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1 novembre, 2010

Thyroïde : trop d’ablations injustifiées

Classé dans : Info — deedoff @ 20:59

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Sur 100 nodules thyroïdiens découverts, seuls 4 sont des cancers, qui évoluent extrêmement lentement.

Thyroïde : trop d'ablations injustifiées dans Info coeur-Thyroïde, prostate: aux mêmes causes les mêmes effets? L’incidence des cancers de la thyroïde augmente de 5 à 7% par an, avec près de 5000 cas annuels en France. «Tout laisse à penser que cette augmentation est un effet du dépistage. À multiplier les échographies, on multiplie les chances de trouver des nodules suspects et de petites tumeurs. Or ces dernières représentent 80% des cancers thyroïdiens diagnostiqués», explique le Pr Martin Schlumberger, de l’IGR.

On a beaucoup incriminé l’accident nucléaire de Tchernobyl dans cette augmentation. Une explication que réfute le spécialiste. «Scientifiquement, cela ne tient pas. L’augmentation date de la fin des années 1970, et Tchernobyl de 1986. Elle se voit dans tous les pays industrialisés, même ceux qui n’ont pas été touchés. La dose d’irradiation en France était très inférieure à celle susceptible de provoquer des cancers, et il n’y a pas eu plus de tumeurs chez ceux qui étaient enfants à l’époque.» Tchernobyl a bien eu un impact. Mais indirect. En attirant l’attention des médecins sur cette glande avide d’iode, radioactif ou pas.

L’effet paraît donc bien, comme pour le cancer de la prostate, consécutif au dépistage accru. Or, sur 100 nodules thyroïdiens découverts, seuls 4 sont des cancers, qui évoluent extrêmement lentement. L’échographie permet d’éliminer des nodules toujours bénins comme les kystes. Complétée par le dosage de la TSH, elle permet d’estimer le caractère douteux ou non du nodule. «Sauf exception, les tumeurs de moins de 1 cm ne justifient ni cytoponction ni a fortiori opération, car leur risque d’évolution est très faible. Une surveillance régulière suffit. Pour les nodules de plus de 1 cm, une cytoponction doit toujours être réalisée avant d’opérer. Elle montre 2 fois sur 3 que le nodule, bénin, n’a pas besoin d’être retiré mais juste surveillé. Le tiers restant comprend des tumeurs douteuses, souvent enlevées, et des cancers avérés qui doivent l’être absolument, précise le médecin. Mais au total, 40 % des cancers thyroïdiens opérés actuellement ne devraient pas l’être !»

Seul traitement, l’ablation chirurgicale totale de la thyroïde n’a rien d’anodin et doit être pratiquée par un chirurgien entraîné. L’opération est souvent complétée par un traitement à l’iode 131, radioactif, qui détruit les cellules thyroïdiennes restantes. Après ce traitement initial, 85% des malades sont totalement guéris et peuvent vivre normalement, avec pour seule contrainte la prise quotidienne de thyroxine pour remplacer l’hormone absente.

Outre 5% de cas difficiles ou inopérables d’emblée, on compte 10% de rechutes locales, en majorité traitables par l’iode 131 et la chirurgie, ou de métastases dont 1/3 sont sensibles au traitement par l’iode 131. «Finalement, il reste de 200 à 300 cancers difficiles ou réfractaires, désormais suivis collectivement dans le réseau Tuthyref qui regroupe les compétences de 30 centres français dont 4 hors métropole, pour donner à tous les meilleures chances.»

 

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