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2 mars, 2011

Irradié lors d’essais nucléaires, il réclame justice contre l’Armée

Classé dans : Info — deedoff @ 18:04

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Son corps ne peut pas oublier. Et sa mémoire, un peu étiolée, en porte toujours les traces indélébiles. Alors Jacques Chalmel, 72 ans, a décidé de se battre « jusqu’au bout », jusqu’à aujourd’hui, jour où il comparaît devant le tribunal des pensions militaires au palais de justice de Perpignan. Pour se faire entendre et obtenir, au terme de 15 années de demandes rejetées devant les commissions militaires, que l’Armée reconnaisse enfin sa responsabilité. Qu’il soit dit que les radiations nucléaires auxquelles il a été exposé lors des essais en Algérie en
1960 sont la cause de la dégradation de son état de santé. Le combat d’une vie…
Jacques Chalmel avait un peu plus de 20 ans quand il a été appelé en Algérie sur la base de Moulay Ismael. « Là, ils nous ont fait effectuer deux tirs atomiques, le 3e et le 4e à Reggane et ils nous ont fait travailler 2 mois à chaque fois sur les zones de tirs. Nous étions 24, 12 de ma base à Oran et 12 de Marengo. Tous présumés artificiers ». Leur mission : disposer en plein désert près de 40 tonnes de munitions, de 60 à 300 mètres du tir de la bombe atomique.

Dix fois Hiroshima
« Le lendemain ou le surlendemain, on allait fouiller au plus profond dans le sable fortement contaminé pour retrouver les objets recouverts par la tempête. Le compteur Geiger tapait jusqu’à 9 ou 10 Röntgen. Avant même l’explosion toute la zone était contaminée par le premier tir de 70 kg/tonnes, soit 10 fois environ la puissance d’Hiroshima et nous étions en espadrilles, short et chaussettes. » . Autant d’hommes bringuebalés sur près de 15 000 km dans des camions Berlier déjà exposés, telles de « véritables éponges à radiations ». « Contrairement à ce que prétend l’Armée, nous n’avions aucune protection, aucun dosimètre, et j’ai d’ailleurs découvert cet appareil plus tard en France lors d’une réunion. On ne nous a jamais fait d’analyses sanguines ni médicales. Les données fournies sur ces points par le ministère sont totalement erronées. »
Car, avec le recul, les ennuis de santé de Jacques Chalmel ont commencé à Reggane même par quelques hospitalisations successives. Pas de quoi l’alerter. Il reprend la vie civile, revient à ses origines en pays catalan et monte sa carrosserie à Perpignan.
Mais dix ans après, l’histoire vient le rappeler à son souvenir. Les poussées de fièvre jusqu’à 41,5°, un premier cancer à 38 ans en 1976 dont il est sauvé par une équipe de Montpellier, un autre cancer de la peau quelques années plus tard, l’affaiblissement, les acouphènes, « pour finir diabétique insuliné », titulaire d’une carte de priorité pour handicapé délivrée par le département et pourtant reconnu invalide à seulement 10 % par l’Armée.

« La colère au ventre »
« Je ne fais pas ça pour la pension mais pour mes trois fils que j’ai contaminés. C’est le plus dur. Ils ont tous eu des malformations génétiques à la naissance, réparées par la chirurgie. L’aîné a développé un cancer à 25 ans et d’autres maladies. Il en a eu un deuxième à 37 ans et ne peut pas avoir d’enfants bien que la médecine lui ait permis d’avoir une petite fille avec son épouse », raconte Jacques Chalmel, refusant d’évoquer le décès de l’un de ses enfants. « Et à chaque fois, on m’a répondu : vous n’apportez pas la preuve de ce que vous dites. »
Cette fois J acques Chalmel a donc décidé d’engager une procédure civile et de saisir le tribunal pour demander d’abord, via son avocat Me Jean Codognès, une contre-expertise médicale effectuée sur sa personne par des spécialistes du nucléaire. Sera-t-il entendu ? « On faisait ça la colère au ventre. On savait que c’était dangereux. Comme on ne travaillait pas le samedi et le dimanche, on se réfugiait au foyer, on écrivait des pages et des pages que l’on voulait envoyer à des journaux de gauche pour dénoncer ça mais on jetait tout à la poubelle parce qu’on risquait très gros. Peut-être que j’aurais refusé si j’avais été un intello. Peut-être que j’aurais écrit une lettre à ma fiancée pour lui dire ce qu’il se passait…».

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