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6 janvier, 2011

Scintigraphie cardiaque : 30 % des patients dépassent une dose cumulée d’exposition de 100 mSv

Classé dans : Info — deedoff @ 5:22

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Les patients qui bénéficient d’une scintigraphie cardiaque subissent souvent bien d’autres examens irradiants. Plus de 30 % sont ainsi exposés à une dose cumulée de rayonnements ionisants supérieure à 100 millisievert (mSv), seuil au-delà duquel le risque de cancer est avéré. Une équipe américaine donne l’alerte dans le Journal of the American Medical Association.
[...]

Une médiane de 15 examens et une exposition cumulée de 64 mSv

Les patients ont été exposés en médiane à 15 procédures d’irradiation, dont quatre procédures irradiant à une dose supérieure à la dose cumulée d’une année d’irradiation naturelle (3 mSv).

La dose d’irradiation effective cumulée médiane de ces examens a été estimée à 64 mSv.

Parmi eux, 344 (31,4 %) ont reçu une dose d’irradiation cumulée de sources médicales de plus de 100 mSv. Cette dose dépassait même 200 mSv pour 120 (10,9 %) d’entre eux.
Les 424 patients (38,6 %) qui ont eu recours à plus d’une scintigraphie cardiaque ont quant à eux été exposés en moyenne à une dose effective estimée cumulée de 121 mSv.

« Cette étude est intéressante car elle montre bien, en le quantifiant, que même si l’on administre à nos patients des examens assez peu irradiants, la répétition des procédures amène à des doses cumulées majeures », commente, pour heartwire, le Dr Jean-François Paul, radiologue au Centre Chirurgical Marie Lannelongue (Le Plessis-Robinson).

Les patients soumis à des examens multiples et répétés constituent un sous-groupe pour lequel il est important de bien peser les bénéfices et les risques de chaque exploration afin de limiter le plus possible leur exposition.

Une balance bénéfice/risque favorable pour les plus exposés ?

Le sous-groupe de patients exposés aux plus fortes doses d’irradiation était constitué principalement d’hommes.

Les patients subissant le plus de scintigraphies présentaient par ailleurs des caractéristiques particulières. Il s’agissait là encore plus souvent d’hommes (OR 1,29), âgés (OR 1,31 pour un écart de 10 ans), ayant une couverture sociale (OR, 2,11) et un bon statut socio-économique (OR 1,05 pour toute hausse de 10 000 dollars du revenu médian).

Par ailleurs, plus de 80 % des scintigraphies initiales et 90 % des scintigraphies répétées étaient réalisées dans cette étude chez des patients ayant une pathologie cardiaque connue ou des symptômes évocateurs.

« Il s’agissait de patients déjà malades dont l’espérance de vie est a priori moindre que celle de la population générale du même âge, et qui ont plus de risque de mourir de leurs lésions coronaires que d’un cancer », remarque le Dr Paul.

« Les tumeurs solides se développent typiquement uniquement après un laps de temps d’au moins 5 à 10 ans suivant l’exposition à l’irradiation », rappellent les auteurs.

La balance bénéfice/risque est donc peut-être favorable à la réalisation de ces examens. Il n’en reste pas moins du devoir des médecins de limiter l’exposition de leurs patients (la fameuse stratégie ALARA, « As Low As Reasonably Achievable »).

« La justification (assurer que les bénéfices attendus soient supérieurs au risque pour chaque exposition) et l’optimisation (faire en sorte que l’exposition soit la plus basse possible) sont les pierres angulaires de la protection radiologique », insistent les auteurs.

Optimiser la stratégie d’exploration, choisir un mode de scintigraphie moins irradiant

Dans cette étude, le recours inapproprié à la scintigraphie était rare. Cependant, l’aspect approprié ou non de l’acte était analysé sans tenir compte de la stratégie globale de la prise en charge du patient.

Qu’une scintigraphie soit justifiée ne veut pas dire que l’ensemble des interventions soit optimisé. Or, la scintigraphie ne représentait que 26 % des doses d’irradiation cumulées dans cette étude.

Les auteurs suggèrent de veiller à l’avenir non seulement à ce que le recours à un test individuel soit justifié mais que ce soit toute la stratégie d’imagerie qui soit optimisée et validée pour garantir la plus faible exposition et la meilleure performance.

« Cette stratégie devrait considérer les tests non irradiants comme l’échographie de stress, l’IRM, l’ECG d’effort mais aussi envisager le scanner ou l’angiographie invasive pour « clore la page » sur les sources cardiaques de symptômes atypiques et persistants », estiment-ils.

« Les cardiologues sont habitués à la scintigraphie mais il existe désormais de nouveaux scanners bien moins irradiants qu’une scintigraphie », précise le Dr Paul, « on est sur des technologies récentes qui évoluent vite ».
[...]

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