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29 août, 2010

6 personnes irradiées par une fuite de Cobalt 60 à la fonderie d’acier Feursmétal

Classé dans : Info — deedoff @ 17:56

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Six personnes contaminées par une fuite de Cobalt 60, dans une fonderie de Feurs (Loire), ont été transportées dans l’unité hospitalière de la centrale nucléaire de Saint-Alban (Isère), cette nuit, a-t-on appris auprès des pompiers et de la préfecture de la Loire. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a classé cet incident au niveau 2 de l’échelle INES. Ce matin, des analyses et des mesures de décontamination se poursuivaient sur un périmètre de quelques dizaines de mètres autour de l’atelier de contrôle en cause.”Des premières analyses ont été réalisées au sein de l’unité médicale spécialisée de la centrale nucléaire EDF de Saint-Alban, en raison de sa proximité et ont confirmé la contamination”, précise l’ASN dans un communiqué. “Le niveau de contamination sera précisé par des analyses radio toxicologiques en cours”. Les six victimes de cette contamination sont deux salariés de la fonderie Feursmétal, deux autres du groupe Cegelec et deux employés de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), précisaient les pompiers et la préfecture de la Loire.L’incident s’est produit en fin d’après-midi lors d’une intervention opérée à l’aide d’un robot pour une réparation sur un appareil de contrôle, par gammagraphie de la qualité de soudure de pièces de métal. L’intervention a provoqué une fuite de Cobalt 60, qui est la source radioactive de cet équipement de contrôle, au sein de cet atelier confiné. Selon l’ASN, l’opération visait à débloquer cette source radioactive de cobalt 60 de haute activité coincée dans la gaine d’éjection du gammagraphe depuis le 7 mai. Une première opération s’était déroulée sans succès le 10 mai, “sous la responsabilité de Feursmetal avec le concours des équipes techniques du fabricant de l’appareil Cegelec”, précise l’ASN, qui avait mené une première inspection le 12 mai.Hier, “une seconde opération a été programmée par Feursmetal qui a fait appel à l’IRSN”, ajoute l’ASN. “Elle prévoyait la mise en oeuvre de robots afin de récupérer et de mettre en sécurité la source”. Mais “la tentative de cisaillage robotisé de la gaine d’éjection en amont et en aval de la source a conduit à détériorer celle-ci”. “La source a alors perdu son étanchéité ce qui a conduit à la contamination des six intervenants”. Selon l’IRSN “les dosimètres dont étaient équipés les intervenants ont permis de détecter rapidement une anomalie dans le déroulement des opérations”. “L’existence d’une contamination a été établie vers 17h30″, précise l’IRSN dans un communiqué. Les six personnes présentes ont été “prises en charge en fin de journée par la cellule mobile d’intervention radiologique (CMIR) de la Loire qui a procédé à une décontamination externe de chacune d’entre elles”. “Elles ont ensuite été dirigées vers le service médical de la centrale nucléaire de Saint-Alban qui dispose de l’appareillage spécifique indispensable (anthroporadiamétrie) pour l’évaluation d’une contamination interne chez l’homme”, selon l’IRSN. “Les premiers résultats des mesures anthroporadiamétriques, réalisées en urgence, montrent que la contamination bien que significative ne semble pas être inquiétante pour la santé de ces personnes”, selon l’IRSN, qui précise que “des examens complémentaires seront réalisés dans les prochains jours”.

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Communiqué de presse ASN
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L’ASN a classé au niveau 2 de l’échelle INES la contamination de 6 personnes intervenant dans les locaux de la société Feursmetal (Feurs, Loire). Cette contamination a eu lieu au cours d’une opération de récupération hier, 26 mai, d’une source radioactive de cobalt 60 de haute activité (1,25 TBq) coincée dans la gaine d’éjection d’un gammagraphe.

La source était bloquée depuis le 7 mai. Le gammagraphe est situé dans un bunker au sein d’un atelier de la société Feursmetal.

Une première opération visant à débloquer la source a eu lieu, sans succès, le lundi 10 mai 2010 sous la responsabilité de Feursmetal avec le concours des équipes techniques du fabricant de l’appareil Cegelec.

L’ASN a mené une première inspection le 12 mai 2010 afin de vérifier que les dispositions adéquates en matière de radioprotection avaient été mises en place.

Le 26 mai, une seconde opération a été programmée par Feursmetal et Cegelec qui a fait appel à l’IRSN. Elle prévoyait la mise en œuvre de robots afin de récupérer et de mettre en sécurité la source.
La tentative de cisaillage robotisé de la gaine d’éjection en amont et en aval de la source a conduit à détériorer celle-ci. La source a alors perdu son étanchéité ce qui a conduit à la contamination des six intervenants.

Des premières analyses ont été réalisées au sein de l’unité médicale spécialisée de la centrale nucléaire EDF de Saint-Alban, en raison de sa proximité et ont confirmé la contamination. Le niveau de contamination sera précisé par des analyses radio toxicologiques en cours.

Deux inspecteurs de l’ASN sont présents sur site depuis le 26 mai 2010 au soir.

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Témoignage de BOB
Je reviens de Feurs, une petite ville de 8000 habitants près de Saint Etienne, ou siège Feurs métal une industrie fabriquant des composants en acier.

Au début de l’été, un incident radiologique s’y est produit. Une source scellée de cobalt 60, est resté coincé dans la gaine du gammagraphe lors d’un tir radio. Lors de l’intervention de réparation, la capsule radioactive à été endommagée, libérant 1.25 TBq de contamination béta/gamma (d’énergie 1.77 MEV) dans les locaux de l’usine. Cette source radioactive est utilisée pour inspectée l’homogénéité des matériaux.

La faute à qui donc ? La faute à pas de chance, volontairement, je ne m’étendrais pas sur ce débat…

J’ai été à Feurs parcqu’une filiale de l’entreprise qui m’emploie, y effectue la radioprotection, et aussi parce qu’une voix m’y a appelée, parce que c’est mon job, et parce j’aime ça.

Ce que je voudrai aujourd’hui, c’est rendre hommage aux gars qui sont sur le site et qui sont en charge de décontaminer les pièces, les locaux, l’environnement, afin que l’usine puisse continuer de fonctionner et que les 400 ouvriers qui y sont employés conservent leur emplois.

La tâche est immense, il s’agit tout d’abord d’étancher le bâtiment pollué, pour éviter une dispersion de cette contamination dans l’environnement, dans la ville attenante. Et ensuite il faut décontaminer les 7000 moules présents dans les rayonnages. Certes ils ne sont peut-être pas tous pollué, mais le doute n’est pas permis.

Ces moules sont composés de structures polyuréthane fixées sur des supports en bois. Leur formes et apparence varient en creux, en bosse, rond, carré, ovale…Ils servent à fabriquer des éléments pour l’industrie, essieux de TGV, volute de pompe, engrenage de moteur. Des objets que l’on côtoie dans notre vie de tous les jours.

Le bois est pourtant incontrôlable et par conséquent indécontaminable. Pourtant, armés de rabot, de ciseau, de ponceuse à bois, les décontamineurs des entreprises telles que Salvarem, STMI, Sogedec, Derichebourg… œuvrent inlassablement pour retirer la contamination. Plusieurs heures de plongée en masque respiratoire, suant dans leur tenue tyveck, sous un soleil de plomb, depuis quelques semaines et pour encore autant.

Après l’avoir raclé, poncé, limé, chaque pièce est transférée pour subir un contrôle radiologique. Les matrices doivent être exemptes de toute contamination pour retourner dans les ateliers de moulage, où elles vont servir à fabriquer des pièces de fonderie.

Et puis la sentence tombe, la pièce n’est pas bonne, il faut recommencer. Encore une fois, puis deux et même des fois plus…L’usine les presse, les moules sont attendus, la production doit continuer sous peine de perte d’argent. Alors ils continuent, ils persistent, s’acharnent. Le travail est dure, les cadences folles, l’enjeu important, mais ils sont là. Ils s’évertuent avec minutie, rigueur, professionnalisme.

Nomadisés le temps de la mission, ils ont quitté femmes et enfants, logeant au camping, dans des studios…

Ils ont répondu à l’appel du devoir. Je les ai rencontrés, des « bleus », des anciens, des gars que j’ai formé à l’atelier de décontamination, et aussi des dinosaures. Ils m’ont reconnu, salué et m’on demandé des conseils. Quelle famille !

Ils m’ont remercié lorsque je suis parti, c’était sympa. Mais c’est moi qui les remercie, pour ce qu’ils font là-bas, pour leur motivation, pour ce qu’ils sont et parce qu’ils existent.

Bravo messieurs et respect…

Bob le décontamineur.

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