Nucléaire Radioprotection et Internet

19 août, 2010

A quoi bon refouler les risques ?

Classé dans : Info — deedoff @ 19:58

sarov1.jpg

Les centrales nucléaires sont particulièrement exposées en cas de catastrophe naturelle. Mais cette vérité est largement occultée, déplore un journaliste du quotidien allemand proche des Verts.

Les événements des dernières semaines en Russie ont tout du scénario catastrophe : déchaînement des forces de la nature devenu incontrôlable, mystère des risques nucléaires hérités du passé, et cela dans un pays réputé pour son manque de transparence et son goût pour la dissimulation. On en sait aujourd’hui aussi peu sur ce que contiennent les sols aux environs de l’usine de retraitement de déchets radioactifs de Maïak que sur l’étendue réelle des incendies autour de la zone contaminée de Tchernobyl.

L’histoire nous enseigne que, dans l’incertitude, les problèmes sont toujours plus graves que les autorités russes ne veulent bien l’admettre. Cependant, d’après les données dont nous disposons aujourd’hui, il n’y a aucune raison de céder à la panique – tout du moins, pas en Allemagne. En revanche, les personnes vivant aux abords des incendies affrontent des risques, mais il est encore trop tôt pour évaluer l’ampleur de la contamination radioactive.

En tout cas, ce qui ne fait aucun doute, ce sont les conclusions à tirer de ces événements : les centrales nucléaires (ou ce qu’il en reste) sont particulièrement exposées en cas de catastrophe naturelle. Dans la pratique toutefois, cette vérité est largement occultée. Le danger n’en est pas moins réel, et la Russie n’est pas le seul exemple. En Suède, on a frôlé la catastrophe en 2006 après le court-circuit électrique provoqué par la foudre dans un des réacteurs de la centrale de Forsmark. Par ailleurs, selon certains experts, la centrale nucléaire allemande de Biblis ne disposerait pas de dispositifs antisismiques suffisants dans une région sujette aux tremblements de terre. Enfin, tous les réacteurs ne sont pas équipés pour résister aux inondations comme celles frappant aujourd’hui le Pakistan. Certains pays prévoient même de construire de nouvelles centrales nucléaires dans des zones à risques avérées ; c’est par exemple le cas à Béléné, en Bulgarie, ou à Angra, au Brésil, deux villes situées dans des régions particulièrement exposées aux tremblements de terre.

On tente toujours de minimiser ces risques à grand renfort de poncifs : tout drame serait « exclu », « improbable », la situation serait, « quoi qu’il arrive, toujours sous contrôle ». II y a pourtant peu, personne n’aurait cru que des incendies de forêt comme ceux de Russie aujourd’hui pourraient être à l’origine de la formation de nuages radioactifs. On voit maintenant jusqu’où peut nous mener cette politique de l’autruche. Toute centrale nucléaire représente un risque incalculable. Cette affirmation est d’autant plus vraie en ce moment avec la multiplication de phénomènes climatiques extrêmes. On ne peut aujourd’hui que déplorer l’absence de répercussions au plan politique.

Source

Pas de commentaire »

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

CAHS-AVALANCHES |
O_liv™ |
Le blog de l'inkorrect(e) |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | 1referencement
| cancambou97218
| sajestema