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5 septembre, 2010

Peut-on savoir si un cancer est dû à la radioactivité ?

Classé dans : Info — deedoff @ 5:24

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Dans l’affaire des leucémies de La Hague, scientifiques et médias se sont focalisés sur l’analyse épidémiologique. Le débat aurait été plus vite conclu si l’on avait pu faire le diagnostic, malade par malade. On peut en effet imaginer que l’analyse biologique puisse déterminer que tel cancer est ou non provoqué par des rayons. En fait, des progrès significatifs ont été réalisés en ce sens. On connaît de mieux en mieux les effets des différents types de radioactivité. L’analyse des perturbations chromosomiques et des mutations observées devrait permettre sinon d’incriminer tout à fait l’effet de la radioactivité ou de le disculper, du moins d’établir une présomption.

Depuis le milieu de ce siècle, nous avons connu le surarmement nucléaire et ses conséquences apocalyptiques, et un développement considérable de l’industrie nucléaire civile, particulièrement en France. Pourtant, les études sur les effets biologiques des radiations sont restées rares, et en vérité souvent méprisées par la communauté scientifique. De plus, les chercheurs se sont peu intéressés aux lointains effets d’une exposition relativement faible aux radiations. Aujourd’hui, le spectre d’un conflit nucléaire généralisé s’écarte. Mais les centrales nucléaires demeurent. Tchernobyl nous a rappelé qu’un accident grave est toujours possible, notamment dans les pays aux installations désuètes. Par ailleurs, toute installation industrielle, chimique ou autre, génère des déchets polluants. Les centrales électronucléaires n’échappent pas à cette règle et les effets de leurs déchets radioactifs peuvent s’ajouter à ceux de la radioactivité naturelle. Bien que le contrôle des rejets de matières radioactives soit sévère et qu’ils ne contribuent que très peu à l’irradiation collective, le public s’interroge, de façon fort légitime, sur l’usage du nucléaire pour la production d’énergie.

Les craintes sont d’autant plus exacerbées que les risques sont mal connus. Les organismes impliqués dans le nucléaire sont souvent accusés de retenir l’information, mais ce manque de transparence n’est souvent qu’un reflet de la limite des connaissances. La principale inconnue aujourd’hui est de savoir s’il y a réellement un risque à être exposé aux faibles doses. Si ce risque existe, il est forcément très faible puisqu’on n’est pas encore parvenu à le mettre en évidence. La prudence justifiée des scientifiques laisse le champ libre à l’imagination, et quelquefois aux charlatans. (lire la suite)

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”Je suis décontamineur dans le nucléaire” de Claude Dubout aux Editions Paulo-Ramand

Classé dans : Info — deedoff @ 2:41

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L’auteur de ce livre prenant a 46 ans et travaille dans le secteur nucléaire depuis bientôt trente ans. Il a beaucoup vu et beaucoup subi. C’est donc le fruit de cette longue expérience qui lui permet aujourd’hui de nous proposer ce livre. Au fil des pages, on sent que l’homme aime son métier, mais on ressent aussi les désillusions nombreuses. Il transpire perceptiblement des regrets dans l’enfilade des chapitres.

Que sait-on au juste du nucléaire. On connait bien entendu la puissance du lobby nucléaire, et ses méthodes, son goût de l’ombre et ses entrées multiples au gouvernement. On sait aussi les incidents à répétition dans les centrales françaises, ses problèmes de déchets, son coût exorbitant. Tout cela bien planqué derrière les caméras, les grilles et les barbelés, loin des regards indiscrets des médias, souvent complaisants d’ailleurs. Dans ce domaine, la fameuse transparence n’est souvent qu’un leurre favorisant le “tout va bien, circulez, rien à voir”. Et on se souvient du fameux nuage de Tchernobyl qui s’était arrêté aux frontières françaises…

Quant aux travailleurs du nucléaire, ce sont les grands absents. C’est donc le grand intérêt de ce livre autobiographique et de témoignage, que de jeter un rayon de lumière sur la vie de ceux qui permettent aux centrales de fonctionner : « les invisibles » comme il les appels.

Claude Dubout commence par nous donner quelques informations de base. D’où vient cette électricité qui nous permet de vivre quotidiennement. Qu’est-ce que l’uranium ? La première centrale nucléaire datant de 1951 aux USA… Quelques rappels utiles sur la bombe A et H. Puis il nous explique pourquoi il a voulut être décontamineur. Tout son livre balance ainsi entre explications techniques et considérations humaines, nous rappelant ainsi qu’il y a toujours des hommes, et ces hommes qui souvent prennent des risques, derrière les hautes technologies, derrière le bisness.
Pendant plusieurs années il fut un intérimaire du nucléaire. Puis il réalise sur le site de Marcoule dans le Gard ses premières décontaminations. Les fuites sont souvent nombreuses et il s’agit alors de rendre les endroits contaminés accessibles aux autres travailleurs.
Pas facile et dangereux.
Au fil de sa vie professionnelle, il intervient à Saint Laurent des eaux, à Bugey, à la Hague, à Cadarache, à Nogent, à Flamanville, avec parfois des interventions hors du commun, comme une décontamination de têtes de missiles “sol-air” dans un camp militaire, l’assainissement d’une école maternelle à Paris, la réhabilitation d’un laboratoire de Marie Curie. Ou encore à Toulon, à l’arsenal pour décontaminer des matériels de chaufferie d’un sous-marin nucléaire d’attaque.

Avec précision il nous raconte comment il est passé à deux centimètres de la mort. Comment il a été irradié, comment il a bravé la radioactivité pour le bien des autres.

Et aussi comment fonctionne une centrale ?
La sureté, qu’est-ce que c’est ?
Que se passe-t-il pendant l’arrêt d’une tranche ?
Et puis les matériels qui vieillissent, par restriction de maintenance et de renouvèlement, les rendant plus difficile à décontaminer.
Et le problème de la “dose” sur chaque intervenant :

“La dose est en moi, je l’ai prise au fond de la piscine, près de la pompe RRA, dans l’atelier…Elle est partout autour de moi, je ne la sens pas, je ne la vois pas. Pourtant, elle est là affichée sur l’écran de mon dosimètre opérationnel, elle est photographiée dans mon dosimètre passif.”

Et aussi “Three miles island” et Tchernobyl, et encore la libéralisation des marchés de l’énergie en Europe et sa conséquence, la privatisation.
Avec elle, le prix de vente dépend de la marge bénéficiaire des entreprises productrices définie par les actionnaires.
Se posent alors la santé et le bien-être au travail de ceux qui sont sur le terrain, ainsi que la sûreté des installations.

En fin de volume, le décontamineur nous parle de la sous-traitance du nucléaire. Ces travailleurs qu’il décrit à la plume de Zola, à qu’il accorde la distinction affective de « héros de notre électricité journalière ». Les nouveaux esclaves des temps modernes qui parfois entrent, eux aussi en lutte, qui parfois revendiquent leur dignité…

Et ainsi de suite, a foison, encore et encore, l’auteur nous offre un récit précieux, un formidable témoignage, un aveu presque chimérique sur des métiers peu connus, sur un univers équivoque où des hommes œuvrent chaque jour dans une y compris la solitude, perpétuellement sur les routes.
Un livre utile, incontournable qui nous apprend, nous permet de savoir ce qu’il y a derrière ces grilles qui encagent le nucléaire, mais aussi ces les travailleurs du nucléaire.

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Accord avec Areva pour un « observatoire de la santé » au Gabon en octobre

Classé dans : Info — deedoff @ 2:24

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L’Etat gabonais et le groupe nucléaire français Areva ont trouvé un « accord définitif » pour créer en octobre un « observatoire de la Santé » à Mounana (sud-est du Gabon), ancien site d’exploitation de l’uranium, selon un communiqué des deux parties.

« L’Observatoire de la Santé de Mounana (OSM) a pour objet d’étudier l’impact sanitaire des activités minières de la Compagnie des mines d’uranium de Franceville (Comuf, filiale d’Areva au Gabon) sur la santé et l’hygiène de ses anciens collaborateurs et des populations locales », est-il expliqué dans ce communiqué transmis mercredi à l’AFP par l’ONG gabonaise de défense de l’environnement Brainforest.

L’assemblée générale constitutive de l’Observatoire (OSM) se tiendra à Libreville le 19 octobre, et son premier conseil d’administration à Mounana le 21 octobre, annonce ce texte, signé notamment par des représentants de l’Etat gabonais, d’Areva et du Collectif des anciens travailleurs et miniers de Comuf-Mounana (Catram).

Il est aussi paraphé par la maire de Mounana, commune où la Comuf a exploité des gisements d’uranium pendant près de 40 ans. L’exploitation a été définitivement arrêtée en juin 1999 « faute de réserves économiquement exploitables », selon Areva.

Les membres fondateurs de l’OSM sont l’Etat gabonais, Areva et le Catram, qui ont trouvé « un accord définitif sur la rédaction des statuts » de l’association au cours d’une réunion tenue lundi à Libreville, selon le communiqué.

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Le démantèlement des bâtiments à propulsion nucléaire

Classé dans : Info — deedoff @ 2:17

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Le démantèlement est une étape incontournable de la vie d’un bâtiment à propulsion nucléaire. La maîtrise d’ouvrage de cette opération, conduite dans des conditions de sécurité nucléaire optimisées, a été confiée à la direction générale de l’armement (DGA). Elle a pour objectif de garantir la conservation des six tranches réacteurs des SNLE type Le Redoutable avant d’achever leur démantèlement. Ce vaste programme s’inscrit dans la durée puisque le premier sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) devrait être retiré du service actif au milieu de la prochaine décennie.

Depuis mai 2002, le SNLE Le Redoutable , premier sous-marin nucléaire français, est ouvert au public de la Cité de la mer à Cherbourg. Cet événement est l’aboutissement d’une série d’opérations conduites dans des conditions de sécurité nucléaire optimales. La coque de l’ex-SNLE Le Redoutable a fait l’objet d’un traitement particulier pour entrer dans le patrimoine public. Les autres SNLE suivront le cycle normal qui conduira à leur élimination totale dont la logique est présentée ci-après.

Il convient de distinguer deux démarches parfaitement indépendantes : le démantèlement , qui s’attache aux opérations touchant à la sécurité nucléaire, et la déconstruction , qui traite de la coque après séparation de la tranche réacteur. La DGA assure la maîtrise d’ouvrage du démantèlement et DCNS la maîtrise d’oeuvre. La déconstruction de la coque sera conduite par une maîtrise d’ouvrage restant à définir.

Le démantèlement est une opération sensible au point de vue de la sécurité nucléaire, techniquement délicate à réaliser, mais maîtrisée, notamment sur les plans de la radioprotection et du traitement des déchets. En revanche, la gestion de la coque libérée de son installation nucléaire après contrôle n’entraîne plus de contraintes particulières sur le plan de la sécurité nucléaire. Le sous-marin amputé de sa tranche réacteur est remis à l’eau et remorqué vers un quai en attente de déconstruction. Toutes ces opérations de démantèlement ont lieu dans les sites DGA du port militaire de Cherbourg.

La mise à l’arrêt définitif
Cette opération d’une durée de quelques mois consiste principalement à décharger le coeur du réacteur nucléaire et à débarquer les différentes énergies. Les éléments combustibles irradiés constituant le coeur sont entreposés dans la piscine de l’atelier réacteur du Homet en attendant leur reprise par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) pour stockage et/ou retraitement. Le sous-marin est alors mis en sécurité pour éviter tout risque de naufrage du navire et de pollution.

Le démantèlement de niveau I
Des matériels de la tranche réacteur sont débarqués, des installations de surveillance supplémentaires sont mises en place.

Le démantèlement de niveau II
La partie confinée est réduite au minimum, l’étanchéité et la protection biologique sont renforcées. Une décontamination poussée est opérée, tous les fluides sont vidangés et le circuit primaire réduit aux grandes capacités est asséché. Les traversées de cloison sont soudées par des tapes métalliques et l’étanchéité du compartiment est vérifiée. Cette opération dure de dix à douze mois suivant l’état radiologique du sous-marin. Cette phase se termine sur le dispositif de mise en eau par la découpe de la tranche réacteur alors parfaitement confinée.

N’ayant plus de liaison avec le reste du sous-marin, la tranche réacteur peut être découpée sur le dispositif de mise en eau. Le navire est remonté au niveau du sol. L’opération d’une durée de trois mois consiste à séparer cette tranche de 700 tonnes du reste du navire. La tranche sera transportée sur plate-forme vers son lieu d’entreposage.

L’avant et l’arrière du sous-marin sont alors repositionnés grâce au système de marcheurs puis joints par soudage, l’ensemble est remis à l’eau et la coque entreposée le long d’un quai.

L’entreposage de longue durée
La tranche réacteur est entreposée sous surveillance au Homet sur une dalle sismorésistante. Elle est protégée des intempéries par une structure adaptée. Un système de ventilation permet d’effectuer une pénétration annuelle pour opérer des vérifications de l’évolution des matériels dans le temps et garantir des conditions d’ambiance adéquates.

Cet entreposage est aujourd’hui envisagé pour une durée de l’ordre de quelques dizaines d’années. La décroissance radioactive des matériaux métalliques activés et contaminés au cours du fonctionnement du réacteur permet de réaliser les opérations de niveau III dans les meilleures conditions de radioprotection et de coût. La première tranche réacteur – celle du SNLE Le Redoutable – est entreposée depuis quinze ans.

Le démantèlement de niveau III
Tous les matériaux et équipements nucléaires sont enlevés, l’installation est entièrement découpée et conditionnée en fûts de déchets pour l’ANDRA. Ces travaux devront être effectués sur site dans une infrastructure spécifique permettant de démanteler complètement la tranche réacteur.

Le CEA est chargé des études de faisabilité de cette phase. Un premier examen a déjà permis de décrire les hypothèses sur les états de déclassement et les critères de choix des scénarios envisagés pour les opérations à réaliser sur les chaufferies pour passer du niveau II au niveau III de démantèlement.

La poursuite de ces études permettra de valider la durée d’entreposage de la tranche réacteur ainsi que la compatibilité avec les contraintes de transport et les critères d’acceptabilité de l’ANDRA dans le cadre d’un stockage définitif des colis.

La déconstruction
Après autorisation par les autorités de sûreté, la coque peut être recyclée hors du domaine nucléaire. La déconstruction fait actuellement l’objet d’études qui prennent en compte le traitement des matières dangereuses et le respect de l’environnement. Cette opération techniquement lourde nécessite des outillages spécifiques et des surfaces de travail importantes. Chaque coque d’une longueur de plus de 100 mètres et de 10 mètres de diamètre représente en effet un colis très encombrant de 7 000 tonnes !

Vision à long terme
Le traitement au niveau II de démantèlement des ex-SNLE type Le Redoutable sera achevé dans les dix prochaines années. Les premiers SNA type « Rubis » regagneront Cherbourg au milieu de la prochaine décennie pour subir les mêmes opérations. Une vision très large incluant les SNA type Barracuda montre que ce programme est loin d’être terminé.

Les deux premiers niveaux de démantèlement des SNLE se sont déroulés dans des conditions de sécurité permettant de garantir l’absence de risque pour le public. Cette réussite repose sur les principes adoptés lors de la conception et au cours de la réalisation des sous-marins à propulsion nucléaire sur la reprise et le traitement des éléments combustibles et des déchets, sans oublier le savoir-faire des équipes chargées de ces opérations.

La poursuite de cette démarche confirme la volonté de la France de mener à son terme, dans le respect des règles de protection de l’environnement, l’élimination totale des installations nucléaires de la Défense retirées du service. Ce programme n’en est qu’à ses débuts. L’enchaînement des opérations assurera la pérennité du savoir-faire des intervenants ; la rigueur de l’application des règles en matière de sûreté nucléaire et la prise en compte du retour d’expérience seront le gage de notre sécurité.

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Alerte nucléaire prochaine à Cherbourg

Classé dans : Info — deedoff @ 2:12

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Une partie de la population de l’agglomération cherbourgeoise est invitée à participer à un exercice sur le port, le 23 septembre.

Policiers et gendarmes joueront, le 23 septembre, à faire peur aux Équeurdrevillais. Des voitures munies de haut-parleurs sillonneront la partie de la ville située à 500 m du port militaire de Cherbourg pour inviter la population à se mettre à l’abri. Les piétons devront entrer dans le commerce le plus proche et écouter Radio France. Les automobilistes devront abandonner leur véhicule pour en faire autant. Les enfants seront confinés dans les écoles.
« L’incident, il est fictif. On va jouer », a insisté le sous-préfet de Cherbourg, Yves Husson, hier soir. Il s’adressait à la quarantaine de personnes venues assister à la présentation de cet exercice d’urgence nucléaire.

Un exercice qui ne concerne pas l’usine Areva de La Hague, mais le port militaire. Celui-ci compte deux ateliers travaillant des matières nucléaires, l’atelier Cachin-Laubeuf où sont assemblés les sous-marins à propulsion nucléaire, et la zone du Homet où ils sont démantelés quelques dizaines d’années plus tard. L’arsenal de Cherbourg construit des sous-marins nucléaires depuis 1960. Jamais aucun exercice de sûreté n’avait été mené avec la participation de la population. Préfecture maritime et préfecture de la Manche ont programmé celui-ci pour « vérifier que ce qui a été prévu est réalisable ». Mieux vaut tard que jamais.

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