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28 décembre, 2010

Cultiver les terres contaminées : un crime écologique ou une riche idée ?

Classé dans : Info — deedoff @ 10:52

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A la veille du 25e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, l’Ukraine va annoncer, en mars 2011, un vaste programme de mise en valeur des terres contaminées par la radioactivité. Plusieurs agences d’Etat et chercheurs travaillent pour “comprendre l’ensemble du processus et savoir quels territoires peuvent être utilisés pour l’agriculture, partiellement ou en totalité”, rapporte le ministre intérimaire des Situations d’urgence ukrainien, Mikhaïl Bolotskikh, cité par la Nezavissimaïa Gazeta. Selon un scientifique interrogé par le quotidien moscovite, “les recherches sur le transfert des radionucléides du sol vers les plantes ont été entamées dans les années 1990”. Grâce à cette méthode, il serait possible de réduire le taux de radioactivité des terres pour le ramener à un niveau presque normal.

En fait, les résultats de ces expériences concernent un territoire bien plus vaste que la zone d’exclusion, d’un rayon de 30 kilomètres autour de la centrale. Au-delà, il existe un périmètre d’environ 5 millions d’hectares où vivent toujours plus de 2 millions de personnes, qui cultivent, pêchent, cueillent des champignons, souligne Sergueï Chaparenko, président de l’association écologique ukrainienne Petchenegui. Selon lui, “les écosystèmes ‘fixent’les composés radioactifs bien plus rapidement que prévu”, rapporte la Nezavissimaïa Gazeta. Mais l’écologiste estime qu’il est encore tôt pour parler de repeuplement et de cultures agricoles sur l’ensemble de la zone de Tchernobyl. “C’est un crime de labourer des terres contaminées car cela renforce la pollution de l’air et de l’eau”, s’émeut un ancien fonctionnaire ukrainien chargé de la surveillance de la radioactivité et de l’écologie. En Biélorussie, le président Alexandre Loukachenko avait, lui, lancé dès 2002 un programme pour la réhabilitation des terres contaminées par Tchernobyl. Fidèle à sa veine populiste, il avait suivi de près les cultures expérimentales prétendument inoffensives pour la santé, n’hésitant pas à consommer devant les caméras des oignons et des petits pois du cru, rappelle l’agence d’information Lenta.ru.

Finalement, le 21 juillet 2010, le gouvernement biélorusse a adopté un nouveau “programme d’élimination des conséquences de la catastrophe de la centrale nucléaire de Tchernobyl pour 2011-2015 et jusqu’en 2020”, doté de 2,2 milliards de dollars. Particulièrement ambitieux, il vise un développement social et économique des régions concernées (infrastructures, santé, logement, etc.). L’une des priorités du programme : “prendre des mesures de protection dans l’agriculture qui garantiront une production stable répondant aux normes nationales et internationales en matière de radionucléides”, rapporte le site d’information biélorusse Telegraf.by.

Cependant, la politique de Minsk concernant l’après-Tchernobyl a été régulièrement critiquée par le professeur et académicien biélorusse Ivan Nikitchenko. Cet éminent expert dénonçait une sous-estimation volontaire par les autorités biélorusses des conséquences de la catastrophe. En octobre 2009, dans une lettre adressée à Loukachenko, il affirmait que cela “[menait] à une pollution des sols sur pratiquement tout le territoire de la Biélorussie. Environ 80 % des radiations auxquelles est exposée la population proviennent de produits alimentaires contaminés”, rappelle Belorousskié Novosti. Nikitchenko n’a cessé d’alerter l’opinion publique et s’était même tourné vers l’opposition biélorusse dans la perspective de l’élection présidentielle de décembre 2010. Mais le 20 novembre dernier, à 71 ans, il est mort des suites d’une collision suspecte de sa voiture avec un camion.

En Russie, on redoute particulièrement ces initiatives de mise en culture de terres polluées, notamment en Biélorussie, pays avec lequel une union douanière a été conclue. En conséquence, “nous serons les premiers à tester les délicieux produits contaminés” destinés à l’exportation, craint le journal russe Troud.

Source

Lire aussi « Du colza pour dépolluer Tchernobyl« 

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