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30 septembre, 2010

Démantèlement de l’ancienne usine Areva-La Hague: enquête publique lancée

Classé dans : Info — deedoff @ 9:56

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Trois des enquêtes publiques sur le démantèlement de l’ancienne usine d’Areva à La Hague, évalué à 2,5 milliards d’euros par l’entreprise, ont démarré lundi et s’achèveront le 27 octobre, selon le site internet de la préfecture de la Manche.

Il s’agit du démantèlement de trois installations nucléaires de base (INB) de l’usine qui a fonctionné de 1966 à 2003 et qui comprenait 4 INB. Le démantèlement de la quatrième INB, autorisé en 2009, est en cours.

De source proche du dossier, le décret de démantèlement des trois unités pourrait paraître en 2011. Le démantèlement des quatre INB doit durer 25 ans et coûter 100 millions d’euros par an, avait indiqué Areva par le passé. Jusqu’à 500 personnes devraient y travailler.

En juin dernier, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait sommé Areva de reconditionner un millier de tonnes de déchets stockés « assez radioactifs » dans du « béton qui vieillit » dans cette ancienne usine.

Le démantèlement de l’ancienne usine de La Hague sera l’un des plus gros chantiers de démantèlement d’un site nucléaire en France, selon une source proche de l’industrie nucléaire.

Le coût du démantèlement de la (petite) centrale de Brennilis a, par exemple, été évalué à 490 millions d’euros, selon l’ex eurodéputé des Verts Didier Anger, président de l’association CRILAN qui demande un débat national sur les démantèlements et le sort incertain des déchets.

Mais le démantèlement entamé en 1997 de l’usine de Marcoule (1958-1997), « grande soeur » de l’usine de retraitement de La Hague qui doit s’achever en 2035, a été estimé en 2006 par le CEA à 4,8 milliards d’euros.

La déconstruction de la centrale de Brennilis est considérée comme un test pour les futures autres démantèlement de centrales nucléaires françaises. Mais son démantèlement entamé en 1996 est gelé depuis une décision du Conseil d’Etat de 2007 annulant un décret de 2006 qui autorisait le démantèlement total.

Selon l’ASN en France huit réacteurs sont en phase d’arrêt définif et de démantèlement.

 

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La mort du physicien Georges Charpak

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Connu pour ses travaux sur les détecteurs des particules à hautes énergies, il avait reçu le Prix Nobel de physique en 1992. Retour sur le parcours unique d’un immense chercheur disparu à 86 ans.

La mort du physicien Georges Charpak dans Info coeur-On peut être un grand physicien et avoir de l’humour. Charpak en avait beaucoup. Alors qu’on lui faisait remarquer l’ironie qui avait situé son appartement parisien juste au-dessus des toits de l’Institut Curie, il nous avait un jour répondu : «Vous voulez dire que ce sera pratique quand j’aurai un cancer ?».

Né en Pologne en 1924 à Dąbrowica dans une famille juive pauvre non loin de Tchernobyl, il s’appelle d’abord Grisha. Deux ans plus tard, ses parents partent pour la Palestine, à Haïfa, alors sous mandat britannique. Les temps sont difficiles : ils travaillent dans une entreprise pour casser des cailloux qui serviront à la construction d’une route et décident, au bout de deux ans, de rentrer en Pologne. Les parents font le choix de l’envoyer à l’école publique. Le petit garçon juif se souviendra longtemps du signe de croix qu’il devait faire à l’entrée devant la Vierge Marie. A 8 ans, il rejoint la France et se prénomme désormais Georges. L’objectif du voyage est l’exposition coloniale de 1931 mais les Charpak, comme des milliers de Polonais s’installent définitivement et deviennent des immigrés en situation irrégulière.

Georges Charpak découvre avec délectation l’école de la IIIe République. Il devient rapidement le premier de sa classe en mathématiques, passe son temps à la bibliothèque où il dévore les œuvres d’Alexandre Dumas, Jules Verne mais également les Pieds Nickelés et Mickey. «Nous n’étions pas français mais nous aspirions à le devenir !», écrivait-il dans La vie à fil tendu (1993). Il se met à fréquenter les Faucons rouges, scouts laïcs d’obédience socialiste. Un jour, âgé seulement de 14 ans et alors qu’il n’est qu’en classe de 4e, il fait «un grand coup de bluff» : sans ses parents, il se rend au prestigieux lycée Saint Louis boulevard Saint-Michel pour passer un examen qui le conduit directement en… première. Il passe son bac philo en même temps que son bac scientifique en 1941 avant d’entrer en classe préparatoire. Il refuse de porter l’étoile jaune et s’insurge contre ses camarades «bourgeois» qu’il juge trop «passifs» dans la guerre contre le nazisme. L’antisémitisme prend de l’ampleur au lycée et Charpak sent la nécessité de s’engager. Les socialistes le lassent, le non engagement de Léon Blum lors de la guerre d’Espagne le choque.

La lecture de La condition humaine est déterminante, il devient communiste. Averti par le père d’un copain policier d’une prochaine arrestation de juifs, la famille fuit Paris et le jeune Georges atterrit à Montpellier où il intègre la Résistance. C’est dans ce contexte particulier qu’il passe le concours de Polytechnique et des Mines avant d’être condamné en 1943 par les tribunaux de Vichy à deux ans de prison. De cette période, il retiendra la solidarité qui consistait notamment à prélever deux cuillerées de soupe dans chacune des gamelles pour les plus faibles.

Quelques temps après, il est déporté à Dachau. Avec ses compagnons, il se persuade que l’Allemagne va bientôt capituler et leur objectif est de «survivre». Puis, arrive 1945 et les GI qui l’embarquent, lui offrent des haricots blancs. Il arrive à l’hôtel Lutetia. Ses parents lui apprennent qu’il a réussi le concours des Mines mais sa mère insiste pour qu’il recommence afin de décrocher Polytechnique. Mais après Dachau, son envie de repasser les concours est limitée. Il suit les cours de Joliot, admire Boris Vian. En 1956, les évènements en Hongrie ébranlent ces convictions communistes. C’est désormais la physique qui remplit sa vie : «La physique ressemble à la plus exigeante et parfois à la plus destructive des maîtresses. Nuit et jour, été, hiver, matin et soir, elle vous poursuit, vous envahit, vous comble ou vous désespère», écrira-t-il. La rencontre avec Frédéric Joliot-Curie fut déterminante, aussi bien en raison de sa personnalité scientifique que pour son passé de résistant et de militant communiste. Après les Mines, Charpak entre comme stagiaire au CNRS. Puis Léon Lederman, (prix Nobel en 1988) lui propose de rejoindre l’équipe qu’il créait au Cern pour travailler sur les hautes énergies et il quitte alors la France pour Genève.

A partir de ce moment là, «la recherche fondamentale allait engloutir ma vie». Il obtient le prix Nobel en 1992.

 

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29 septembre, 2010

La Drôme mise en alerte pour un faux accident nucléaire au Tricastin

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Une simulation grandeur nature d’accident chimique autour du site nucléaire du Tricastin a agité mardi la tranquille Drôme provençale, quelque 600 pompiers, gendarmes, secouristes et infirmiers s’efforçant de faire « comme si c’était vrai ».

Non loin de là, c’est déjà la Provence, avec ses champs où la lavande vient tout juste d’être coupée. Mais l’exercice commence dans un décor plus austère, sur le site d’enrichissement d’uranium d’Areva, attenant à la centrale du Tricastin, exploitée par EDF. Une fausse fuite a théoriquement fait quinze blessés graves parmi les ouvriers.

Michel Carlès, médecin du travail, explique que lors de tels accidents, « ce sont surtout les brûlures de l’appareil respiratoire qui sont à craindre ».

D’abord transportés sur un poste de secours installé rapidement sur place pour les soins urgents, les blessés sont transférés à quelques kilomètres, dans un poste médical avancé équipé notamment d’une salle de décontamination.

Pendant ce temps, des spécialistes munis de compteurs Geiger mesurent la décontamination progressive du lieu de l’accident.

Le directeur du site, Frédéric de Agostini, détaille l’exercice: l’alerte a été donnée vers 09H20, et la fausse fuite, simulée pour l’occasion par des fumigènes, « a été stoppée vers 10H00″.

Pour lui, cet exercice, le deuxième organisé depuis le début de l’année, c’est presque de la routine. Mais cette fois-ci, il a pour particularité de se prolonger en dehors du site, auprès des civils, une simulation bien plus rare.

Mardi, la préfecture de la Drôme a ainsi décidé d’installer autour du site, sur un périmètre de sécurité de 3,5 km, des points de contrôle de gendarmerie, avec forces de l’ordre en tenue et masques antiradiation.

Non loin de là, dans la petite ville de Saint-Paul-Trois-Châteaux, la « Cité 3″ étale ses petits pavillons style années 60. Normalement, en début d’alerte, on aurait dû y entendre les hurlements des sirènes. « Mais le vent est au nord, alors c’est quasiment inaudible », explique une habitante, Elsa Specel.

« Heureusement que c’est une simulation: je viens juste d’amener mes enfants à l’école », ajoute-t-elle, alors qu’une camionnette de pompiers égrène en boucle dans un haut-parleur grésillant « Ceci est un exercice. Restez chez vous et informez vous sur la télévision et la radio ».

Elsa Specel sait ce qu’il faut faire en cas de « vrai » accident: « tout fermer et rester confiné, prendre des pastilles d’iode en cas de radiations et évacuer si l’ordre en est donné ».

A l’école élémentaire de Saint-Paul-Trois-Châteaux, pour les enfants, c’est un jour « pas pareil ». Tous sont confinés dans les locaux en raison de l’alerte, mais ils participent joyeusement à l’opération: Adel, Kevin, Rayan et quelques autres ont dessiné et colorié… le site du Tricastin, avec ses deux énormes cheminées fumantes.

A l’hôpital de Montélimar, à une vingtaine de kilomètres au nord, le personnel se prépare à accueillir les 15 faux blessés du Tricastin, plus cinq occupants d’une voiture, dont un octogénaire, supposés avoir traversé un nuage toxique fictif.

Problème: ces promeneurs n’ont pas été décontaminés par Areva, et l’hôpital doit en tenir compte. Il lui faut donc, le temps de l’alerte, fermer complètement ses portes.

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28 septembre, 2010

Un rapport de l’OCDE sur le risque nucléaire

Classé dans : Info — deedoff @ 10:21

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L’Agence pour l’énergie nucléaire de l’OCDE vient de publier un rapport sur le risque nucléaire. Plus exactement une «évaluation» des risques d’accident des centrales électro-nucléaires comparé à celui des autres «filières énergétiques». Ces dernières étant réduites au charbon, au gaz, au pétrole et aux barrages hydro-électriques. (photo Centrale nucléaire de Penly)

Conçu surtout pour «les responsables des politiques énergétique», il représente donc ce que la techno-structure nucléaire propose à nos gouvernements ou députés pour choisir une politique énergétique. Plus exactement, selon ses termes, il s’agit «d’aider les décideurs à comprendre comment les risques d’accidents sont gérés dans les centrales nucléaires» et d’ «une analye rationnelle de la sûreté relative de diverses filières énergétiques.»  Pas vraiment destiné aux citoyens, ni même aux journalistes, il utilise donc un langage direct, voire brutal. On peut le résumer ainsi : ok, le nucléaire peut faire des morts… mais moins que les alternatives. Le rapport est diponible ici en français.

 

Laissons de côté l’exposé des principes de la sûreté nucléaire dans les centrales et les fameuses «études probabilistes de sûreté» censées calculer le risque de survenue d’un accident. Glissons rapidement sur les indicateurs de performance de la sûreté (les arrêts automatiques de réacteurs ont été divisés par trois pour 7 000 heures de fonctionnement depuis 1990). Passons sur les expositions aux radiations ionisantes passées et actuelles des personnels (divisées par trois entre 1992 et 2006 dans les centrales françaises)… et allons à l’essentiel de l’argumentaire : les morts.

Le rapport ne tourne pas autour du pot, et opère par une comparaison sommaire du nombre de morts provoqués par les différentes filières entre 1969 et 2000, à l’échelle mondiale (sauf pour le charbon chinois où les statistiques ne débutent qu’en 1994 et se terminent en 1999). Des morts comptés pour chaque «accident grave», soit au moins cinq morts immédiates. Conclusion : «les risques nucléaires sont souvent très inférieurs à ceux des autres industries.»

Selon ce rapport, les chiffres – ils proviennent d’une base de données créée par l’Institut Paul Scherrer en Suisse – plus de 80 000 morts sont survenues à la suite de 1870 accidents sur cette période (lire aussi ici). Un seul, la rupture d’un barrage en Chine (Banqiao-Shimantan en 1975), compte pour près de 30 000 personnes. Le charbon aurait fait 18 000 morts, dont 11 000 en Chine entre 1994 et 1999). Le pétrole plus de 16 000 morts. le gaz plus de 1000, le GPL plus de 2000… et le nucléaire 31.

Ces chiffres ne tiennent compte que des morts « immédiats »… objecte t-on aussitôt. Sont-ils utiles à la réflexion ?

La réponse suppose que l’on tente de mesurer les morts « totaux ». Et là, difficile, et pas seulement pour le nucléaire. Est-on vraiment certains que les centaines de milliers de morts des guerres d’Irak, en 1991 et 2003 et leurs suites n’ont vraiment rien à voir avec le pétrole et le gaz ? Comment compter les décès prématurés dus à la pollution atmosphérique provoquée par l’usage du charbon et du pétrole, censés être beaucoup plus nombreux que ceux dûs aux accidents ?

En tous cas, pour le nucléaire, le rapport annonce une fourchette de 9.000 à 33.000 d’ici 70 ans comme conséquence de Tchernobyl. Enorme ? Pas pour le rapport qui raisonne en nombre de morts par GWe/an…  et souligne que si on applique le même mode de calcul à la radioactivité naturelle, cette dernière devrait être jugée responsable d’un nombre de décès 1.500 fois plus élevé.

Une telle approche est-elle susceptible de nourrir un débat public ou des décisions de politique énergétique ? C’est peu probable tant les perceptions du risque (voir les analyses sociologiques du sujet) sont assez peu sensibles à ce genre de calcul. Sans parler du mode de décision politique… après tout Lionel Jospin a stoppé Superphénix uniquement pour obtenir la participation des Verts et de Dominique Voynet à son gouvernement. En tous cas, il est possible d’affiner considérablement la présentation faite de l’accident de Tchernobyl en consultant ce rapport de l’IRSN.

Les chapitres sur les conséquences sanitaires et la mortalité permettent de mieux s’informer qu’à la lecture du rapport de l’AEN. Les partisans du recours à l’énergie nucléaire comme ses opposants y trouveront des arguments et des chiffres nettement plus précis que ceux de l’AEN. La plupart des internautes seront surpris, par exemple, de ces chiffres qui concernent les personnes qui ont subi les irradiations les plus fortes (Gy signifie Gray) : «chez ces premiers intervenants, 237 furent hospitalisés. Un syndrome d’irradiation aiguë a été confirmé chez 134 de ces intervenants. Pour 41 d’entre eux, les doses étaient inférieures à 2,1 Gy ; pour les 93 autres, les doses étaient supérieures et ce jusqu’à 16 Gy pour certains. Dans les quatre mois qui ont suivi l’accident, 28 d’entre eux sont décédés. Dans la période 1987-2004, 17 autres intervenants sont décédés des séquelles de leur syndrome, dont 10 avant 1997, 4 avant 2000 et 3 jusqu’en 2004

Surpris aussi par cette étude récente portant sur un nombre conséquent de « liquidateurs » : «Une analyse récente de la mortalité des liquidateurs estoniens et lettons a été effectuée sur plus de 10.000 individus [Rahu et al 2006]. Les auteurs notaient un niveau élevé de mortalité par leucémies, mais ce résultat était basé seulement sur 7 décès, et non statistiquement significatif.» A l’inverse, on s’étonnera que le texte de l’IRSN ne soulève aucunement le problème des décès ou maladies provoquées par les effets non radioactifs de l’accident (déplacement massif de populations, stress, effets psycho-sociaux).

 

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25 septembre, 2010

Energie: Le CEA et les matériaux du futur

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Dans le cadre du Programme transversal « Matériaux avancés, le CEA (Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives) mène une R&D en étroite collaboration avec les industriels pour concevoir les futurs matériaux pour l’énergie, qu’elle soit nucléaire ou alternative.
Alors que les futurs matériaux liés à l’énergie nucléaire et aux énergies devront être plus surs, plus résistants, plus durables avec un impact environnemental réduit et recyclables, le CEA (Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives) lançait, en 2006, le Programme transversal « Matériaux avancés ».

Coupler la recherche amont et les développements technologiques

Les objectifs de ce Programme sont « d’animer et de structurer tous les projets relatifs aux matériaux », « d’amplifier le couplage entre la recherche amont et les développements technologiques mais aussi de susciter ou de renforcer les alliances avec les meilleurs partenaires » rappelle le CEA. C’est dans ce cadre que les 450 chercheurs du CEA affectés à ce programme mènent les recherches nécessaires aux développements de nouveaux matériaux pour l’énergie. Car que ce soit pour optimiser le parc des réacteurs nucléaires, concevoir les systèmes nucléaires du futur, ou soutenir l’essor des nouvelles technologies pour l’énergie (NTE), notamment le photovoltaïque et les batteries Lithium-ion, la mise au point et de la maîtrise de matériaux aux performances techniques spécifiques sont indispensables.

Une science prédictive du comportement des matériaux

Dans le domaine du nucléaire, les chercheurs du CEA travaillent ainsi à l’optimisation du parc nucléaire actuel et conçoivent les matériaux du futur pour les réacteurs de quatrième génération. Dans le domaine des matériaux dédiés aux NTE, les chercheurs se penchent sur les futurs systèmes énergétiques amenés à équiper les voitures, l’habitat ou encore les appareils nomades. Ils tentent notamment d’augmenter le rendement des cellules photovoltaïques tout en abaissant leur coût, mais aussi à améliorer les capacités de stockage de l’énergie. Pour toutes ces recherches et développements, il est « nécessaire de développer une science prédictive du comportement des matériaux sur des temps longs et des expériences accélérées pour simuler, par exemple, les effets de l’irradiation (exposition à un flux de neutrons) sur les matériaux » souligne le CEA.

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Nouvel inventaire des déchets nucléaires stockés dans la mine d’Asse

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Le secrétaire d’Etat Georg Schütte a transmis le 10 septembre 2010 le rapport d’inventaire de la mine d’Asse II [1] au comité de recherche d’Asse (Basse-Saxe) ainsi qu’aux comités fédéraux de l’environnement et de la recherche. Le groupe de projet Jülich du centre Helmholtz de Munich (HMGU) a établi ce rapport à l’instigation du Ministère fédéral de l’enseignement et de la recherche (BMBF), établissant l’estimation actualisée de l’état des déchets radioactifs de la mine d’Asse en prenant en compte l’état de la science et de la technique. Le rapport a également été transmis au ministère fédéral de l’environnement (BMU), responsable de l’assainissement d’Asse.

Ces vérifications ont été compliquées par le fait que 40 ans se sont écoulés depuis l’entreposage (1967-1978) et que les dates limites de conservation des dossiers sont dépassées depuis longtemps. De plus, les exigences portées à la documentation de telles activités étaient bien moins strictes à cette époque qu’aujourd’hui. L’analyse des documents demeurant à disposition confirme dans l’ensemble les données déjà connues. La nouvelle estimation, si elle n’apporte pas de nouvelle connaissance fondamentale sur l’inventaire global d’Asse, montre aussi qu’une exploitation des dossiers ne peut pas remplacer une vérification des faits sur place.

Voici les principaux résultats du rapport :
- Parmi les 126.000 fûts transférés à Asse, 14.779 ont été coulés dans du béton et entreposés en tant que déchets à faible radioactivité (FA) selon les prescriptions de l’époque, alors qu’ils contiendraient selon les normes actuelles des déchets de radioactivité moyenne (MA). En effet, les autorisations de stockage fixaient un débit de dose uniquement à l’extérieur des fûts. Aujourd’hui, 30 ans après leur stockage, 8.465 fûts parmi les 14.779 peuvent encore être considérés comme MA.
- Pendant l’entreposage des déchets radioactifs entre 1967 et 1978, certains fournisseurs auraient livré des déchets en quantité significative, ce qui s’opposait aux conditions d’accueil d’Asse ; ainsi ont été constatés des dépassements de dose limite à l’extérieur des fûts et un entreposage de déchets qui n’auraient pas été dûment agrégés. De tels fûts pouvaient cependant être entreposés si l’autorité de sûreté l’acceptait. Grâce aux documents encore disponibles concernant les fûts stockés à cette époque, et en particulier aux rapports et correspondances encore disponibles sur les échantillons, des réflexions de plausibilité ont été menées et l’inventaire réévalué. Ces réflexions de plausibilité peuvent être validées ou falsifiées uniquement par des prélèvements d’échantillons concrets pendant l’enquête de faits.
- Les quantités de plutonium présentes à Asse s’élèvent à 28,1 kg, soit davantage que ce qui avait été annoncé jusqu’à présent.

Le rapport, qui présente une estimation actualisée de l’inventaire de déchets d’Asse à la disposition de tous, représente une aide déterminante pour toute procédure ultérieure. Les connaissances supplémentaires seront pertinentes pour la question du forage de chambres particulières – ainsi que pour la planification des mesures de sécurité essentielles en cas de récupération des déchets radioactifs.

L’ancienne mine de sel d’Asse II a été exploitée au cours des années 1970 selon le droit minier, officiellement comme centre de recherche, mais servant également de facto au stockage de déchets FMA entre 1967 et 1978. Depuis janvier 2009, le puits d’Asse II est considéré comme un centre de stockage définitif de déchets radioactifs et dépend du droit nucléaire, sous la responsabilité de l’Office fédéral pour la radioprotection (BfS). Depuis 1995, le site est en cours de démantèlement. L’état géologique de la mine pose des problèmes de taille aux experts : infiltration quotidienne depuis 1988 de 12.000 L d’eau saumâtre dans les galeries menaçant la mine de noyage, danger d’écroulement suite à un remblaiement insatisfaisant de certaines chambres à l’époque de l’évacuation du sel. Le BfS a depuis janvier 2009 examiné 3 solutions pour la fermeture du site [2]. L’option de récupération des déchets envisagée actuellement pourrait garantir une sécurité à long terme, exigée par l’état actuel de la loi nucléaire.

[2] – Déplacement des déchets dans des couches plus profondes de la mine : solution viable à long terme, mais coûteuse, à mise en oeuvre lente, et risque de ne pas trouver de site approprié ;
- Remplissage de la mine par du béton et une solution de MaCl : solution rapide et facile à mettre en oeuvre, car évitant un déplacement des déchets radioactifs, mais pas de garantie suffisante de sécurité à long terme, à cause des dégagements radioactifs possibles ;
- Récupération des déchets.

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Fleurus: infime quantité de radioactivité dans l’eau du robinet

Classé dans : Info — deedoff @ 5:06

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C’est une information sur laquelle revient la Libre Belgique ce vendredi matin et qui concerne les mesures de radioactivité effectuées par l’AFCN dans l’eau du robinet sur l’ensemble du territoire. Deux mesures sont, de manière constante, plus importantes. Une à Poperinge, en Flandre occidentale, et l’autre à Fleurus.
Tous les trois mois, l’agence fédérale de contrôle nucléaire, l’AFCN, prélève un échantillon d’eau du robinet à travers toutes les provinces. En général, le taux de radioactivité est infime, voire indétectable sauf à Poperinge et à Fleurus. Là, les valeurs mesurées dépassent le seuil d’alerte.
Mais pas de panique pour autant. Il n’y a aucun danger et la proximité de l’IRE, l’institut des Radio-éléments de Fleurus n’y est absolument pour rien. Lionel Sombré, spécialiste des transferts de radioactivité en milieu naturel à l’AFCN : « La première raison est que les rejets du site de Fleurus sont des rejets atmosphériques. Il n’y a donc pas de raison d’imaginer un rejet liquide radioactif venant de l’IRE. Le site fleurusien est totalement dédouané. Deuxièmement, c’est une origine naturelle qui nous occupe ici. »
« Naturelle » parce que la nappe phréatique se trouve à proximité de roches faiblement radioactives. Lionel Sombré : « Vous avez des dissolutions de sels. La roche est légèrement attaquée, elle se dissout dans l’eau. Avec toute la panoplie de sels classiques, vous retrouvez des sels d’uranium et des sels de radium qui, eux, sont naturellement radioactifs. »
Quant à l’origine du taux plus élevé à Poperinge, c’est beaucoup moins clair. La source de la pollution n’est, à ce stade, pas encore déterminée. Une piste est actuellement étudiée : celle d’une pollution via la composition de certaines canalisations.

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Uranium dans la nappe : des questions et peu de réponses

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Preuve que les Tricastins se sentent concernés, la salle était pratiquement comble mercredi soir à Pierrelatte, lors de la réunion publique initiée par l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), sur la présence d’uranium dans la nappe alluviale de la plaine du Tricastin. Une rencontre bizarrement ficelée, lors de laquelle, les réponses tant attendues par les riverains ne furent pas à la hauteur de leurs espoirs.

À la demande de Jean-Louis Borloo, ministre du développement durable, plus de 2000 mesures sur 400 points d’eau autour du site nucléaire du Tricastin (26 km au nord et au sud et 8km d’est en ouest) ont été effectuées. Sur tous ces prélèvements, deux zones présentent des teneurs supérieures à 15µg/l (microgramme par litre). Une à Lapalud, l’autre au sud de la centrale nucléaire, à Bollène, à proximité de l’usine Comurhex. À certains endroits, 50µg/l ont été décelés.

À Bollène, une des hypothèses évoquées pour justifier cette présence anormale d’uranium dans la nappe serait en lien avec des activités passées sur le site atomique entre 1974 et 1984. À cette époque, deux tonnes d’uranium auraient transité par la Gaffière et le Lauzon. Sur Lapalud, l’uranium d’origine naturelle trouvé à cet endroit serait lié à la formation géologique riche de cette matière.

« Il faut donc dédouaner les activités nucléaires actuelles », a estimé Frédéric De Agostini, le directeur d’Areva Tricastin. « Et puis, ne pas s’inquiéter de l’incidence sur la santé », a expliqué la déléguée territoriale du Vaucluse de l’Agence régionale de santé (ex DDASS). Face à ces résultats, les habitants de la zone se sont montrés très curieux d’en savoir plus.

« Puisque l’on observe aujourd’hui, une pollution qui a eu lieu il y a 20 ans. Dans 20 ans, ne constaterons-nous pas les pollutions actuelles », s’est interrogée Véronique Rousselle, conseillère régionale Rhône Alpes. « Il y a huit kilomètres entre la Gaffière et la zone polluée au nord de Bollène. À la vitesse à laquelle transite ce métal lourd qu’est l’uranium il faudrait 160 ans pour voir apparaître la pollution, il y a un problème, non ? », a fait remarqué un salarié d’Areva. Tandis qu’un Pierrelattin regrettait « que l’étude ne soit pas élargie à d’autres pollutions chimiques ».

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24 septembre, 2010

Il tourne, il tourne, mon électron !

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Une équipe de scientifiques financés par l’UE a découvert le moyen de générer des faisceaux lumineux pivotant. La technique, décrite dans la revue Nature, pourrait permettre de tester les propriétés magnétiques des matériaux et être appliquée de manière à manipuler de minuscules particules et à les mettre en mouvement.

Le soutien de l’UE pour ces travaux provient du projet ESTEEM («Distributed European infrastructure of advanced electron microscopy for nanoscience»), qui a reçu 8,7 millions d’euros sur son budget total de 10 millions d’euros au titre du domaine «Infrastructures de recherche» du sixième programme-cadre (6e PC).

On utilise les faisceaux d’électrons pour étudier la matière depuis de nombreuses années; on trouve couramment des microscopes électroniques en transmission (MET) dans les laboratoires du monde entier. Toutefois, un faisceau normal d’électrons ne fournit aucune information aux chercheurs sur les propriétés magnétiques d’un objet. C’est pourquoi les chercheurs ont besoin d’un faisceau d’électrons à vortex, tournant dans un sens semblable au flux d’air d’une tornade.

Les faisceaux lumineux existent depuis un certain temps et sont utilisés dans des applications telles que les micromoteurs et les «pinces optiques», ce qui permet aux scientifiques de manipuler des particules de l’ordre du micromètre. Un faisceau d’électrons en vortex permettrait aux scientifiques de gérer des nanoparticules, mais la production d’un tel faisceau à vortex s’est révélée particulièrement difficile.

Cette année, une équipe japonaise est parvenue à créer un faisceau d’électrons suivant une trajectoire hélicoïdale. Leur technique consistait à produire des feuilles de graphite puis à chercher un point où deux strates (voire plus) sont alignées de telle façon qu’elles forment une structure spirale. Cette structure peut alors transmettre un hélicoïde à un faisceau d’électrons le traversant. En théorie, on pourrait créer une structure similaire de façon artificielle, mais en pratique cela est extrêmement difficile étant donné qu’elle requiert des manipulations à l’échelle du nanomètre.

Dans cette récente étude, des scientifiques de l’université d’Anvers, en Belgique, et de l’université technique de Vienne, en Autriche, ont abordé le problème différemment. L’équipe a créé un «masque» ressemblant à une grille sur une feuille de platine de 100 nanomètres d’épaisseur. Le masque possédait des zones transparentes et opaques qui laissaient circuler les électrons ou les bloquaient. Lorsqu’un faisceau d’électrons est dirigé sur le masque, il est diffracté, au même titre qu’un faisceau de lumière lorsqu’il traverse une fine grille. La forme de la grille est conçue avec attention de manière à transformer les faisceaux d’électrons ordinaires en des faisceaux à vortex. Plus important encore, étant donné que les dimensions des grilles sont mesurées en micromètres et non en nanomètres, elle est relativement facile à faire.

«Cette technique est une méthode reproductible de la création de faisceaux d’électrons à vortex dans un microscope électronique conventionnel», écrivent les chercheurs. «Nous montrons comment ils peuvent être utilisés dans la spectroscopie de perte d’énergie des électrons afin de détecter l’état magnétique des matériaux et de décrire leurs propriétés. Nos résultats montrent que les faisceaux d’électrons à vortex peuvent contribuer à de nouvelles applications, notamment pour analyser et manipuler les nanomatériaux, et peuvent être facilement produits.»

Le professeur Peter Schattschneider de l’université technique de Vienne est l’un des auteurs du rapport. «Ces faisceaux d’électrons pourraient être utilisés de manière ciblée afin de mettre en mouvement des roues minuscules sur un moteur microscopique», fait-il remarquer. «Par ailleurs, le champ magnétique d’électrons en rotation pourrait être utilisé dans les échelles de longueur les plus infimes.» À terme, cette technologie pourrait s’appliquer au transfert de données (cryptographie quantique) et dans les ordinateurs quantiques.

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Cern: les physiciens observent des liens inédits entre particules sur le LHC

Classé dans : Info — deedoff @ 3:20

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Les physiciens du Cern qui exploite le plus grand accélérateur de particules du monde (LHC) à la frontière franco-suisse ont annoncé mardi [21/09/10] qu’ils pensaient avoir découvert un phénomène inédit dans leur quête sur la formation de l’Univers.
Après près de six mois d’exploitation du Grand collisionneur de hadrons (LHC), les expériences commencent à révéler « des signes de phénomènes potentiellement nouveaux et intéressants », explique le Centre européen de recherche nucléaire (Cern) sur son site internet.

Il s’agit plus particulièrement du fait que « certaines particules sont intimement liées, d’une manière qui n’avait encore jamais été observée dans les collisions de protons », poursuit-il.

« Le nouveau phénomène est apparu dans nos analyses mi-juillet », a précisé le physicien Guido Tonelli lors d’une présentation à des scientifiques des premiers résultats produits par les collisions de protons à une puissance inégalées de 7 TeV.
M. Tonelli a prévenu que ces résultats devaient être encore confirmés mais il a assuré que les chercheurs de l’équipe travaillant sur le détecteur n’avaient pas réussi a contrario à démontrer que le nouveau lien découvert n’existait pas.
« Nous avons maintenant besoin de plus de données pour analyser complètement ce qui se passe et faire nos premiers pas dans la nouvelle physique, un nouveau monde que le LHC, nous l’espérons, va nous permettre de découvrir », a-t-il encore relevé.

De fait, il faudra encore du temps, admet le Centre de recherche nucléaire, avant de pouvoir interpréter ces observations. Le Cern souligne toutefois qu’elles comportent « des similitudes avec des phénomènes observés dans les collisions de noyaux au RHIC du Laboratoire national de Brookhaven (États-Unis), qui ont été interprétés comme pouvant être dus à la création de matière dense et chaude dans les collisions ».

L’anneau de 27 km de circonférence, situé à 100 mètres sous terre de part et d’autre de la frontière franco-suisse, qui a coûté 3,9 milliards d’euros, doit selon les physiciens ouvrir une « ère nouvelle » et permettre de mieux comprendre la formation de l’univers en recréant les conditions immédiates de l’après Big Bang.

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