Une centrale à charbon rejette-t-elle de la radioactivité ?
Le charbon contient de nombreuses impuretés, en quantités variables suivant les gisements. Parmi elles, de l’uranium et du thorium accompagnés de leurs produits de filiation tels que radium, radon, polonium, bismuth et plomb (il convient de noter également la présence de potassium 40). Certains de ces corps sont (naturellement) radioactifs.
Ces corps, et donc la radioactivité correspondante, se retrouvent dans les rejets de la centrale, cendres, gaz et aérosols. De fait, dans les centrales modernes, les aérosols sont piégés dans des filtres avant rejet à l’atmosphère avec une efficacité de l’ordre de 99,5 % et les corps correspondants (notamment métaux lourds) se retrouvent donc dans les cendres. Par contre, les gaz, essentiellement constitués, comme l’on sait, de dioxyde de carbone et d’oxydes de soufre et d’azote, emportent les aérosols résiduels et les corps radioactifs gazeux, tel le radon.
En définitive, ce sont les cendres qui contiennent l’essentiel de la radioactivité rejetée. Les précautions prises pour éviter leur dispersion, notamment sous l’effet du vent, limitent la présence dans l’atmosphère à la fois des métaux lourds toxiques et des radio-nucléides présents dans les terrils où elles sont stockées.
Le charbon est très peu utilisé en France pour la production d’électricité et nous ne disposons pas de statistique sur ce point. Par contre des chiffres américains montrent que l’exposition de la population du fait de l’exploitation de certaines centrales à charbon est très supérieure à celle d’une centrale nucléaire de même capacité.
N.B. Ceci ne signifie nullement qu’il faille arrêter les centrales à charbon sous prétexte de leurs rejets radioactifs. Tout au plus peut-on recommander que ces rejets soient contrôlés par des mesures appropriées. Cela ne constitue pas non plus une justification a priori de l’innocuité des rejets des centrales nucléaires ; celle-ci a fait l’objet par ailleurs des études et des démonstrations nécessaires. Cela montre simplement qu’une centrale nucléaire n’introduit pas dans notre environnement une quantité de radioactivité « anormale » par rapport à ce qui se passerait avec la centrale à charbon équivalente.
