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7 décembre, 2010

Fessenheim-sur-Saône, là où naissent les générateurs de vapeur

Classé dans : Info — deedoff @ 20:38

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Le générateur de vapeur ? Un des élements-clés d’une centrale nucléaire et l’objet de toutes les attentions du site Areva de Saint-Marcel, fournisseur officiel de Fessenheim. Visite en Bourgogne.

Courant 2011, un an plus tôt que prévu pour coïncider avec la 3 e visite décennale, le Centre nucléaire de production d’électricité (CNPE) de Fessenheim troquera les trois générateurs de vapeur originels de l’unité de production n° 2 de 900 MW pour trois générateurs flambant neufs. Une opération de maintenance spectacu- laire, déjà réalisée en 2002 pour l’unité n° 1, en fait la plus importante qui puisse survenir sur une centrale — mais, pour le fabricant, le site Areva de Chalon-Saint-Marcel, une quasi routine avec, à son compteur, déjà 319 générateurs livrés depuis 1976 et 39 en commande dont, justement, le triplé alsacien actuellement en cours de fabrication.

De fait, près de 600 composants lourds (cuves, générateurs de vapeur, pressuriseurs et couvercles de cuve) ont déjà été produits ou sont en cours de fabrication sur le site bourguignon dont la capacité annuelle de production est d’au moins 12 composants de grandes dimensions (environ 5 500 tonnes).

Industrie vraiment lourde
Élément stratégique du dispositif national Areva, leader mondial dans la conception et la construction des centrales nucléaires, Saint-Marcel a fabriqué tous les composants lourds du dispositif nucléaire national. Et cette pièce maîtresse du Pôle nucléaire Bourgogne assure être la première au monde à fabriquer des composants pour des centrales utilisant la technologie EPR développée par Areva. Quatre réacteurs à eau pressurisée de ce type sont actuellement en cours de construction à Saint-Marcel et deux vont s’ajouter à la liste, destinés à l’Inde. La relance des programmes nucléaires internatio- naux depuis cinq ans assure de belles perspectives au site dont l’effectif, porté à 1 150 salariés, a quasi doublé depuis 2005.

Invités par Jean-Philippe Bainier, le directeur de la centrale alsacienne, à venir vérifier de visu la bonne marche des travaux, une vingtaine de membres de la Commission locale d’information et de surveillance (Clis) ont pu mesurer le côté titanesque d’une opération touchant à des équipements aussi lourds que complexes et mettant en œuvre des moyens exceptionnels, comme ces perceuses profondes pour le perçage de plaques tubulaires jusqu’à 1 000 mm d’épaisseur ou ces brocheuses entièrement automatisées destinées à la fabrication des différents modèles de plaques entretoises.

Ici, la notion de composant lourd prend tout son sens avec des masses unitaires pouvant dépasser 500 tonnes, des épaisseurs à souder supérieures à 300 mm ou le perçage de quelque 16 000 trous dans chacune des deux plaques tubulaires du générateur de vapeur, le tout sur près de 40 000 m 2 d’ateliers ! Une industrie vraiment « lourde » mais une ambiance de travail presque feutrée où l’homme a tout loisir de mesurer sa dimension quasi microscopique !

« Un spectacle impressionnant et surtout très enrichissant », résumera après-coup Michel Habig, un président de la Clis ravi de cette première, la plupart des membres de la commission saluant une opération de transparence d’autant plus bienvenue que la doyenne des centrales nucléaires françaises espère pouvoir fêter son 40 e anniversaire en 2017. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) doit encore se prononcer sur cette éventualité comme elle vient de le faire pour l’exploitation du réacteur n° 1 de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme). En juillet 2009, l’ASN avait donné un feu vert de principe à une prolongation jusqu’à 40 ans (voire 60) de l’exploitation des réacteurs nucléaires de 900 méga- watts, sous réserve d’une évaluation au cas par cas. Celui du réacteur n° 1 de Fessenheim est en cours d’examen.

Loin du flux tendu
De fait, les nouveaux générateurs de vapeur — 40 millions d’euros pièce — profitent d’une optimisation générale avec, notamment, un plus large recours aux pièces forgées permettant de supprimer certains joints au bénéfice de la fiabilité et de la sécurité. Le rendement a en outre été amélioré.

Ces « monstres » de chacun 20,6 m de haut, 4,5 m de diamètre et 300 tonnes de poids de corps avec 4 750 m 2 de surface d’échange et 3 330 tubes de refroidissement seront bientôt expédiés à Fessenheim en deux éléments : la partie supérieure par la route et la partie inférieure par voie fluvio-maritime (Saint-Marcel-Fessenheim via Anvers ou Rotterdam), les deux étant mariées in situ au début de l’été.

Au bilan, il se sera écoulé 60 mois entre la commande adressée à Areva et la livraison des générateurs. On est loin du flux tendu et l’anticipation, côté client et fabricant, est indispensable. Mais il y a pire : 9 ans dans le cas des générateurs de vapeur destinés à la centrale chinoise de Taishan de type EPR, et non REP comme ceux de Fessenheim et des 56 autres réacteurs mis en service entre 1977 et 1999, en France.

Jacques Prost

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