-il ajouté.

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Médecine nucléaire: il faut prolonger le réacteur Osiris

Classé dans : Info — deedoff @ 10:02

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A l’occasion d’un tout prochain Comité de l’énergie atomique, la France va devoir prendre une décision qui, certes, la concerne directement, mais aussi et surtout implique l’ensemble des pays européens : peut-on retarder de trois ans l’arrêt du réacteur de recherche Osiris prévu fin 2015, réacteur qui fournit aujourd’hui en Europe, et même au-delà, des radio-isotopes essentiels pour la médecine nucléaire ?

Quel est le contexte ? Plusieurs raisons majeures font évoluer la médecine moderne vers une médecine personnalisée : une part trop forte de réponses négatives aux traitements utilisés, un déficit important de l’Assurance-maladie, le coût très élevé du développement des nouveaux médicaments et, surtout, les progrès considérables de la biologie. Dans cette perspective, la médecine d’aujourd’hui s’appuie désormais beaucoup sur l’imagerie médicale. Il existe deux types d’imagerie : d’une part l’imagerie morphologique, qui utilise les techniques de l’IRM (imagerie par résonance magnétique), des ultrasons ou du scanner X ; et d’autre part l’imagerie fonctionnelle utilisant la médecine nucléaire qui, elle, fournit une image du fonctionnement physiologique des organes ou des pathologies à diagnostiquer. Ces deux types d’imagerie sont donc tout à fait complémentaires.

Le principe de la médecine nucléaire repose sur l’incorporation d’un atome radioactif dans une biomolécule spécifique d’une pathologie. Ces biomolécules, émettant alors un rayonnement nucléaire, sont ainsi des médicaments qui, injectés aux patients, permettent de réaliser des images dites « scintigraphiques » qui permettent de visualiser la « fonctionnalité » pathologique. L’imagerie en médecine nucléaire est devenue un outil de routine utilisé pour l’évaluation d’une insuffisance cardiaque, l’identification et la localisation de tumeurs ou de métastases, ou pour estimer le degré de développement de maladies neurodégénératives.

Quels sont les enjeux ? La médecine nucléaire utilise principalement un radioélément, le technétium (Tc) 99m, qui est issu de produits de fission générés dans un nombre réduit de réacteurs dans le monde. Les examens utilisant le Tc 99m représentent près des trois quarts des examens de diagnostic en médecine nucléaire (plus de 30 millions par an dans le monde, 8,5 millions par an en Europe).

Le réacteur Osiris de Saclay, en France, est actuellement un des cinq réacteurs en Europe fournissant chaque semaine le Tc 99m. Il existe seulement trois autres réacteurs dans le monde capables d’assurer la même prestation.

S’agissant de la production, les radio-isotopes médicaux comme l’électricité ne sont pas stockables (le Tc 99m a une demi-vie de six heures). Il est donc nécessaire de disposer de capacités de production supérieures aux besoins quotidiens afin de prendre en compte les arrêts de réacteurs pour maintenance ou panne. La capacité mondiale à partir de tous les réacteurs représente actuellement environ 170 % des besoins.

Cependant, la panne simultanée de deux réacteurs importants en 2009 (NRU au Canada et HFR aux Pays-Bas) a agi comme un révélateur de l’importance prise par la médecine nucléaire, mais aussi d’une nécessité de coordination entre les acteurs mondiaux. Des pays comme le Japon, fort consommateur de radio-isotopes mais sans moyens de production, ont subi alors une pénurie très importante.

Capitalisant sur l’existence des réacteurs de recherche, maintenant anciens, le modèle économique a démontré deux faiblesses : un manque d’investissements pour satisfaire les besoins d’irradiation en réacteurs, et surtout l’absence de remboursement des radio-isotopes par les assurances-maladie dans le monde entier. Aussi l’OCDE et la Commission européenne se sont-elles saisies de ces questions pour coordonner les moyens actuels et les investissements futurs tout en conservant les bonnes pratiques de compétition économique. Dans ce but, un observatoire européen des radio-isotopes médicaux a même été créé en 2012, conjointement par la Commission européenne et par l’ensemble des industriels européens concernés au sein de l’Aipes (Association of Imaging Producers and Equipment Suppliers), basée à Bruxelles. Malgré la compétition, une remarquable solidarité s’est ainsi établie entre les acteurs, désormais sous l’œil de Bruxelles.

Quel est le constat aujourd’hui ? Les disponibilités de réacteurs entre 2015 et 2018 montrent une situation tendue. En effet, deux des quatre réacteurs les plus importants s’arrêtent durant ces trois années : le réacteur canadien NRU cesse définitivement son activité au plus tard en octobre 2016 ; le réacteur belge BR2 subira une longue maintenance de dix-huit mois entre 2015 et 2016.

Dès lors, si Osiris s’arrêtait fin 2015, le niveau de Tc 99m disponible rentrerait dans une zone potentiellement instable, au cas où un arrêt non programmé interviendrait sur un des deux autres réacteurs les plus productifs, HFR aux Pays-Bas et Safari en Afrique du Sud. On risquerait alors d’assister à plusieurs semaines de pénurie significative des examens médicaux. En moyenne, un réacteur de recherche fonctionne 60 % à 70 % de l’année, le reste étant consacré à la sûreté nucléaire et à la maintenance.

Le ministère français de la santé a estimé que, pour n’avoir aucune conséquence sanitaire, le minimum de Tc 99m nécessaire devait permettre 30 % des examens actuellement pratiqués. Néanmoins, si ce faible taux devait perdurer plusieurs semaines, alors la discipline, les services hospitaliers et les entreprises liées à la médecine nucléaire seraient définitivement mis en danger, mais là pour des motifs économiques.

Après 2018, les projets en cours de réalisation arriveront à terme pour prendre la relève : le réacteur de Munich FRM2, les capacités accrues de l’Australie (OPAL) et le projet coréen de réacteur consacré uniquement à la médecine nucléaire. Enfin, le nouveau réacteur français Jules-Horowitz, en construction, devrait commencer à être opérationnel après 2018.

Devant ce constat, et à la demande de la communauté de la médecine nucléaire, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives(CEA), opérateur du réacteur Osiris, a demandé aux pouvoirs publics français une prolongation limitée à trois ans.

Or on voit que cette décision ne se limite pas à une décision franco-française. Elle ne peut se concevoir qu’après une concertation solidaire avec les différents partenaires européens prenant en compte les compétences impliquées : affaires européennes voire étrangères, santé, énergie, écologie, recherche, sûreté nucléaire et industrie.

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L’ASN, ce n’est pas seulement le nucléaire

Classé dans : Info — deedoff @ 9:17

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Pour sa première participation au Salon des maires et des collectivités locales, qui s’est terminé jeudi 21 novembre 2013 à Paris, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) juge l’essai positif, avec le passage d’environ 200 élus sur son stand. Les questions qui lui ont été posées ne se sont pas limitées au sujet nucléaire. Rompant ainsi avec l’image de cette autorité administrative indépendante.

Vous avez demandé l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ? Ne quittez pas, un expert va tout vous expliquer sur… le radon. Contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer, ce ne sont pas des thèmes tels la sûreté nucléaire, la gestion des déchets ou le démantèlement des centrales qui ont en priorité intéressé les visiteurs du stand de l’autorité administrative indépendante, dont c’était la première participation au Salon des maires et des collectivités locales (SMCL), du mardi 19 au jeudi 21 novembre 2013, à Paris.

Le radon en vedette - Pendant trois jours, environ deux cents élus locaux ont, certes, interrogé des experts sur, par exemple, la gestion post-accidentelle d’un accident nucléaire. Mais leur intérêt s’est aussi très souvent porté sur le radon. Un gaz radioactif d’origine naturelle en particulier présent dans 31 départements français, notamment dans les régions granitiques et volcaniques (Bretagne, centre de la France, Vosges, Alpes, Corse). Ce sujet entre pleinement dans les attributions de l’ASN, car si la question nucléaire stricto sensu occupe l’essentiel de sa présence dans le champ médiatique, l’organisme est en charge de tout ce qui concerne la radioprotection, que les rayonnements ionisants émanent d’une source artificielle ou naturelle.

Un problème de santé publique - Or, le radon « pose un véritable problème de santé publique », explique un expert de la direction des rayonnements ionisants et de la santé de l’ASN, Cyril Pineau, présent au SMCL. « Il est même en France la deuxième cause de cancer du poumon après le tabagisme, poursuit-il. On parle de 2 500 morts par an, même si l’estimation est difficile à faire. Il convient donc de mener des campagnes d’information au même titre que ce qui est fait pour la prévention routière – je rappelle qu’il y a 4 000 morts chaque année sur les routes de France. »

De l’information dans les écoles - « L’ASN envisage ainsi en 2014 avec l’Education nationale des actions d’information sur le radon dans les écoles, plaquette et interventions dans les classes à l’appui », annonce Evangelia Petit, qui est notamment en charge de l’information des publics. Plus généralement, les lieux publics visés par la réglementation de 2004 (établissements d’enseignement, sanitaires et sociaux, pénitentiaires et thermaux) feront l’objet l’an prochain d’opérations d’information menées par les antennes ASN de Lyon, de Corse et du Limousin.

Les élus mis à contribution- L’ASN imagine aussi les élus locaux en relais potentiels pour informer le public de la nécessité de déceler la présence éventuelle de radon dans les logements, et éventuellement prendre des mesures ensuite. Des élus locaux qu’elle retrouvera le 11 décembre à Paris sur sa thématique plus connue qu’est la sûreté nucléaire, à l’occasion de la 25e Conférence nationale des commissions locales d’information (CLI). Les deux sujets mis en lumière seront le transport de substances radioactives et les conséquences pour un territoire d’un accident nucléaire.

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Electrabel confirme le rejet de déchets nucléaires belges en mer

Classé dans : Info — deedoff @ 9:08

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Ceux-ci provenaient des centrales nucléaires de Doel, Tihange, d’Eurochemic à Dessel, de MHO à Olen et du centre d’étude pour l’énergie nucléaire.

La Belgique s’est débarrassée à plusieurs reprises de déchets nucléaires faiblement radioactifs en mer, a confirmé Electrabel devant la sous-commission de Sécurité nucléaire de la Chambre.

Entre 1960 et 1982, pas moins de quinze campagnes de largage ont été menées. Les déchets nucléaires étaient coulés dans du béton avant d’être abandonnés en mer en compagnie de déchets néerlandais et suisses.

Ceux-ci provenaient des centrales nucléaires de Doel, Tihange, d’Eurochemic à Dessel, de MHO à Olen et du centre d’étude pour l’énergie nucléaire.

Rien qu’entre 1976 et 1982, la Belgique s’est débarrassée de ses déchets radioactifs en six endroits différents, lesquels étaient tous situés dans l’Océan Atlantique, selon le député Kristof Calvo (Groen).

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Des neutrinos cosmiques piégés pour la première fois

Classé dans : Info — deedoff @ 8:33

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Ils sont 28 neutrinos très spéciaux à avoir été pris, entre mai 2010 et mai 2012, dans les filets du détecteur IceCube, enfoui dans les glaces de l’Antarctique, annonce le magazine Science du 22 novembre 2013.

Ces particules de masse très faible que sont les neutrinos pullulent autour de nous. Notre corps est même traversé par 1012 neutrinos chaque seconde. Mais les 28 spécimens ont quelque chose de particulier : ils se sont formés très loin du système solaire, alors que leurs cousins familiers sont nés soit dans le cœur du Soleil soit dans la haute atmosphère de la Terre, lorsque des particules cosmiques viennent casser les molécules de notre air.

Les 28 sont donc des « neutrinos cosmiques » et c’est la première fois que les physiciens en attrapent.

Le détecteur Ice Cube occupe un volume de 1 km3 et est enfoui à 1,5 km sous la glace

Ce qui les différencient de leurs congénères du système solaire, c’est leur énergie qui varie entre 30 et 1200 TeV, soit jusqu’à un milliard de fois plus que les neutrinos familiers. Une énergie colossale équivalente à des milliers de fois l’énergie des particules qui se déplacent dans le tunnel du LHC, au Cern.

« TAPER ». La récolte effectuée par IceCube est un véritable exploit : n’ayant pas de charge électrique, une masse très faible, ces particules n’interagissent que très peu avec la matière. La probabilité que l’un d’entre eux « tape » contre l’un des atomes de la molécule de glace est si faible qu’il faut un détecteur gigantesque : IceCube occupe un volume de 1 km3, enfoui à 1,5 km de profondeur dans la glace.

Des résultats qui montrent qu’il est possible de faire de l’astronomie avec des neutrinos

Reste que nul ne sait de quel coin de l’Univers sont originaires ces 28 neutrinos cosmiques. Ils sont certes nés au cours d’un des évènements très violents qui font légion dans le Cosmos : explosion d’étoiles, collision de trous noirs, effondrement d’astres massifs mais déterminer la provenance de ces neutrinos est une autre paire de manches. Pour cela il faut en recueillir d’autres et déployer au moins des détecteurs cinq fois plus volumineux.

NOUVELLE FENÊTRE. En attendant, c’est une nouvelle fenêtre qui vient de s’ouvrir sur l’Univers : jusque là les astronomes recueillaient la lumière –les photons- des astres lointains pour les étudier. Les résultats d’IceCube montrent qu’ils peuvent désormais faire de l’astronomie avec des neutrinos.

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25 novembre, 2013

L’Inde prend les devants avec sa filière à neutrons rapides

Classé dans : Info — deedoff @ 10:10

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Le directeur du Conseil scientifique du Premier ministre indien, C.N.R. Rao, a déclaré à des journalistes à Bangalore que le prototype de surgénérateur indien de 500MW (le PFBR, un réacteur semblable au réacteur français SuperPhénix fermé en décembre 1998 par le gouvernement Jospin) est prêt à entrer en service au début de l’année prochaine. Il a dit que le réacteur à neutrons rapides, en construction au Centre Indira Gandhi pour la recherche atomique (IGCAR) à Kalpakkam, près de Chennai, est le premier de ce type en Inde, et que « s’il s’avérait un succès, nous deviendrons un chef de file dans l’énergie nucléaire avec cette technologie entièrement nouvelle, que nous avons maîtrisée ». Le réacteur a été entièrement conçu par IGCAR.

Le PFBR indien est un surgénérateur à sels de sodium fondus qui utilise des oxydes d’uranium appauvri et du plutonium, connus sous le nom de MOX, comme combustible. Une couverture fertile contient de l’uranium appauvri pour absorber l’excès de neutrons générés par les réactions de fission à l’intérieur du cœur du réacteur. Au bout de quelques années, les éléments de la couverture sont retraités pour en extraire le plutonium, qui sera utilisé pour alimenter les futurs surgénérateurs. Tandis que les palettes de combustibles seront placés au cœur du réacteur, les éléments de la couverture fertile resteront autour de la paroi du réacteur. Le PFBR aura 181 assemblages combustibles et 120 éléments de couverture.

Le complexe de fabrication du combustible nucléaire Hyderabad fabrique les grappes de combustible du réacteur, qui sont ensuite assemblées dans un atelier de l’IGCAR. Deux autres tranches de 500MW du même type de réacteur sont actuellement en construction. L’Inde souhaite construire six surgénérateurs de ce type d’ici 2020.

La prochaine série de PFBR sera recouverte de thorium-232. Une couverture fertile de thorium autour du combustible à l’intérieur du PFBR serait convertie en uranium-233, fissile, qui peut être ensuite extrait pour servir comme nouveau combustible. Les réacteurs indiens de troisième génération devraient utiliser de l’uranium comme combustible, plus du thorium dans leur couverture fertile.  Plusieurs scientifiques spécialisés dans le nucléaire estiment qu’un programme nucléaire utilisant du thorium permettrait de produire de l’électricité pour une période allant jusqu’à 600 ans.

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A Saclay, le réacteur Osiris serait en sursis

Classé dans : Info — deedoff @ 9:35

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L’an passé, il a permis la réalisation de 1,2 million d’examens médicaux, dont des diagnostics de cancers. Mais Osiris, un réacteur de recherche du CEA (Commissariat à l’énergie atomique) de Saclay, serait en sursis. Hier, la CGT a dénoncé, devant le siège du CEA à Paris, un plan de suppression de plus de 500 postes, ainsi que l’arrêt de plusieurs projets, dont la fermeture d’Osiris.

Contactée par l’AFP, la direction du CEA n’a pas souhaité s’exprimer car « des négociations sont toujours en cours ». Le réacteur a été réactivé en novembre 2010 après des travaux de maintenance lui assurant un fonctionnement en toute sécurité jusqu’en 2015, mais le CEA pourrait profiter de cette date pour ne pas renouveler son activité.

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Le démantèlement nucléaire: un marché d’avenir

Classé dans : Info — deedoff @ 9:00

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Le marché du démantèlement des installations nucléaires devrait connaître au cours des prochaines années une forte croissance. En effet, de nombreuses centrales nucléaires en France, au Royaume-Uni, en Espagne ou aux Etats-Unis arrivent au terme de leurs cycles naturels et doivent par conséquent être démantelées. A cela s’est ajoutée la fermeture brutale de certaines centrales après la catastrophe de Fukushima survenue en mars 2011. L’Allemagne a, par exemple, entamé une sortie du nucléaire à la suite des événements de Fukushima : 8 de ses 17 centrales nucléaires se trouvent aujourd’hui définitivement fermées et la dernière arrêtera ses opérations fin 2022.

Dans une étude publiée en 2004, la Commission européenne a indiqué que 50 à 60 réacteurs sur les 155 en fonctionnement au sein de l’Union européenne devraient être démontés à l’horizon 2025. Les experts estiment quant à eux que plus de 300 réacteurs dans le monde devraient être arrêtés dans les vingt prochaines années. Le nombre de chantiers lancés pourrait ainsi fortement croître laissant entrevoir des perspectives très prometteuses pour les entreprises spécialisées dans ce domaine qui, jusqu’à présent, se limitaient à des volumes restreints tels que le démantèlement des laboratoires de recherche et d’usines de transformation de combustible. En France, le parc des installations nucléaires compte 125 Installations Nucléaire de Base (INB), dont une trentaine est en cours de démantèlement.

Dans un rapport portant sur les coûts de la filière électronucléaire diffusée en janvier 2012, la Cour des comptes a indiqué que les exploitants chiffrent à environ 20 milliards d’euros les coûts de démantèlement des 58 réacteurs français.

Le cabinet de conseil Arthur D. Little prévoit un marché de 220 milliards d’euros dans le monde sur vingt ans. A lui seul, le marché européen représenterait 74% du marché et plus de 80 milliards de dollars.

De nombreuses entreprises du secteur telles qu’Areva, Veolia Environnement, Onet technologies, Bouygues, Vinci, l’américain Westinghouse, le britannique Amec, l’Allemand Nukem, l’espagnol Iberdrola, l’Italien Ansaldo et le belge Tractebel Engineering se positionnent aujourd’hui sur ce marché et se livrent une concurrence de plus en plus rude. Selon Yves Brachet, Président de Westinghouse Europe : «  toutes les entreprises qui construisent des centrales se disent qu’elles peuvent aussi les déconstruire. Ce sont à la fois les groupes d’ingénierie et conception et ceux de génie civil, car il faut tant développer des procédés et assurer la radioprotection que démolir et découper ». Il ajoute que « le marché devient de plus en plus compétitif ».

C’est dans ce contexte que le groupe Véolia Environnement (via sa filiale Astéralis) et le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) ont conclu le 15 janvier dernier, un accord stratégique de coopération pour l’assainissement et le démantèlement des centrales nucléaires françaises. Le PDG de Véolia, Antoine Frerot, a annoncé viser un chiffre d’affaires compris entre 300 et 400 millions d’euros.

Le démantèlement des centrales nucléaires représente aussi un enjeu économique important pour l’électricien EDF. Ce dernier a en effet créé dès 2001 un cabinet d’études : le Centre d’ingénierie de déconstruction et environnement (Ciden) qui supervise les déconstructions en cours et prévoient celles à venir. Selon son directeur, Alain Ensuque, le groupe a opté pour une « stratégie de démantèlement complet et immédiat ». Il procède ainsi actuellement à la déconstruction intégrale de neuf réacteurs à l’arrêt.

L’Europe ayant vocation à devenir un grand marché du démantèlement nucléaire, il serait sans doute souhaitable que l’Union européenne harmonise la réglementation en la matière.

Frédéric Ichay

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Hoax écolo: la contamination massive du Pacifique par Fukushima

Classé dans : Info — deedoff @ 8:43

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L’infographie a de quoi effrayer : une vague rouge, orange et jaune se propage depuis le Japon dans tout l’océan Pacifique, touchant les côtes nord et sud-américaines ainsi que l’Asie du Sud-Est. Selon les sites qui la diffusent, il s’agit de l’eau fortement radioactive qui s’écoule de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, contaminant tant la nappe phréatique de la région que l’ensemble de l’océan. Alors, la centrale japonaise est-elle en train de polluer la moitié de la planète ?

Depuis un mois, ce graphique a été massivement repris, sur les blogs, réseaux sociaux et forums. « Fukushima : l’océan Pacifique serait entièrement pollué », titre le site d’information antillais Smx le 17 octobre. Et d’alerter : « Des quantités extrêmement dangereuses de strontium, tritium et césium se seraient échappées de feue Fukushima pour se déverser dans tout l’hémisphère nord, portées par les courants, la pluie et le vent. »

« Les radiations de Fukushima sont déjà en train de tuer des Nords-Américains », va même jusqu’à affirmer Nodisinfo le 10 octobre. « Au cours des années à venir, cette catastrophe en cours pourrait potentiellement affecter la santé des millions et des millions de personnes vivant dans l’hémisphère nord, et le plus triste est que beaucoup de ces gens ne sauront jamais la vraie cause de leurs problèmes de santé », renchérit le blog Le Nouveau paragdime le 26 octobre. En 2012 déjà, le graphique avait circulé sur certains sites écologistes, notamment assorti d’un titre alarmiste : « Un cauchemar radioactif ».

En réalité, cette visualisation, réalisée en 2011 par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) américaine, montre non la contamination radioactive mais les pics d’amplitude lors de la propagation du tsunami du 11 mars 2011, à partir des données enregistrées dans l’océan Pacifique. Aux extrêmes, les ondes de surface dépassant les 2,4 mètres sont représentées en noir tandis que le jaune indique celles inférieurs à 20 centimètres. Entre les deux, le rouge symbolise une amplitude de 40 cm et l’orange de 20 à 40 cm. On peut retrouver la modélisation sur le site de la NOAA avec son véritable titre, ainsi qu’avec un autre format.

Dans une étude publiée ce mois-ci dans la revue Deep-Sea Research, des scientifiques ont étudié la trajectoire dans l’océan du césium 137, l’un des radioéléments les plus persistants dans la mesure où sa demi-vie est de 30 ans (c’est-à-dire le temps au bout duquel la moitié des noyaux radioactifs se sont désintégrés).

Conclusion : le panache de césium 137 émis dans le mois qui a suivi la catastrophe devrait atteindre le nord-ouest de la côte américaine au début de l’année prochaine, mais à des niveaux sans danger pour la santé. Un puissant courant passant près des côtes japonaises, le Kuroshio, a en effet dilué la radioactivité en quatre mois à des niveaux inférieurs aux normes de l’Organisation mondiale de la santé, tandis que les tourbillons du Pacifique ont poursuivi ce processus de dilution. Les chercheurs prévoient des taux compris entre 10 et 30 Becquerels par mètre cube d’eau (Bq/m3) sur les côtes de l’Oregon et de l’Etat de Washington entre 2014 et 2020, et entre 10 et 20 Bq/m3 en Californie entre 2016 et 2025.

Ce graphique montre les concentrations en césium 137 à la surface des océans (entre 0 et – 200 mètres) en avril 2012 (a), avril 2014 (b), avril 2016 (c) et avril 2021 (d).

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« Ces taux, s’ils sont environ dix fois supérieurs à ceux d’avant la catastrophe de Fukushima, restent malgré tout très faibles. Ils ne présenteront aucun danger pour la faune et la consommation de produits de la mer, commente Dominique Boust, responsable du laboratoire de radioécologie de Cherbourg-Octeville à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Avec une moyenne de 20 Bq/m3 d’eau, on devrait retrouver 2 Becquerels par kilo de poisson frais, ce qui est très en deçà du niveau maximum admissible en Europe, de 500 Bq/kg, ou au Japon, de 100 Bq/kg. »

Audrey Garric

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L’AIEA se rend à la centrale nucléaire de Fukushima

Classé dans : Info — deedoff @ 8:35

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Alors que les accidents sur la centrale nucléaire de Fukushima ne  cessent de s’enchaîner ces derniers mois, l’Agence internationale de l’énergie  atomique (AIEA) envoie une vingtaine d’experts pour inspecter les installations  de Tepco.

Pendant 10 jours, 19 spécialistes vont examiner la façon dont la compagnie  gérante, Tokyo Electric Power (Tepco), oeuvre sur le site pour en préparer la  démolition. Cette mission, la deuxième du genre après celle d’avril dernier, se  déroule jusqu’au 4 décembre.

Les experts vont visiter la centrale, mais aussi recueillir des informations  diverses auprès de Tepco ainsi que du gouvernement et d’autres parties  prenantes.

« Nous allons mettre en particulier l’accent sur les efforts déployés pour  gérer l’eau contaminée et sur les opérations de transfert du combustible  nucléaire stocké dans la piscine du réacteur 4 en un lieu plus sûr », a  expliqué Carlos Lentijo, chef de la mission, lors d’un point de presse.

Tepco vient juste de terminer sans problème un premier retrait de 22 barres  de combustible de la piscine fragilisée du réacteur 4, mais il lui en reste  1.511 à extraire, une tâche qui prendra environ un an. Les autres piscines de  désactivation (1 à 3) devront elles aussi être vidées ultérieurement.

« Cela va nous permettre d’évaluer les circonstances en détail et de  fournir des conseils supplémentaires à Tepco si nécessaire pour améliorer la  situation », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, la compagnie se débat toujours avec le problème de comment  gérer les  centaines de milliers de tonnes d’eau contaminée stockées dans des  réservoirs, dont certains peu fiables.

La mission publiera un rapport préliminaire le 4 décembre, au dernier jour de  sa mission, et une évaluation complète environ deux mois plus tard.

Jean-Michel Chipeau

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